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Fan Changlong n°1 de l’APL au Pakistan

NOTES de CONTEXTE

Le Baloutchistan.

En juin 2015 l’armée pakistanaise quadrille les lieux d’un combat entre groupes rivaux qui a tué 20 militants. Les affrontement ont opposé l’Armée de libération du Baloutchistan et le Front Uni de Libération du Baloutchistan dans le district isolé de Kohlu, à 300 km de la capitale provinciale Quetta.

Région frontière et de marches, la province la plus occidentale du Pakistan est une zone de tensions ethniques durables de basse intensité, ponctuées d’actions violentes et très médiatisées, sur fond de vastes projets d’infrastructures dont le plus récent est le « corridor sino-pakistanais » doté de 40 Mds de $.

Peuplée de l’ethnie baloutche d’origine iranienne de tous temps marginalisée et méprisée par les Penjabis pakistanais, la province est traversée par une insécurité latente dont l’approvisionnement logistique de l’ISAF a souvent fait les frais (attaques de convois, camions citernes brûlés), à quoi s’ajoutent des enlèvements épisodique de Chinois contre rançon, le harcèlement des Chiites (20% de la population du Pakistan) par des groupes sunnites radicaux et les attaques récurrentes contre la minorité Hazara de religion chiite. Le tout crée dans la province un arrière plan d’insécurité qui ne favorise pas le développement.

En dépit de la politique d’apaisement menée par Islamabad, les années 2013 et 2014 ont été particulièrement meurtrières. En janvier et février 2013, 2 attentats à Quetta, la capitale du Baloutchistan avaient déjà tué près de 100 ressortissants de l’ethnie Hazara à majorité chiite. En mars et octobre 2014, la capitale a à nouveau été frappée par une série d’attentats contre les forces de sécurité, tandis que des accrochages avaient lieu entre la communauté chiite Hazara et les Sunnites radicaux liés aux Taliban et à Al Qaida.

Selon France 24, « au cours des années 2013 et 2014, près de 1 000 membres de la minorité Hazara facilement repérable à ses traits asiatiques ont été tués ». Au printemps dernier, la situation au Baloutchistan avait fait la une de l’actualité quand Sabeen Mahmud, une militante des droits de l’homme a été assassinée à Karachi le 24 avril après avoir organisé un débat sur les « disparus baloutches ».

Les événements récents n’encouragent pas à l’optimisme. Le 10 avril 2015, 20 ouvriers pakistanais ont été assassinés par le Front de Libération du Baloutchistan à 1000 km au sud-ouest de Quetta.

Le port de Gwadar

Construit par des entreprises chinoises pour un coût total de 248 millions de $ et livrée au Pakistan en 2007, l’emprise portuaire de Gwadar dotée d’équipements modernes qui devait initialement s’étendre à un aéroport international n’a ni répondu aux espoirs d’Islamabad ni à ceux du port de Singapour (Port Singapore Authority – PSA -) chargé de la gestion du port après voir remporté l’appel d’offres lancé par Islamabad en 2007.

Suite à des conflits fonciers non résolus où étaient impliqués la marine et les garde-côtes pakistanais l’absence de souplesse priva le site des terrains nécessaires à son développement, l’activité du port a stagné au point qu’à la fin 2012 PSA a jeté l’éponge. En février 2013, la gestion du port a été attribuée pour 40 ans à la China Overseas Port Holdings Ltd, contrôlée par l’État chinois. (中国 海外港口控股有限公司)。

Mais, détail important, en prenant le contrôle du port, la Chine n’a pas souhaité participer à l’actionnariat qui reste toujours partagé entre PSA (60%), la société pakistanaise de services financiers Aqeel Kareem Dedhi - AKD, Pakistan - (20%) et la société logistique NCL, contrôlée l’armée pakistanaise (20%)

Il est impossible de surestimer l’importance stratégique de Gwadar pour la Chine et le Pakistan. Située sur la mer d’Arabie, dans la province occidentale du Baloutchistan, l’emprise se trouve à 120 km de la frontière iranienne, à l’embouchure du golfe persique, 600 km à l’est du détroit d’Ormuz, en face d’une région qui recèle les 2/3 des réserves de pétrole de la planète.

Le port est également le plus proche débouché maritime de l’Asie Centrale et du Xinjiang chinois. Il est enfin l’extrémité sud d’un corridor reliant la mer d’Arabie à Kashgar que Pékin et Islamabad envisagent de développer grâce à 40 Mds de $ de financement chinois promis lors de la visite du président Xi Jinping en avril 2015.

Hormis les éventuels détournements de fonds de la corruption endémique à l’interieur des structures de l’État et de l’armée pakistanais, le principal handicap du projet reste l’insécurité de l’arrière pays. Entre Gwadar et Kashgar le corridor traverse des espaces situés dans la zone d’action des Taliban pakistanais. Ces derniers contrôlent des territoires le long de la frontière nord-est entre le Pakistan et l’Afghanistan où se trouvent aussi d’importants groupes de militants ouïghour, récemment attaqués par des opérations de l’armée pakistanaise.


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