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Harmonie sociale, intérêts d’affaires et contre-pouvoirs

Le pouvoir chinois tient fermement la ligne qu’il s’était tracée lors du 4e Plénum du 16e congrès, à l’automne 2004 : Construire une société harmonieuse. Confirmé lors la 10e assemblée nationale populaire en mars 2005, le virage de la Chine pour tenter de supprimer les effets pervers d’une modernisation rapide, qui donne souvent l’image d’un capitalisme sauvage, se précise, sous l’égide de Hu Jintao et de Wen Jiabao.
La nécéssité de plus de justice sociale a en effet été placée au centre des débats du 6e Plénum, recoupant les campagnes de moralisation de la société et de l’administration. La fermeté de la ligne répétée depuis plus de deux années suggère la gravité des tensions qui agitent la société chinoise et l’urgence d’y porter remède. C’est ce que suggère le professeur Jin Tiankui de l’Académie des Sciences Sociales dans un interview au Quotidien du Peuple : « le mécontentement s’aggrave dans la société et la confiance s’effondre, menaçant les relations entre le gouvernement et le peuple ».
Mais la quête pour plus de justice sociale prend parfois un aspect inattendu, y compris hors de Chine : une nouvelle loi du travail plus sociale et donnant plus de pouvoirs aux syndicats, en cours d’élaboration par le gouvernement chinois et mise en ligne pour discussion (plusieurs dizaines de milliers de réponses), soulève une controverse aux Etats-Unis. Celle-ci se développe entre, d’une part les défenseurs d’un droit du travail équitable, protégeant les ouvriers, et d’autre part les partisans de « tout business ». Ces derniers qui craignent de perdre les avantages de leur délocalisation en Chine, s’inquiètent de l’augmentation des salaires et des possibles restrictions aux licenciements, résultats de pressions syndicales plus efficaces.
Certaines compagnies étrangères notamment américaines, qui engrangent de gros bénéfices à l’export grâce aux faibles salaires, réagissant après la controverse qui avait forcé les magasins Wall-Mart à accepter les syndicats dans ses magasins, ont laissé entendre qu’elles réduiraient leur présence en Chine.
Il est probable que la Chine ne cèdera pas à ces pressions pour l’instant peu crédibles et qu’elle ira de l’avant. L’amélioration du droit du travail et l’augmentation du pouvoir des syndicats sont deux sujets que le ministère du travail étudie depuis quelque temps déjà avec l’aide du Bureau International du Travail. Ces initiative visent bien sûr à limiter les abus des patrons qui pourraient engendrer de graves désordres sociaux. Elles permettront aussi au pouvoir de rester en prise avec le monde des grandes entreprises privées, grâce aux syndicats qu’il gardera sous son contrôle. Eventuellement, elles seront un important levier de pression contre ceux des grands patrons d’industrie chinois qui chercheraient à tirer partie de leur puissance industrielle et financière pour s’ériger en contrepouvoir.


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