Your browser does not support JavaScript!

Repérer l'essentiel de l'information • Chercher le sens de l'événement • Comprendre l'évolution de la Chine

›› Chine - monde

L’Europe peut-elle jouer un rôle dans la solution de la crise tibétaine ?

Quant aux ONG qui font pression, elles ont tort de le faire de manière désordonnée, chacune d’entre elles cherchant à se pousser du col sur le dos de la Chine. Le plus grave est que ce sont les opinions publiques mal informées, et elles aussi manipulées par nombre d’activistes en mal de reconnaissance qui semblent fonder la parole des Etats. La pression est nécessaire, mais il serait préférable et plus efficace qu’elle s’exprime clairement par le biais des grands Etats européens et de manière mesurée, sans mélanger les genres.

Au fond il s’agit, par des messages coordonnés, clairs et débarrassés des brouillages du prêt à penser médiatique, d’inciter la Chine à être fidèle à sa propre promesse de respecter la culture tibétaine, ce qu’à l’évidence elle ne fait pas. Nous Européens savons ce que coûtent le nationalisme exacerbé que Pékin attise à ses risques et périls et les radicalismes péremptoires qui, refusant de céder un pouce de terrain idéologique, gênent l’action des plus mesurés des Tibétains. Forts de notre histoire tourmentée et pavée de drames immenses, plaçons nous donc entre ces deux montagnes d’incompréhension. Ainsi pourrions nous, en soutenant le Dalai Lama et en nous mettant à l’écoute des messages discrets et plus mesurés qui, à Pékin, percent au-delà des invectives, tenter de restaurer le dialogue interrompu en 2006. Ce serait la manière la plus efficace de dévier les tensions qui ne manqueront pas d’enfler à l’approche des JO.

Il reste à savoir si les pays européens accepteront de faire cause commune en abandonnant leurs illusions affairistes nationales qui sont à la racine de nos divisions, chacun de nos grands pays ayant le sentiment de pouvoir faire cavalier seul en Chine. Ce dont Pékin, dont le machiavélisme politique n’est plus à prouver (mais elle n’est pas la seule), se réjouit puisque les donneurs de leçons avancent en ordre dispersé, porteurs de messages pas toujours très clairs.

Ajoutons que, quand on discute avec Pékin, il est bon de connaître les réalités sombres du Tibet traditionnel, car ses dernières sont précisément celles qui fondent sa politique de développement, qui prétend sortir la province de l’obscurantisme. Enfin rappelons que le Parti au pouvoir est tout sauf serein, dans une période, où il est fortement malmené à l’intérieur comme à l’extérieur. Des pressions inconsidérées et humiliantes sur ce mastodonte historique, démographique et économique auraient à l’évidence de graves conséquences.

Seuls les grands Etats, conscients des enjeux en cours, qui dépassent largement le succès ou l’échec des JO, sont capables de concilier d’une part la générosité et la mesure - conditions d’une solution dépassionnée de la crise - et d’autre part la ferme détermination d’aider les protagonistes à sortir de l’ornière.


• Commenter cet article

Modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

• À lire dans la même rubrique

Meng Wanzhou est rentrée à Shenzhen. Les deux Canadiens prisonniers en Chine ont été libérés

La saga olympique chinoise depuis 1952. Sept décennies d’une marche vers l’élite mondiale

Le G7 et l’OTAN ciblent la Chine qui se crispe. Quelques dessous de cartes

La création d’une monnaie digitale et ses arrière-pensées

Chassé-croisé de navires de guerre dans la zone « Indo-Pacifique »