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›› Editorial

Nouveau pouvoir, vieille sclérose et anciens défis

Le défi de la croissance.

La croissance qui avait ralenti connaît une nouvelle vigueur à la suite de plusieurs mesures de relance interne. Il s’agit de garantir un taux minimum de +7,5%, condition nécessaire au maintien de l’emploi et de la paix sociale. A moyen terme, l’élan pourrait être maintenu. Mais ses leviers restent fragiles et peu nombreux.

Une nouvelle relance par un investissement massif est exclue. Elle risquerait de stimuler les prix immobiliers et l’inflation que le pouvoir s’est appliqué à contrôler depuis 2009, et de déclencher une nouvelle vague de prêts aux provinces dont la dette accumulée se monte déjà à plus de 1500 Mds de $.

Sans compter que l’injection massive de capitaux qui nourrissent les prébendes, aggrave l’écart de revenus, en même temps qu’elle constitue aussi une des principales causes de la corruption endémique du système, que le régime veut précisément combattre. Enfin, le relâchement de la rigueur monétaire déjà en cours à la marge, produirait les mêmes inconvénients, tandis que la relance de l’export restera difficile dans le contexte d’une faible demande aux Etats-Unis et en Europe.

En réalité, les seules cartes dont dispose aujourd’hui le pouvoir chinois restent l’amélioration de la rentabilité du capital, qui suppose de bousculer la collusion entre les grands groupes d’état et les banques, à quoi s’ajoute la hausse de la demande interne, liée au développement de l’Ouest, mais qui, elle aussi, se heurtera au goulot d’étranglement de l’export en berne.

Surtout, le pouvoir place de grands espoirs dans la consommation des ménages, dont l’envol a déjà commencé, mais dont la vigueur dépendra du retour de la confiance dans la classe politique, aujourd’hui affaiblie, ainsi que de l’amélioration des filets sociaux et de la hausse des revenus. Autant de conditions liées à la fois à l’image du Parti, à sa capacité à affaiblir les citadelles des prébendes, à l’efficacité de ses politiques sociales et à la lutte contre la corruption.

Selon un audit récent réalisé par le gouvernement chinois et la Banque de Chine, tel qu’il est conçu aujourd’hui, entaché par de nombreuses zones d’ombre, le système de sécurité sociale, il est vrai en progrès rapide depuis 2009, reste cependant largement insuffisant pour constituer un véritable encouragement à la consommation. En réalité, à la fin 2011, seulement 500 millions de Chinois bénéficiaient d’une assurance maladie et à peine 300 millions d’une pension raisonnable. Quant aux assurances chômage, accident du travail et maternité, elles ne touchaient respectivement que 140 millions, 200 millions et 150 millions d’individus.

A quoi il faut ajouter les scandales des cadres locaux et non des moindres. On se souvient de l’affaire de détournements de fonds d’assurance sociale de Shanghai, à l’origine de la chute de Chen Liangyu, en 2006. Aujourd’hui encore la corruption entretient la suspicion du public à l’égard des caisses sociales. En 2012, l’audit de la Banque de Chine a mis à jour que 1,7 Mds de Yuan (200 millions d’€) avaient été utilisés frauduleusement par des cadres locaux pour combler les déficits de leurs comptes, construire des bureaux, ou acheter des voitures de fonction. Le rapport indiquait aussi que près de 30% du montant des caisses étaient utilisés pour effectuer des investissements non autorisés.


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