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L’Europe, un contrepoids dans les relations sino-américaines

Au lendemain de l’élargissement de l’Union Européenne, la tournée du Premier ministre chinois Wen Jiabao est abondement commentée dans le pays, aussi bien par la presse officielle que dans les forums de discussions. Certains parlent déjà d’une possible marginalisation des relations bilatérales sino-américaines, ce qui est sans doute excessif. Mais il est indéniable que le Vieux continent a gagné ces dernières années une importance croissante dans la diplomatie chinoise. Les rencontres de haut niveau se sont multipliés ces derniers temps. Pascal Lamy, Javier Solana et Romano Prodi ont successivement pris la route de Pékin en moins d’un an. Si les échanges commerciaux restent le moteur des relations sino-européennes, la formation d’un partenariat stratégique sur la scène internationale semble aussi le souhait des deux parties.

Sur le plan économique, l’Europe des 25 représente le troisième partenaire commercial de la Chine. Le marché de 450 millions d’habitants, disposant globalement d’un pouvoir d’achat satisfaisant, est attractif pour le débouché des produits chinois. En contre-partie, l’Europe peut devenir un grand fournisseur de technologies et de capitaux dont les Chinois ont besoin pour le développement de leurs activités productives. Ces créneaux sont pour une grande partie occupés par les Etats-Unis et le Japon. La diversification des fournisseurs joue évidemment en faveur de la Chine.

Au croisement de l’économie et de la politique internationale, le commerce d’armements se situe également au centre des relations entre l’UE et la Chine. En octobre 2003, la Chine a officiellement appelé l’UE à lever l’embargo à son encontre et il est apparemment bien entendu par les pays producteurs d’armements comme la France ou l’Allemagne. Instauré en 1989, au lendemain de l’événement de Tian’anmen, l’embargo européen et américain en matière d’armement a propulsé la Russie en position de quasi monopole. S’il est encore maintenu, c’est essentiellement à cause des pressions américaines. Un changement de politique européenne en la matière n’est cependant pas à exclure à moyen terme, sous la double action des lobby de l’industrie militaire et des politiques qui recherchent une plus grande indépendance européenne en matière de défense.

Les coopérations entre la Chine et l’Europe sur un certain nombre de sujets de politique internationale, comme ceux du Moyen orient sont considérés à Pékin comme les prémisses d’un partenariat ou d’une quasi alliance durable. Certains analystes chinois soulignent l’importance des relations sino-européennes comme contrepoids aux relations sino-américaines. Selon leur point de vue, la divergence stratégique entre Pékin et Washington est inévitable à moyen terme, notamment en Asie Pacifique. En tant que puissance régionale, la Chine défiera tôt ou tard la suprématie américaine dans cette partie du monde. Or, l’autre extrême de la plaque tectonique eurasiatique, l’UE occupe une position similaire vis-à-vis des Etats-Unis. Une convergence stratégique entre la Chine et l’UE freinera les ambitions unipolaires de Washington. Bien entendu, ce concept suppose un relâchement organique des liens transatlantiques. A l’heure actuelle, ce n’est qu’une pure hypothèse.


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