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›› Politique intérieure

Le dialogue public sur l’évolution de la peine de mort

Des associations défendant les droits de l’homme, des Etats occidentaux et des hôtes officiels du gouvernement chinois avaient demandé ces derniers mois à Pékin de renoncer à la peine de mort, ou au moins de ne plus procéder à des exécutions jusqu’aux Jeux Olympiques en août. La réponse est venu le 3 janvier, notamment par la voie du Quotidien du Peuple et du China Daily : c’est non. Le non est enrobé dans un discours plus diplomatique que dans le passé, mais cela ne change pas le principe.

Selon le juge principal XIAO Yang de la Cour populaire suprême (qui a la responsabilité de confirmer ou non toute condamnation à la peine capitale), « nous ne pouvons pas parler d’abolir ou de contrôler la peine de mort dans l’abstrait, sans considérer les réalités du terrain et les conditions de sécurité de la société ». Et encore : « il est irréaliste, pour la Chine, à court terme, d’abolir la peine capitale -même pour des criminels non-violents- à cause de la forte croyance des gens au concept « œil pour œil, vie pour vie » ».

Ceci dit, la même autorité -et probablement une bonne part de la direction centrale de l’Etat-parti -semblent maintenant gênés d’avoir à défendre cette position dure. XIAO en effet affirme aussi que l’abolition de la peine capitale, ou la stricte limitation de la condamnation à mort, sont une tendance mondiale « et la Chine travaille aussi dans ce sens ». Mais ce but ne peut pas être atteint en un jour. Selon ce responsable également, la peine capitale ne doit être appliquée « qu’à un nombre extrêmement réduit » de coupables sérieux et « chaque condamnation à mort doit être soumise à l’épreuve du temps ».

Il y a enfin en cours la réforme des modalités d’application : finies les exécutions collectives en public, sur un stade, par une balle dans la nuque. On recherche dorénavant la discrétion, en généralisant l’injection léthale. Le vice-président de la Cour populaire suprême JIANG Xingchang affirme que la moitié des 404 Cours populaires intermédiaires (responsables de la plupart des exécutions) utilisent déjà l’injection.

Le chiffre est impressionnant et porte à penser... Le VP JIANG n’a pas hésité à dire que l’injection léthale -qui sera utilisée finalement dans toutes les Cours intermédiaires- « est considérée comme plus humaine ».


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