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›› Editorial

Quel bilan pour l’année du Serpent ? Quel « rêve chinois » ?

Le vent chinois souffle en Asie du Sud-est.

Alors que l’un des objectifs avérés de la direction chinoise est d’éloigner la marine américaine de ce qu’elle considère comme sa zone d’intérêt stratégique direct en mer de Chine de l’Est et en mer de Chine du sud, l’année du Serpent a été marquée par un effort considérable du Bureau Politique en direction de pays de l’Asie du Sud-est pour la mise en œuvre d’une stratégie d’ensemble.

Celle-ci vise, sous emprise économique et commerciale chinoise, à réaliser une intégration de la zone par les investissements chinois, le développement d’un réseau de transport régional, l’augmentation des échanges culturels et éducatifs et surtout, la mise en œuvre complète du traité de libre échange Chine – ASEAN (déjà appliqué pour 6 pays et qui sera étendu au trois pays de l’Indochine et au Myanmar en 2015).

L’un des meilleurs indicateurs des efforts chinois est la somme des investissements consentis dans cette zone dont le stock total dépasse 80 Mds de $ - soit 12% des investissements globaux de la Chine dans le monde – avec de nettes priorités à l’Indonésie, au Vietnam et au Cambodge. Ces efforts placent l’Asie du Sud-est au 4e rang des régions accueillant des investissements chinois, derrière l’Afrique (124 Mds de $), l’Amérique du Nord - États-Unis et Canada – (102 Mds de $) et l’Amérique du Sud (100 Mds de $). Les autres cibles sont le Moyen Orient (70 Mds de $), l’Europe et sa périphérie (60 Mds de $), l’Australie (60 Mds de $), l’Asie Centrale (30 Mds de $) et la Fédération de Russie (20 Mds de $).

L’obsession taïwanaise ne faiblit pas.

Enfin, il faut se souvenir que l’un des plus anciens objectifs du « rêve chinois » reste le retour de Taïwan dans le giron national. A cet égard, le considérable effort consenti par Pékin pour développer les relations économiques et commerciales, facilitées par la politique de Ma Ying-jeou dont l’efficacité est multipliée par la proximité géographique et culturelle, crée dans l’Île une irrésistible attraction en même temps qu’une angoisse latente provoquée par le sentiment très vif d’une réunification rampante.

Cette situation, favorisée par la modification progressive du statuquo, ébranle la stabilité politique de l’Île avec la cote de popularité du Président tombée à moins de 10%, en dépit de l’apaisement salutaire des relations dans le Détroit dont on le crédite, tandis que le parti indépendantiste est agité par de profonds questionnements existentiels sur la nature de son message séparatiste. Ce dernier, qui interdit toute relation officielle avec le Parti Communiste chinois constitue, à part dans ses fiefs du sud et du nord-est, un sérieux obstacle à son retour au pouvoir, dans un contexte où les électeurs taïwanais, sont à la fois attachés à leur particularisme politique et réticents à soutenir une stratégie porteuse de tensions avec la Grande Terre.

Empêtrée dans une situation économique fragile, isolée des grands marchés de la zone par une relation presque obligée avec la Grande Terre qui fait pression sur elle pour limiter son expansion commerciale hors du giron chinois, l’Île tente de se donner une marge de manœuvre en signant des traités de libre échange avec d’autres partenaires, comme ceux conclus en novembre et décembre avec la Nouvelle-Zélande et Singapour.

Ces signatures ont été possibles parce que la Chine, soucieuse de ne pas briser l’élan du rapprochement entre les deux rives, n’y a pas fait obstacle en menaçant comme elle le faisait par le passé les partenaires de Taïwan de représailles sur le marché chinois. Pour autant Taipei n’a pas les coudées franches.

L’Île, aussi placée sous la pressions des exigences douanières américaines, prise en étau entre le ministère du commerce américain et le rêve de réunification du régime chinois, devra maintenant résister aux pressions de Pékin pour ouvrir des négociations politiques qui sentent le souffre pour les Taïwanais, puisque ces derniers les considèrent comme les prémisses de la réunification sous l’égide du Parti Communiste dont personne ne veut.


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