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Vacuité diplomatique et crispations militaires dans le Pacifique occidental

L’APL se projette aux limites de la Mer de Chine du Sud.

L’initiative la plus sensible de Pékin, complètement à rebours de ses déclarations de bonnes intentions sur le code de conduite, eut lieu du 23 au 25 mars, quand une force navale ayant quitté Sanya le 19 mars, composée d’un destroyer, de deux frégates et du porte chalands de débarquement de 19000 tonnes Jinggangshan, effectua une manœuvre amphibie aux abords des récifs de James Shoal - Ban Zeng Mu - 曾母暗沙 en Chinois -, avant d’en prendre possession symboliquement par une cérémonie militaire organisée sur l’un des îlots. Sur une des banderoles rouges déployées par les militaires chinois on pouvait lire « Zu Guo, Women Hui Lai Le ! 祖 国 我 们 回 来 了 !- Mère Patrie, nous sommes de retour ! »

Il s’agissait de l’opération la plus au sud de la Mer de Chine jamais lancée par l’APL, à 50 nautiques des côtes malaisiennes, visant la revendication territoriale de Pékin la plus méridionale, à plus de 800 nautiques de Hainan. Le 26 mars, le Quotidien du Peuple présentait l’exercice comme une « patrouille et un entraînement de routine », destinés à affirmer la souveraineté de la Chine dans la zone. Ni Washington ni Kuala Lumpur n’ont réagi.

Mais le durcissement chinois au large des Philippines et des côtes malaisiennes, réplique des manœuvres de l’US Navy dans la région, à 300 km à peine du lieu du sommet de l’ASEAN, fait monter les enchères des négociations avec les riverains de la mer de Chine du sud. Il jette une ombre sur les perspectives des pourparlers avec Pékin pour un Code de Conduite efficace, au milieu de tensions qui, après l’appel à l’ONU de Manille, viennent de prendre une dimension internationale.

Le 14 mars, le Parlement européen a en effet manifesté son soutien aux Philippines par une résolution appelant Pékin à « respecter la Charte des Nations Unies dans la poursuite de ses objectifs de politique étrangère ». Le texte appelle aussi tous les protagonistes au calme, à s’abstenir de toute action militaire et à s’en remettre aux instances d’arbitrage internationales, conformément au droit de la mer. Dans cette zone, comme en Mer de Chine de l’Est, il faudra plus que des promesses diplomatiques pour calmer le jeu.

Enfin, on ne peut que remarquer le contraste entre l’inflexibilité de Pékin sur les questions territoriales et les déclarations de politique générale du 18e Congrès, reprises par la nouvelle direction du régime lors de la 12e ANP et confirmées lors de la visite à Pékin de Jacob Lew, évoquant la nécessité de trouver un nouveau mode de relations inter-étatiques pour éviter les conflits liés à la montée en puissance de la Chine.

Les récentes évolutions contredisent également la promesse faite le 5 avril dernier par Xi Jinping au Sultan de Brunei, président en exercice de l’ASEAN, lors de sa visite officielle à Pékin et rapportée par le China Daily, selon laquelle la Chine favorisait la résolution négociée des conflits : « la Chine souhaite développer le dialogue et la communication avec les membres de l’ASEAN, pour, ensemble, maintenir la paix en Mer de Chine du sud ».


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