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›› Editorial

Investiture de Ma Ying Jeou. L’histoire revisitée par le KMT

Le 20 mai dernier Ma Ying Jeou a prêté serment et est devenu le 3e Président de la République de Chine élu au suffrage universel direct après Lee Deng Hui et Chen Shui Bian. Plus de la moitié de son discours d’investiture concernait directement ou indirectement les relations avec la Chine ainsi que le statut et la personnalité politique de l’Ile. Le reste a été consacré à l’amélioration des relations avec les Etats-Unis, aux questions de défense, à la nécessaire amélioration éthique des comportements politiques et aux perspectives de développement économique de Taiwan et de ses entreprises en Asie et dans le monde globalisé.

Tout en adoptant un ton apaisant et consensuel, rappelant sa promesse d’améliorer les relations avec la Chine, dans le double cadre du consensus de 1992 « une seule Chine, selon deux interprétations différentes » et du principe des « Trois Non » : « Non à l’indépendance, Non à la réunification, Non à la guerre », Ma a mis l’accent sur ce qui fait l’originalité politique de l’Ile : l’existence d’un système démocratique sans contrainte, dont il a fait le fil conducteur remarqué de son discours.

S’il est vrai que les pratiques politiques de l’Ile devaient encore s’améliorer, notamment en veillant à la séparation des pouvoirs et à la probité de la classe politique, il n’en restait pas moins que Taiwan était la seule société chinoise au monde a avoir, par deux fois, connu une alternance démocratique. Taiwan, qui portait l’héritage de la République de Chine, née sur la Grande Terre en 1911, avait ainsi réalisé l’idéal démocratique de Sun Yat Sen, mis en œuvre et approfondi dans l’Ile depuis près de 60 ans.

Cette partie du discours mérite attention : « la République de Chine est née une deuxième fois à Taiwan. Durant ma présidence nous célébrerons le 100e anniversaire de sa création. Cette République démocratique, la première en Asie, a vécu 38 courtes années sur la Grande Terre, mais près de 60 ans à Taiwan (....).Le rêve du Docteur Sun Yat Sen d’une démocratie constitutionnelle n’a pas pris corps en Chine, mais il a pris racine, s’est épanoui et a donné des fruits sur l’Ile ».

Ma Ying Jeou établit ainsi une filiation démocratique directe entre Sun Yat Sen et son parti aujourd’hui au pouvoir dans l’Ile, en passant par l’épisode de la République de Chine établie à Nankin en 1927. On voit bien que le but de ce rappel historique très édulcoré vise à rétablir la légitimité de la République de Chine et de Taiwan dans l’histoire de la Chine au même niveau que celle du parti Communiste Chinois, vainqueur de la guerre civile en 1949. Mais du même coup il établit un clivage avec les fidèles du parti indépendantiste (DPP) de Chen Shui Bian (entre 35 et 39% des électeurs) qui se reconnaissent de moins en moins dans cette histoire commune.


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