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›› Editorial

L’Asie Orientale sous tension

Lundi 9 octobre en milieu de matinée, Pyong Yang avertissait officiellement Pékin que l’essai atomique annoncé depuis six jours était imminent. Les Chinois transmettaient sans tarder l’alerte urgente à l’ambassade des Etats-Unis. Les Sud-Coréens confirmaient une explosion souterraine de 0,55 KT dans la province de Hamgyong, à l’extrême nord de la Corée. Toute l’Asie Orientale était sous tension.

Les gouvernements américain, japonais et sud-coréen se concertaient. Les Affaires étrangères chinoises condamnaient : “La RPDK, ignorant l’opposition universelle de la communauté internationale, a conduit de façon flagrante l’essai nucléaire du 9 octobre. Le gouvernement chinois y est résolument opposé”. A Pékin, l’amertume est grande. La “non-nucléarisation” de la péninsule coréenne était une priorité. La stratégie et la diplomatie chinoises viennent de connaître un échec cinglant. Pire : il n’est pas sûr que Pékin puisse en changer.

Le 8 et le 9 octobre, la visite du nouveau premier ministre japonais à Pékin semble en revanche donner de grands espoirs, sans que l’on sache ce qui s’est dit entre Shinzo Abe et les hauts dirigeants chinois, HU Jintao et WEN Jiabao en particulier. L’opposition commune au projet nord-coréen leur a offert une entrée en matière facile, mais M. Abe avait à peine quitté Pékin pour sa visite à Seoul que l’essai avait eu lieu. Cependant, tous les sujets de friction sino-japonais ont, semble-t-il, été abordés -Yasukuni, manuels d’histoire, mer de Chine Orientale, Taiwan, concurrence pour le pétrole et les matières premières, CS de l’ONU, etc.- et le n°1 chinois a donné des signes de grande satisfaction.

Un rapprochement sino-japonais est donc peut-être en perspective, bien que les ombres de Yasukuni restent comme une épée de Damocles. Les relations entre la RoK et le Japon pourraient également s’améliorer. Mais l’entrée de la Corée du nord dans le club nucléaire et le niveau des réactions, américaines, japonaises et chinoises, peuvent modifier l’équilibre stratégique régional. La conférence à Six de Pékin est dans les choux. Une croissance des budgets de défense, voire une course aux armements, sont dans l’air. Téhéran est très intéressé d’apprendre quel est le prix à payer pour entrer à son tour.


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Par NX Le 16/10/2006 à 07h30

> L’Asie Orientale sous tension.

Face à un pays voyou, c’est peut-être aussi une grande chance de rapprochement dans la relation sino-japonaise. Selon certain analystes, le sommet sino-japonais a eu lieu plus tôt que prévu, c’est juste à cause de la tension de la Corée du Nord.

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