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›› Editorial

Prolifération nucléaire. La Chine se démarque des Occidentaux

Acculé par la famine de son peuple et peut-être par des tensions internes liées à sa succession, désireux de plaire à la Chine dont il attend un secours logistique substantiel, il clame - pour la première fois depuis dix-huit mois - sa disponibilité à reprendre le dialogue à six, qu’il avait lui-même fait capoter en 2008 en le vidant de sa substance, avant de procéder, ultime provocation, à un deuxième essai nucléaire, en mai 2009.

Pékin, dont la patience est mise à rude épreuve par un allié obtus, provocateur et peu réceptif à ses conseils de réformes économiques, avait, en Juin 2009, voté la résolution 1874, qui prévoyait même l’usage de la force. Mais le Parti n’a jamais cédé aux pressions occidentales qui réclament l’arrêt des aides massives à la Corée du Nord, dont 90% de l’énergie, 80% des biens d’usage courant et 45% des produits alimentaires qu’il consomme, viennent de Chine.

Cette posture conciliante du Parti Communiste Chinois ne varie pas en dépit des péripéties parfois tragiques. Cai Juan, du Centre de recherche sur la Corée du Nord à l’Université Fudan de Shanghai estime que, dans un avenir prévisible, elle ne sera pas modifiée : « Quelles que soient ses différences d’opinion avec Pyongyang, et en dépit des frustrations qu’elle éprouve, la Chine ne prendra pas le risque de l’implosion de la Corée, ni celui de la rupture des équilibres stratégiques sur la péninsule ».

L’analyse montre donc qu’en dépit des risques posés par la prolifération nucléaire, que ses discours reconnaissent souvent, la Chine se tient systématiquement en marge de l’action des Occidentaux, à la fois par opportunisme stratégique et économique et en vertu d’une conception « multipolaire » et idéaliste d’un monde qu’elle voudrait débarrassé des pressions des ténors du Conseil de sécurité, accusés de double jeu. Sur la question plus précise des sanctions, sa stratégie a toujours été de les retarder le plus longtemps possible, puis de les affaiblir lorsqu’elles sont adoptées.


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