Your browser does not support JavaScript!

Repérer l'essentiel de l'information • Chercher le sens de l'événement • Comprendre l'évolution de la Chine

›› Editorial

Le paradoxe de la richesse

En bref.

Fond souverain chinois : Après une chute de 2,1% en 2008, le CIC a regagné 11,7% en 2009. Dans son rapport annuel le fond indique que ses avoirs se montent désormais à 332,6 milliards de $. Ces gains ont été réalisés grâce à l’augmentation de ses investissements extérieurs. En 2009, 58 milliards de $ ont été investis dans le secteur des ressources naturelles, soit deux fois plus qu’en 2008. La destination privilégiée a été l’Amérique du Nord, avec 43,9%, dont 1,58 milliards de $ dans la société américaine AES (énergie) et 1,5 milliards de $ dans la compagnie minière canadienne Teck Ressources Ltd.

La part des investissements en Asie Pacifique a été de 28,4%, celle en Europe de 20,5%, et celle en Amérique Latine de 6,30%. Seulement 0,9% ont été investis en Afrique. La part des investissements en valeurs boursières et en obligations est passée de 12% à 62%. Depuis le 21 juillet, le CIC a revendu 558 millions de $ des parts qu’il détenait chez Morgan Stanley. A ce jour la valeur des parts que le CIC a conservées dans la société new-yorkaise se monte à 155,7 millions de $, soit 8,9% des parts du groupe.

5e Plenum : Le 5e Plenum du 17e Congrès aura lieu en octobre et sera centré sur la préparation du 12e Plan quinquennal, dont les priorités seront l’aménagement rural et des zones urbaines de l’intérieur, l’amélioration du niveau de vie et le réajustement de la structure du développement économique.

Un article du Quotidien du Peuple en ligne du 3 août développe ce dernier point, qui se trouve au centre des préoccupations du pouvoir. La tâche que se fixe le Parti est immense. Elle concerne le renforcement de la consommation intérieure, déjà en forte croissance selon le journal ; le développement des nouvelles technologies et la réforme des méthodes de gestion pour moderniser le secteurs des services dans les zones côtières ; le transfert vers l’intérieur des industries exportatrices à forte intensité de main d’œuvre ; la maîtrise de l’urbanisation, dont le rythme est estimé à 46,8%, et l’aménagement des zones urbaines de l’intérieur (une entreprise complexe et de longue haleine) ; la modernisation du secteur de l’énergie et l’amélioration de l’efficacité énergétique (un considérable défi) ; la réforme du système fiscal (en cours avec des résultats encourageants)

Modernisation des campagnes. Nouvelles facilités de financement. Le 27 juillet 2010, la Banque de Chine a annoncé qu’elle allait étendre à tout le pays une expérience lancée en 2008 dans 9 provinces chinoises du Nord-est et du centre autorisant les paysans à utiliser leurs terres et certains de leurs équipements agricoles pour garantir leurs prêts bancaires. Depuis 2008, dans les 88 districts concernés par la réforme le montant des prêts accordés par les banques aux paysans a atteint 350 milliards de $, en augmentation de près de 25%. L’initiative, qui constitue une réforme sans précédent en faveur du monde rural, devrait permettre de dynamiser les campagnes chinoises et de freiner l’exode rural.

Canton. Droits des ouvriers. Le gouvernement de la province de Canton met la touche finale à un projet de nouvelle règlementation sur « La gestion démocratique des entreprises ». Selon la presse chinoise, les nouvelles dispositions imposeraient au syndicat officiel, toujours contrôlé par le parti, d’organiser des négociations avec la direction, si 20% de la main d’œuvre réclamait une augmentation de salaire.
Selon Han Donfeng, Directeur du Journal des travailleurs, « la nouvelle règlementation pourrait avoir une signification historique, à la fois pour protéger les droits des travailleurs, et pour améliorer leurs relations avec la direction des entreprises ». Selon le South China Morning Post, la réforme avait été lancée en 2008, puis enterrée à cause de la crise. Elle a été ressortie des cartons après la vague de grèves et de suicides dans la région de Canton.

Logements sociaux et spéculation immobilière. Depuis le printemps, le Conseil d’Etat a pris des mesures pour contrôler la spéculation immobilière et favoriser la construction de logements sociaux. Les objectifs affichés sont : 1.- faire baisser la part spéculative du marché immobilier de 40% à 10% ; 2.- faire passer le nombre des premiers acquéreurs d’appartements de petite taille de 30% à 45% ; 3.- mettre sur le marché plus d’appartements à prix modérés.

A cet effet les prêts bancaires ont été resserrés et les achats spéculatifs freinés par des mesures de restriction sur les deuxièmes achats et les reventes. De plus, en 2010, 180 00 ha de terres cultivables seront rendues constructibles, dont 40% consacrés à des logements sociaux (en hausse de 130% par rapport à 2009).

Enfin une taxe sur la propriété immobilière est à l’étude pour tenter de freiner les dérives de la multipropriété spéculative. La maîtrise du secteur immobilier qui a de fortes implications politiques et sociales constituera un test pour le Conseil d’Etat et sa politique économique et sociale.


• Commenter cet article

Modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

• À lire dans la même rubrique

Mer de Chine méridionale. Le fait accompli se pare de juridisme

En Afghanistan, Pékin face à la surenchère terroriste

La diplomatie du chantage. Quand le rapport de forces subjugue le droit

« Adoucir l’image internationale de la Chine ». Les intellectuels à la manœuvre

Le défi de la sécurité des Chinois au Pakistan