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›› Editorial

L’ambiguité du concept de démocratie

Plusieurs articles et déclarations émanant de Pékin -en particulier un discours important de HU jintao le 30 juin- ont récemment relancé les malentendus habituels en occident sur le mot “démocratie” toujours utilisé en Chine dans un sens marxiste bien qu’original. Une partie de la presse parisienne est allée jusqu’à insinuer que les dirigeants chinois seraient peut-être moins hostiles qu’auparavant à une “démocratie de type occidental”, ce qui est erroné.

Le 1er juillet dernier était le 85e anniversaire de la fondation, en 1921, du parti communiste chinois. Mais cette date marquait aussi le début de la grande campagne de réélections des comités locaux du parti, du canton à la province, préparant le 17e Congrès du parti prévu à l’automne de 2007, dont la réussite confirmerait le pouvoir de la direction actuelle.

Conscient de l’existence de courants minoritaires enracinés dans les comités locaux du parti, HU Jintao encourage le renouvellement de ceux-ci sur les thèmes du “caractère d’avant-garde” du parti unique, de la lutte contre la corruption (jusqu’au niveau des adjoints dans les provinces et les départements ministériels) et de la “démocratie” à l’intérieur du parti communiste. Le but est d’ébranler certains potentats locaux, d’améliorer la gouvernance du parti unique et son image, souvent très dégradée, dans la population.

La direction centrale du parti semble n’être jamais sûre que ses directives soient vraiment appliquées partout au-dessous de l’échelon province. Mais elle préconise, par exemple, l’introduction d’un nouveau système de notation des cadres tenant compte de sondages dans la population, d’explications en public et d’un bilan complet avant l’élection-nomination.

La campagne 2006-2007 de renouvellement des comités du parti doit “garantir le droit” des simples membres du PCC à être informés, à participer, à choisir et à superviser. Ce souhait n’est pas nouveau. Les sondage d’opinion, à l’extérieur du parti, sont recommandés, ainsi qu’une certaine transparence des mécanismes internes du parti. Inversement, les comités permanents, détenteurs réels du pouvoir à chaque échelon, pourraient être élargis au-dessus de onze membres, un chiffre traditionnel qui a souvent favorisé, sous prétexte de “centralisme démocratique”, les abus d’un petit groupe de six.

Bref, il y a dans tout cela du bon et du moins bon, mais il s’agit d’une affaire interne au parti unique. Le Centre veut consolider la position et le pouvoir sans égal du PCC sous la direction HU-WEN qui reste fermement opposée à la “démocratie de type occidental”. On est dans la ligne d’un régime de parti unique cherchant à conforter son monopole du pouvoir, un concept clairement explicité dans le Livre Blanc sur la démocratie en Chine d’octobre 2005. La seule surprise, une fois de plus, est qu’une partie de la presse occidentale se soit laissée abuser par l’ambiguité du concept de démocratie, dont la Chine use et abuse.


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