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La mort de Kim Jong Il. Inquiétudes, non dits et arrière pensées

Note sur les investissements chinois en Corée du Nord.

Bien qu’il soit encore difficile d’en mesurer l’ampleur exacte, il ne fait pas de doute que la Chine a, depuis 2009, alourdi son empreinte économique en Corée du Nord. Le cœur de l’action chinoise est concentré autour de la frontière du Yalu entre Dandong et l’embouchure – avec le développement de 2 îles dans l’embouchure du fleuve - et dans la région de Rajin-Sonbong (Rason) sur la cote nord-est de la péninsule. Dans ces deux régions, Pékin a obtenu une concession de développement d’une durée de 50 ans.

Le dispositif est complété par une voie rapide reliant le port de Rason à Hunchun dans la préfecture chinoise de Yanbian à forte minorité ethnique coréenne et par un nouveau pont sur le Yalu à hauteur de Dandong, financé par la Chine. Le tout s’inscrit dans un vaste projet chinois de développement des provinces du Nord-est que Pékin espère connecter directement à la mer du Japon, à l’archipel nippon et à la Corée du sud. Selon les médias sud-coréens l’état chinois a investi 2 Mds de $ pour la construction d’une raffinerie et d’une centrale thermique à Rason. Il s’agit du plus gros investissement jamais réalisé en Corée du nord.

A quoi il faut ajouter la présence depuis 2006 de Sinosteel et Shougang, les deux géants de l’acier chinois, qui importent chaque année pour 2 millions de $ de minerai de fer, ce qui, au prix du moyen du marché, représente 14 000 tonnes, soit une infime partie des importations globales de la Chine, évaluées en moyenne à 600 millions de tonnes par an, qui correspondent à plus de 50% du minerai de fer commercialisé dans le monde.

La détresse maquillée.

Dans un récent article du Los Angeles Times, Barbara Demick, ancienne correspondante du journal à Séoul, aujourd’hui en poste à Pékin, rapporte les paroles de Chu Sung-Ha, réfugié nord-coréen devenu journaliste en Corée du Sud : « à la mort de Kim Il Song, j’étais étudiant. On nous a réunis dans un grand auditorium pour la nouvelle. Je courbais la tête. Personne ne pouvait voir que je ne pleurais pas. Les caméras nous observaient (…)

Cette fois, il y aura encore plus de larmes de crocodiles, car Kim Jong Il n’était pas autant aimé que son père. Au cours de son règne la Corée du Nord a en effet traversé de dures épreuves. Voilà longtemps que Kim Jong Il n’est plus dans le cœur des Coréens. (…)

Mais, comme en 1994, la douleur affichée est une obligation patriotique. Elle durera dix jours. Un rituel de courbettes et de dépôts de fleurs en face des portraits du « Cher dirigeant » accrochés dans les jardins publics et les grandes salles de réunion (…). Le deuil est aussi un concours de la plus grande détresse et des pleurs les plus sonores. Les caméras espionnent la foule et les enfants badigeonnent leurs joues de salive pour imiter les larmes ».

L’élite, également emprisonnée dans cette atmosphère de maquillages, n’est peut-être pas dupe. Le réalisateur sud coréen Shin Sang Ok, qui avait été kidnappé et retenu huit années prisonnier par Kim Jong Il qui espérait s’imprégner de son talent, se souvient de sa réaction irritée lors de la prestation d’une chorale qui interprétait « longue vie au Cher Dirigeant » : « Tout cela est faux. Que des mensonges !! ».

Quelques réalités nord-coréennes.

Peuplée de 24,4 millions d’habitants, la Corée du Nord, est selon l’index 2011 de « Transparency International », qui mesure la corruption de par le monde, le pays le plus corrompu de la planète. Il est aussi 3e après la Chine et l’Iran pour le nombre d’exécutions capitales.

Selon les données de « Military Balance », édité par l’IISS de Londres, l’armée nord-coréenne compte 1,2 millions d’hommes à quoi s’ajoutent 190 000 paramilitaires et 600 000 réservistes. Le pays possèderait deux têtes nucléaires. Depuis 1990, la proportion de la population souffrant de malnutrition aurait augmenté de 32%.


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