›› Editorial
Les réactions chinoises, présentes et à venir.
La Chine a d’abord réagi verbalement à cette situation nouvelle que les stratèges chinois avaient anticipée. Xinhua a accusé Washington de « vouloir imposer son leadership en Asie, de se mêler des intérêts d’autrui, de créer des tensions, et de perpétuer une mentalité de guerre froide », à quoi Wen Jiabao ajoutait que « les puissances extérieures à la région ne devraient interférer sous aucun prétexte ».
Plus concrètement, Pékin doit rassurer les pays de l’ASEAN sur ses intentions – c’est ce qu’a commencé à faire Wen Jiabao qui répète que les différends territoriaux en Mer de Chine seront réglés selon le Code de conduite de 2002, dont les termes n’étaient cependant pas juridiquement contraignants. Pour affirmer son influence dans la zone, la Chine dispose également de l’arme commerciale que représentent les accords de libre échange conclus avec tous les pays de l’ASEAN.
Il s’agit là d’un contrepoids de taille au projet bien moins avancé du TPP, et que Pékin a promis de compléter par une augmentation de ses investissements dans la région. Enfin, il est probable que la Chine continuera d’user de pressions directes sur certains pays. Déjà, dans la presse chinoise, les Philippines sont désignées comme un bouc émissaire, première cible d’une stratégie classique de menaces et de division.
Il n’est pas certain que cette dérive de surenchères soit bénéfique à la Chine, dans la mesure où, précisément, elle ouvre de larges perspectives au rôle de contrepoids de sécurité que la Maison Blanche s’attribue et que la plupart des pays accueillent avec soulagement. Le récent assassinat d’un garde-côte sud-coréen par un capitaine de pêche chinois en Mer Jaune, qui vient après le comportement agressif d’un chalutier chinois contre un patrouilleur japonais en Mer de l’Est à l’automne 2010, ne sont pas de nature à apaiser les craintes que l’empreinte chinoise soulève dans toute la région, qui observe aussi avec appréhension les essais du premier porte-avions de l’APL.

