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La Chine réagit à la déclaration d’indépendance du Kosovo

Comme on pouvait le prévoir la Chine a réagi très négativement à la déclaration d’indépendance du Kosovo. Pour Pékin, « la décision unilatérale de Pristina pourrait avoir une influence néfaste sur la stabilité des Balkans et gêner la mise en place d’une société multi ethnique au Kosovo ». La position chinoise reste accrochée au principe de non ingérence dans les affaires intérieures des Etats et à celui du rôle des Nations Unies comme arbitre impartial des conflits internationaux. Les Chinois estiment que non seulement l’ONU n’a pas rempli cette fonction, mais qu’en restant inerte, elle a favorisé l’indépendance qui force la main à Belgrade, affaiblissant par la même son autorité. Au lieu de céder aux passions locales, mieux aurait valu que la Serbie et le Kosovo trouvent, par la négociation, un arrangement à l’amiable. C’était le rôle des Nations Unies de promouvoir un compromis.

Washington a reconnu le nouvel état dès le 18 février ; les Européens sont divisés ; Moscou, fidèle soutien de Belgrade, est sur la même position que la Chine et a demandé la réunion d’urgence du Conseil de sécurité, exigeant l’annulation de la déclaration d’indépendance et des sanctions contre les responsables. Aux oreilles des Chinois, cette « déclaration unilatérale d’indépendance » résonne comme une menace qui renvoie à la question très sensible de Taiwan. Quand on est membre du Parti Communiste Chinois, viscéralement attaché à l’unité de la Chine, on ne peut pas entendre la déclaration du Président du parlement kossovar sans un frisson d’inquiétude : « A partir de maintenant, le Kosovo a changé de position politique, nous sommes désormais un Etat indépendant, libre et souverain ». Même si la situation du Kosovo est radicalement différente de celle de Taiwan, à Pékin la peur irrationnelle de la contagion, alimentée par les positions tranchées et provocatrices du Chen Shui-Bian, continue de hanter les esprits, également préoccupés des conséquences sur le Tibet et le Xinjiang.

Au-delà de l’amalgame avec les territoires sensibles qui induisent les nervosités chinoises, on peut se demander si l’analyse de Pékin qui prédit des troubles dans les Balkans n’est pas justifiée, dans un contexte où Belgrade et les 10% de Serbes vivant au Kosovo rejettent fermement la décision de Pristina. Mais il y a plus : dans un livre publié en 2003, « Sauver le Monde ou dominer la planète », Noam Chomsky, linguiste éminent, philosophe et analyste politique de réputation mondiale, opposant radical à Georges Bush, condamnant sans réserve la politique de l’Occident appuyée par l’OTAN en ex-Yougoslavie, écrivait : « la moitié des Kossovars vivent dans la pauvreté, les Islamistes radicaux ont mit à profit les rancoeurs anti-serbes suscitées par le comportement désinvolte de la communauté internationale, pris le monople de la distribution de nourriture, de vêtements, de logements, ainsi que des outils de la survie culturelle des populations rurales, ce qui a donné naissance à un phénomène Taliban. La position occidentale d’après-guerre risque de se relever directement responsable de la production par l’Europe de ses propres Talibans ».

S’il était entériné par l’ONU, Le processus d’indépendance devrait être accompagné par l’UE, tandis que les autorités kossovar ont affirmé être en mesure de garantir la sécurité des Serbes vivant dans le nouvel Etat. La communauté internationale, qui reste à la fois divisée et perplexe, n’a plus qu’à espérer que les positions de Noam Chomsky et de la Chine sont éxagérement alarmistes, motivées pour le premier par son opposition inconditionnelle à l’administration Bush et pour Pékin par la peur d’une contagion indépendantiste en Chine.


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