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›› Editorial

Prolifération nucléaire. La Chine se démarque des Occidentaux

Pour que sa dissuasion reste crédible, notamment en cas de tensions avec Washington dans le détroit de Taïwan, elle continuera à moderniser ses têtes nucléaires et ses lanceurs, en même temps que les Etats-Unis, tout en gardant un œil sur les progrès du bouclier anti-missile américain et la précision des missiles de croisière développés par le Pentagone, dont l’efficacité et la puissance constituent pour elle un autre facteur de déséquilibre.

A propos de l’Iran et de la Corée du Nord, ses premières réactions seront toujours de s’opposer aux sanctions, non seulement parce que sa stratégie globale est, par principe, hostile aux pressions et aux menaces exercées sur un Etat souverain, mais aussi parce que sa position, nettement démarquée de celle des Occidentaux, conforte son audience dans le Tiers Monde et au sein du groupe des « pays émergents ».

En même temps, sa politique systématique en faveur des négociations consolide sa posture d’arbitre entre « les pays félons », désignés par Washington et l’Occident. Sans compter qu’elle ménage ses marges de manœuvre aux Nations Unies, où sa voix, systématiquement réticente aux sanctions, apparaît aujourd’hui décisive, à mesure que celle de Moscou semble se rapprocher de Washington et de Bruxelles.

Bien sûr la Chine est, à l’occasion, capable de s’ajuster et de durcir ses positions vis-à-vis des pays ciblés par les Occidentaux. Elle l’a déjà fait avec Téhéran en 2006 et 2007 et avec Pyongyang en 2009. Elle pourrait bien recommencer pour éviter l’isolement et préserver sa relation avec Washington. Mais, aujourd’hui Pékin a gagné en assurance sur la scène internationale, et le mieux que l’Occident puisse espérer est une abstention ou, si les augures sont favorables, un feu vert pour des sanctions limitées.

Pékin, il est vrai, dit ne pas ressentir autant que les pays occidentaux l’urgence de la menace nucléaire iranienne et ne croit toujours pas à l’efficacité des sanctions. Sans compter que la convergence de ses intérêts stratégiques avec Téhéran - pressions récurrentes de l’Ouest contre l’Iran et la Chine, méfiance à l’encontre des ingérences de Washington - sur fond de relations économiques bilatérales en croissance rapide, en partie liées à sa quête de ressources, constituent de puissants motifs de rapprochement.


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