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›› Editorial

L’année du Buffle. L’année des défis

Dans les hautes instances du régime chacun espère que la placidité du Buffle, réputé patient, obstiné et travailleur, qui, le 26 janvier a succédé au Rat, signe de l’agitation et des tourments, apportera en Chine le répit et l’embellie nécessaires à la stabilité politique et au renforcement de la légitimité du Parti.

Rien n’est moins sûr. L’économie va mal, tandis qu’à l’intérieur, des flottements sont perceptibles sur l’opportunité d’une ouverture politique.

Le 18 janvier dernier, en énonçant, dans un article publié dans la revue Qiushi (quête de la vérité) qu’il convenait de « renforcer les défenses du parti » contre « les fausses idées de la démocratie à l’occidentale », Jia Qinglin, membre du Comité Permanent du Bureau Politique, n°5 du régime, répondait d’une manière directe et sans équivoque aux appels à la démocratie qui fleurissent actuellement en Chine, y compris au sein du pouvoir. Cette mise au point faisait suite à la mise sous surveillance policière des signataires de la Charte 08.

L’appel des 300 intellectuels, professeurs de droit, paysans, hommes d’affaires, et même membres du gouvernement, baptisé Charte 08, publiée le 10 décembre 2008, jour anniversaire de la déclaration des droits de l’homme, est l’une des manifestations récentes les plus médiatisées en Occident de la remise en cause du régime par des ressortissants chinois.

Le texte, fortement influencé par les idées occidentales, présentait 19 propositions, allant de la rédaction d’une nouvelle constitution à la très sensible et improbable mise sur pied d’un Etat fédéral respectant les droits des minorités, en passant par le contrôle indépendant des agents de l’Etat, la garantie du droit des individus, la généralisation d’élections libres et la correction du déséquilibre villes - campagnes.

Pour autant l’heure n’est pas à l’ouverture politique. L’actuelle direction chinoise a certes pris en compte les risques possibles générés par le déséquilibre villes - campagnes, lançant, en octobre dernier, un vaste plan de réforme agraire destiné à rehausser le niveau des ruraux et à moderniser l’agriculture. Mais force est de reconnaître que les implications démocratiques de la réforme, dont le succès n’est par ailleurs pas garanti, restent minces. La priorité des priorités reste à la relance de l’économie, dont le développement constitue, depuis plus de dix ans, l’un des principaux ingrédients de la légitimité du pouvoir.

Dans ce contexte, la nouvelle de la contraction brutale de la croissance à moins de 7% au quatrième trimestre 2008 a été ressentie comme un traumatisme, au point que certains des observateurs les plus avisés n’hésitent pas à affirmer, en sous main, que l’économie chinoise est entrée en récession. La nouvelle a éclaté sur fond de morosité générale, suite à la contraction des profits de la plupart des grands groupes chinois, déjà sensible au premier trimestre 2008. Pour 2009, les prévisions de la Banque Mondiale situent la croissance de la Chine autour de 7,5%, la plus faible en 20 ans.


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