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›› Editorial

Reprise du dialogue avec le Dalai Lama. Quelques dessous de cartes

Le 25 avril, peu après que Wen Jiabao ait rencontré José Manuel Barroso, le gouvernement chinois faisait savoir qu’il était prêt à renouer le dialogue avec les émissaires du Dalai Lama à la condition qu’il « prenne des mesures concrètes pour mettre fin aux activités séparatistes, cesse ses incitations à la violence et ses actions visant à saboter les JO ». L’initiative, qui vient après des semaines d’effervescence nationaliste, mêlant sentiments anti-occidentaux et xénophobie, ponctuée par des mises en cause radicale du chef religieux tibétain, signale un réajustement de la politique de Pékin en amont des JO.

Certains n’y voient qu’une manœuvre tactique destinée à couper l’herbe sous le pied des plus vives critiques occidentales, dans le but de créer les conditions d’un apaisement minimum pour la réussite des jeux. Cet avis est partagé par quelques intellectuels et chercheurs chinois comme Wang Lixiong, signataire de l’appel des 29, le 22 mars dernier : « Pékin veut que le Dalai Lama aide à alléger la pression avant les JO. Nous ne savons pas s’il s’agit d’une opération de relations publiques, ou d’une initiative sincère. ». Shi Yinhong, professeur de relations internationales à l’université du peuple doute lui aussi que les deux parties puissent parvenir à un accord.

Il est vrai que l’ambiance actuelle, où Pékin rejette toujours l’idée d’une autonomie réelle et craint de donner le sentiment d’avoir cédé aux pressions, ne favorise pas une issue acceptable par les deux parties. Le Bureau Politique est parvenu au consensus minimum d’un ajustement tactique visant à recréer les conditions de JO apaisés après le désastre de relations publiques suite aux émeutes du 14 mars et aux enchaînements qui ont suivi. Rien ne dit en effet qu’il donnera suite une fois les JO terminés.

L’observation des réactions de Pékin et quelques rappels historiques permettent cependant de proposer une grille d’analyse moins fermée. Les ratés dans la gestion des troubles et quelques incohérences dans les messages envoyés par le pouvoir laissent penser qu’en haut lieu coexistent au moins deux visions des relations entre la Chine et le Tibet - en dehors des « pragmatiques » qui balancent de l’une à l’autre au gré des événements -.

La première, radicale et fermée à toute évolution, ne veut négocier que des conditions du retour du Dalai Lama au Tibet. Elle a accepté le virage pour des raisons d’opportunité tactique, contrainte et forcée par la crainte d’un échec des JO. L’autre, plus ouverte, envisage peut-être de discuter d’une autonomie, à condition que le Dalai Lama reconsidère ses exigences à la baisse (notamment l’élargissement de la province aux frontières du Tibet historique). On peut faire l’hypothèse que l’actuel Premier Ministre Wen Jiabao fait partie de cette mouvance. Dès le 30 mars en effet, en pleine campagne d’insultes contre la « clique séparatiste du Dalai Lama », il avait, lors d’une visite à Vientiane, évoqué la possibilité d’une rencontre avec le chef religieux tibétain.


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