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›› Editorial

Hillary Clinton, ovationnée à Pékin, a surtout délivré un message à toute l’Asie Pacifique

Par ailleurs, en parlant de la tyrannie en RPDC et en soulignant que la diplomatie, si elle était toujours de mise dans la gestion du dossier nord-coréen, devrait faire ses preuves au cours d’une période test, Hillary Clinton a également eu vis-à-vis du régime de Kim Jong-il un discours dur qui met fin aux espoirs, notamment chinois, d’une grande flexibilité de la nouvelle administration américaine.

A Jakarta, Madame Clinton a certes apporté le salut fraternel de Barack Obama qui a passé une partie de sa jeunesse en Indonésie mais elle a surtout voulu signifier que, après une présidence Bush qui a vu se distendre les liens entre l’Asie du Sud-Est et les Etats-Unis, l’Amérique est de retour dans cette zone que Pékin s’emploie fort habilement à « coloniser » à la manière d’un VRP depuis une dizaine d’années.
Ainsi donc, une analyse globale de cette tournée asiatique montre assez clairement que plutôt que de se contenter de rassurer la Chine, Hillary Clinton est venue affirmer l’intérêt stratégique de l’Administration américaine pour l’Asie-Pacifique dans son ensemble et pas seulement l’empire du milieu. Dans ce cadre, si la politique d’Obama en Asie du Nord-Est ne semble pas devoir connaître de grands changements par rapport à la ligne Bush, un retour en force, et en grâce, des Etats-Unis en Asie du Sud-Est, où Hillary Clinton devrait se rendre à nouveau avant la fin de l’année (Thaïlande) est en revanche susceptible d’inquiéter la Chine.

S’agissant des droits de l’homme enfin, dossier préoccupant pour la Chine dans sa relation avec une Administration démocrate connue pour sa sensibilité sur le sujet, le soulagement des autorités pékinoise aura été de courte durée. Le discours d’Hillary Clinton avait été assez « soft » sur ce point. Pourtant, les observateurs qui avaient vu dans la participation de la Secrétaire d’Etat à un service religieux en plein Pékin un signe de reconnaissance des progrès réalisés par la RPC dans le domaine des droits religieux, ont vite déchanté. Dès le lendemain du retour de la Secrétaire d’Etat à Washington, les Etats-Unis publiaient un rapport annuel particulièrement accablant sur les droits de l’homme en Chine (notamment sur la situation au Tibet et au Xinjiang).

On sait, notamment depuis la rencontre entre le Dalai Lama et Nicolas Sarkozy, que Pékin ne saurait faire de concessions sur les questions de souveraineté (or, tout commentaire négatif sur la politique chinoise au Tibet est ressenti à Pékin comme une atteinte à la souveraineté de la RPC). Après les mesures prises à l’encontre de la France et de l’UE, on est donc logiquement en droit d’attendre des sanctions chinoises à l’égard des Etats-Unis ! A moins que, prise entre ses contradictions et ses contraintes, la Chine « laisse filer » et, partant, fasse « deux poids, deux mesures », pratique qu’elle reproche régulièrement à l’Occident. Certains y verront du cynisme, d’autres du pragmatisme.


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