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›› Economie

3e trimestre 2012. Faits et commentaires

Les événements et déclarations officielles des trois derniers mois traduisent les préoccupations du pouvoir confronté à l’exigence de réforme du système financier et à la nécessité de réduire l’emprise et les privilèges des 100 000 groupes publics, dont les responsables et leurs affidés sont les principaux bénéficiaires de la croissance, notamment grâce à un accès préférentiel et souvent exclusif aux prêts des banques nationales et aux contrats publics.

Toutefois, le risque existe que la transition en cours qui paralyse l’exécutif et le redressement relatif de l’économie, dont les premiers signes sont apparus en septembre, retardent la mise en œuvre des réformes, dont les objectifs majeurs sont de dégager les ressources financières nécessaires à honorer les charges sociales de l’état, d’améliorer la rentabilité du capital, aujourd’hui encore très faible, et de rehausser le niveau technologique des productions, par un effort massif d’innovation.

La période a également été marquée par une avalanche de conflits commerciaux avec les Etats-Unis et le Canada, en partie générés par les surenchères antichinoises de la campagne présidentielle américaine et la perception parfois erronée d’une menace économique et commerciale chinoise construite autour de monopoles sur les ressources (énergie et matières premières).

Enfin, la tendance s’est confirmée d’un effort chinois en direction des entreprises européennes du secteur high-tech en difficulté. Depuis 2010, les investissements des groupes chinois en Europe, dont un bon nombre ont ciblé des groupes européens en mal de liquidités financières, ont en effet été multipliés par trois.

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CONTROLE MACROECONOMIQUE

Baisse de la croissance et signes de reprise

La croissance du troisième trimestre est tombée à 7,4%, son plus bas niveau depuis 2009, après 7 trimestres consécutifs de freinage. Tributaire de la crise, le ralentissement est aussi le résultat de la politique mise en œuvre depuis 2010, pour contrôler l’inflation et la spéculation immobilière. La décélération est cependant plus brutale que prévue, aggravée par l’atonie de la demande aux Etats-Unis et en Europe, avec des effets directs sur la production industrielle. La bourse de Shanghai, qui montre cependant quelques velléités de reprise, est aussi en recul depuis trois ans.

En dépit de la baisse des profits des entreprises, Wen Jiabao a annoncé début octobre que la croissance se stabiliserait au 4e trimestre, tandis qu’en septembre les exportations sont reparties à la hausse.

Alors que l’efficacité de l’exécutif est handicapé par la transition en cours, des mesures prudentes de relance ont été mises en œuvre : en 2012, baisse à deux reprises des taux d’intérêts et des réserves obligatoires des banques et approbation en septembre de 55 projets d’infrastructure pour une valeur globale de 158 Mds de $. Le tout dans un contexte général où, selon les statistiques officielles, le chômage et l’inflation, en légère hausse en septembre, restent sous contrôle. Tant qu’il en sera ainsi le pouvoir ne prendra que des mesures de relance limitées.

Fort excédent commercial

Les statistiques chinoises signalent une hausse des exportations de 9,9% en septembre qui a permis un excédent de 27,67 Mds de la balance commerciale. Pour les trois premiers trimestres, l’excédent a atteint 148 Mds de $.

En septembre, le Conseil des Affaires d’Etat a ratifié une série de mesures destinées à favoriser la croissance du commerce extérieur (accélération du remboursement des taxes des entreprises sur les exportations ; abolition entre le 1er octobre et le 31 décembre des frais d’inspection et de quarantaine sur les marchandises importées et exportées, sur les véhicules de transport et les conteneurs. Appel aux banques commerciales invitées à augmenter les crédits accordés aux exportateurs qualifiés. Appui politique aux exportations chinoises confrontées aux rétorsions légales de l’UE et des Etats-Unis (Source bulletin économique de l’Ambassade de France).

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FINANCES.

Accumulation des dettes des entreprises

Dans un article du 7 août publié dans le China Daily, Li Yang, économiste de l’Académie des Sciences Sociales, a mis en garde contre la tentation d’un stimulus financier pouvant aggraver encore la mauvaise situation financière des entreprises. Il souligne que les dettes de ces dernières ont atteint le niveau alarmant de 107% en 2011, le taux le plus élevé du monde. Selon Li Yang, un taux excédent 90% comporte des risques importants.

L’endettement s’est accéléré depuis 2008 avec un mouvement d’investissement immobilier par les grandes entreprises publiques. Les plus touchées étant les groupes aéronautiques chinois, dans un contexte où les dettes s’accumulent à un rythme plus élevé que les profits. L’endettement est en partie du à la situation encore très fragile et chaotique du marché financier. La tendance pourrait conduire à une augmentation du nombre de faillites.

Nombre d’économistes chinois et étrangers considèrent qu’il est urgent de libéraliser le marché financier, dont l’expérience, en cours à Wenzhou, devrait être étendue à tout le pays. Il est notamment nécessaire de libéraliser les taux d’intérêt, premier pas vers la mise en ordre de la finance grise, qui se développe dans le sillage du monopole des grandes banques d’état et place les PME en situation difficile.

Plan de réforme financière

(Source Ambassade de France en Chine et presse chinoise).

En août, la Banque Centrale a publié un plan de réforme financière pour la période 2011-2015 qui appelle à la poursuite de la libéralisation des taux d’intérêt et du taux de change, à la continuation des échanges directs entre le Renmibi et les devises des pays émergents et à l’augmentation de la part des financements privés dans le système bancaire et les sociétés d’assurance.

Sans précision de calendrier ou de modalités, le plan affirme vouloir renforcer la convertibilité du Yuan et à libéraliser le compte de capital. Le plan vise aussi à augmenter la part des financements directs des sociétés non financières dans le financement de l’économie réelle, à hauteur de 15% d’ici 2015.

Internationalisation de la monnaie chinoise

(Source Ambassade de France en Chine).

« Le 17 septembre a eu lieu la négociation des premiers contrats à terme sur le yuan off-shore (CNH) – prix de vente garantie permettant aux investisseurs de se prémunir contre les fluctuations sur le marché des changes.- 415 contrats ont été négociés pour un montant de 41,5 millions USD.

Le groupe américain CME Group Inc, principal marché organisé de contrats à terme dans le monde, a annoncé le lancement de contrats à terme pour le CNH au quatrième trimestre de cette année à Chicago et au deuxième trimestre de 2013 en Europe. Au mois d’août 2012, le Yuan se classait en 14e position parmi les devises les plus utilisées dans les paiements internationaux, soit une progression de six places depuis janvier 2012. Mais à la fin août 2012, la monnaie chinoise ne détenait que 0,56 % des parts de marché. »

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ACTIVITES – PRODUCTION – INNOVATION

Baisse des profits et de l’activité

Alors que le gouvernement vient d’approuver un plan de relance par des grands travaux de 158 Mds de $, les profits des entreprises se tassent. S’il est vrai que la nouvelle des investissements d’infrastructure a relancé à la hausse les actions de quelques grands groupes dont les activités sont liées au secteur de la construction (Otis, Carterpillar, Sany, Hitachi) la reprise des activités n’est pas au rendez-vous sur le terrain.

Les fabricants de machines outils et d’engins de chantier chinois et étrangers ont été conduits soit à réduire leur production, soit à trouver de nouveaux clients. A titre d’exemple, Hitachi, n°3 mondial des engins de chantiers, dont 16% des revenus viennent de ses activités en Chine, a fermé son usine de Hefei pour trois semaines, face à une accumulation des stocks. Selon les responsables du site la reprise espérée en octobre n’a toujours pas eu lieu.

Les profits du Chinois Sany qui vient d’acheter l’Allemand Putzmeister ont chuté de 28% au 2e trimestre, sont en moyenne en baisse de 20% sur les 3 premiers trimestres par rapport à 2011. Dans certaines industries à forte intensité de main d’œuvre de la région de Canton, les commandes ont baissé de 30 à 50%. Lire notre article à propos du 1er trimestre 2012.

L’activité reste faible, avec un indice PMI - Purchasing Managing Index, qui mesure les performances industrielles à partir des commandes effectuées par les entreprises de production -, toujours à 49, 8 en septembre, en dépit d’une remontée en septembre. Les données de HSBC sont un ton en-dessous des statistiques chinoises, avec un indice à 47,6 en septembre, également en hausse par rapport à août.

Si la demande est repartie à la hausse, dans les secteurs de l’alimentation, du tabac et des ordinateurs, les aciers spéciaux et les matériaux de construction, sont toujours à la traîne. D’autres indicateurs du freinage de certains secteurs sont les statistiques du fret, en forte diminution par rapport à 2011 pour le rail et le transport aérien, alors qu’ils sont restés stables pour le transport maritime et la route. Le PMI des services est également resté faible avec un indice de septembre le plus bas depuis 2010.

Faiblesse de l’innovation

Embarquée dans un mouvement de promotion de l’innovation diligenté du sommet, avec un quota de 2 millions de brevets à atteindre pour 2015, la Chine est aujourd’hui confrontée à une prolifération d’innovations dûment enregistrées sans réelle valeur ajoutée. Selon un récent rapport de l’UE, sur les 1,6 millions de brevets déposés en 2011, seulement 32% correspondent à une innovation qualitative réelle.

Le rapport note la prolifération des « modèles d’utilité », sous-brevet d’invention dont le concept, cependant parfaitement légal, est également utilisé en Allemagne, en France, en Grèce et en Belgique, mais pas aux Etats-Unis. Il s’obtient rapidement sans examen préalable de la qualité du brevet et représente plus de 60% des brevets déposés par la Chine.

Production d’électricité

(Source ambassade de France en Chine)

La croissance de la production d’électricité a été freinée en septembre (hausse de 2,6% contre 5,6% en moyenne sur les 12 derniers mois), mais de substantiels progrès ont été accomplis dans la diversification des sources sur les 8 premiers mois de 2012, avec une hausse de l’éolien, de l’hydroélectrique et du nucléaire respectivement de 37,2%, 6,7% et 5,6%. Les sources d’énergie « propre » représentent désormais 19,3% de la consommation totale d’électricité.

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SOCIETE

Dépenses sociales

Selon un rapport de la société d’enquêtes américaine Mc Kinsey & co, les dépenses de santé de la Chine tripleront d’ici 2020, pour atteindre 1000 Mds de $. L’augmentation sera à la fois due au vieillissement de la population et au volontarisme du pouvoir.

Les dépenses augmenteront de manière notable pour les médicaments et les équipements hospitaliers, dans un contexte où, selon le gouvernement, le budget de la santé devrait atteindre 7% du PNB, alors qu’il était à 5,5% en 2010. Le 17 août, le pouvoir a augmenté le taux de remboursement de l’assurance publique qui touche 95% des Chinois et ajouté des maladies longue durée, comme le cancer du poumon, à la liste des prises en compte.

L’ensemble du système de santé chinois qui présente de fortes inégalités entre régions reste cependant encore dans les limbes, avec un taux de couverture des hospitalisations et des interventions chirurgicales compris entre 50 et 60%, tandis que les plus fortunés se tournent vers la médecine privée.

Les disparités et disfonctionnements se lisent également dans les tensions entre les médecins mal payés qui cherchent à augmenter leurs revenus par la prescription de médicaments hors liste protégée dont ils touchent des dividendes, et les patients qui leur reprochent leur manque de disponibilité.

S’exprimant par de fréquentes altercations entre les patients et les docteurs ou les personnels hospitaliers, la tension ne baisse pas. 44% des 6000 médecins interrogés par Mc Kinsey dans 3000 hôpitaux estiment que les tensions de sont aggravées et 51% répondent qu’elles sont au moins au même niveau qu’en 2011.

55 % des médecins disent avoir été verbalement agressés par des patients ou des membres de leur famille. Le 19 octobre, la cour intermédiaire de Harbin a condamné à la prison à vie Li Mengman 18 ans qui, en mars dernier, avait tué un agent hospitalier avec un couteau de cuisine. Lire aussi « Kan Bing Nan, Kan Bing Gui ». Malaise dans les hôpitaux chinois.

Les migrants, clés de la consommation interne

Au mois d’août, un rapport de la Commission du planning familial appelait une nouvelle fois le gouvernement à améliorer la situation administrative et sociale des migrants, handicapés par la survivance du Hukou, soulignant que leur nombre, estimé à 250 millions en 2015, constituera un marché de consommation interne propre à modifier le schéma de développement du pays, toujours trop axé sur l’export.

L’amélioration matérielle de la situation des migrants a commencé avec l’augmentation de leur salaire mensuel moyen porté à 2253 Yuan depuis 2011 – soit 275 € (en hausse de 21%). Mais leur couverture sociale restant aléatoire, avec seulement 23,1% d’entre eux ayant une assurance retraite, 13,6% une assurance chômage et 64,3% une assurance maladie, leur dépenses courantes restent faibles. Le rapport précise que la situation n’est pas en voie d’amélioration puisque qu’en 2015, la proportion des migrants sans couverture sociale correcte dépassera encore 70%.

Cette situation tranche avec celle de la classe moyenne modeste, dont le nombre atteindra 400 millions en 2020, avec un revenu annuel estimé à 51 000 Yuan (6247 €), formant une masse de citadins moyennement aisée, ayant un niveau de vie auquel les migrants, dont le statut est bridé par le Hukou, n’ont pas accès.

Inégalités sociales

Li Shi, doyen de l’Institut d’études des revenus, appartenant à l’Université Normale de Pékin, a mis les pieds dans le plat lors d’une interview à un journal chinois, expliquant que la situation des inégalités devenait dangereuse et que la direction du pays était aujourd’hui face à une série de problèmes « menaçant la survie du Parti ». « Beaucoup de réformes ont été retardées, mais le pouvoir ne peut pas se payer le luxe d’attendre plus ».

La situation est d’autant plus tendue qu’elle est placée sous la double pression de la crise économique qui aggrave la situation sociale et de l’étalage de l’effondrement éthique d’une partie de la classe politique, à la fois très riche, très corrompue et moralement fragilisée, exprimée par l’affaire Bo Xilai. Dans ces circonstances, où les principaux bénéficiaires de la croissance restent les membres de la ploutocratie liés aux grands groupes publics, il est important, explique le professeur Li, que le gouvernement s’attache à réduire les inégalités.

Financement problématique des retraites

Nombre d’experts chinois se penchent sur la quadrature du cercle du financement des assurances sociales et notamment des retraites, dans un contexte où la population vieillit. En dépit de prestations très basses, également marquées par de fortes inégalités entre les provinces de la côte et l’intérieur - dans un rapport de 1 à 30 (de 50 à 1500 RMB mensuels pour les retraites) -, le poids des retraites s’alourdit avec le vieillissement de la population, d’autant que l’âge moyen de la retraite est plus bas qu’en Europe ou aux Etats-Unis. Déjà l’état y consacre 40% de ses revenus, contre moins de 15% aux Etats-Unis ou dans les pays de l’OCDE.

Selon Ma Jun et Cao Yuanzhang, 2 économistes de la Deutsche Bank, le déficit des caisses de retraite est trois fois plus importants que les chiffres annoncés par le pouvoir et se montait déjà à 16 000 Mds de Yuan en 2010 soit près de 2000 Mds d’€. Vers 2030 il pourrait atteindre 40% du PNB, si ce dernier augmentait de 6%par an.

La mise en perspective indique les défis fiscaux auxquels la Chine doit se préparer, en augmentant à la fois l’âge de la retraite, souvent inférieur à 60 ans, ainsi que le coût des cotisations et en trouvant de nouvelles sources de financement, qui pourraient être de taxer plus les grands groupes publics. Une décision qui heurtera de plein fouet nombre de groupes d’intérêts.

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CHINE MONDE

Tensions avec les Etats-Unis et le Canada

La période a été marquée par une série de refus opposés à des tentatives d’investissements chinois aux Etats-Unis et au Canada. Le dernier incident en date concerne le blocage par le gouvernement de la vente de Hawker Beechcraft (aéronautique) à la société chinoise Super Aviation.

Il a été précédé par les interdictions faites à une firme chinoise d’éoliennes d’investir dans l’Oregon, dans une région proche d’une zone militaire, et à l’équipementier automobile chinois Wangxiang de racheter pour 465 millions de $ 80% des parts de A 123 Systems, un fabricant de batteries américain. A quoi s’ajoute un rapport du Congrès qui mettait en garde contre une coopération avec Huawei et ZTE, les 2 premiers équipementiers de Telecom chinois, accusés de manière récurrente d’être responsables d’espionnage et de captation de technologies.

Le 17 septembre, après l’échec de deux séries de négociations commerciales en juin et juillet, la Chine a décidé d’accuser les Etats-Unis d’attitude discriminatoire à l’OMC sur un total d’export estimées par Pékin à 7,5 Mds de $. De son côté Washington, qui constate que la valeur totale des importations de pièces détachées automobiles chinoises est passée de 7,4 Mds de $ en 2002 à 69,1 Mds de $ en 2011, soit 16% du marché, accuse Pékin de dumping sur les prix.

Mais dans une ambiance générale portée à la surenchère discriminatoire anti chinoise par la compétition pour la Présidence, l’administration, Obama vient de faire un geste d’apaisement vis-à-vis de Huawei, le n°2 mondial des équipementiers de télécom derrière Ericsson. Après un an d’enquêtes, et prenant le contrepied du rapport critique du Congrès, la Maison Blanche a en effet publié une appréciation qui exonère Huawei des accusations d’espionnage par piégeage des équipements télécom.

La manœuvre en dit long sur les connivences cachées entre Pékin et Washington. Elle vient après que Huawei ait publié un long papier à la mi-septembre, qui faisait référence à la « chasse aux sorcières de l’époque McCarthy », accusant le Congrès de proférer des « accusations sans fondement pouvant nuire aux relations sino-américaines ». Lire aussi HUAWEI, le flambeau du succès High Tech, pilier de la captation de technologies ?.

Ouverture partielle du marché des services

Peut-être pour réagir à un ralentissement des investissements directs étrangers durant les mois de juin, juillet et août, le gouvernement a, à la fin septembre, relâché les restrictions pour l’accès aux marchés des assurances, du tourisme et de la livraison rapide. Une procédure est également en cours pour autoriser les autorités provinciales à approuver des investissements étrangers à concurrence de 300 millions de $, sans approbation du Centre.

Chute de l’activité industrielle japonaise

La plupart des grands constructeurs automobiles japonais et quelques autres sociétés présentes en Chine ont été contraints de fermer leurs usines plusieurs jours à la mi-septembre, tandis que les vols de Nippon Airways enregistraient tous un longue série d’annulations, à la suite des plus graves échauffourées entre Tokyo et Pékin depuis la fin de la guerre.

Canon, Panasonic, Toyota, Nissan, Mazda, Honda, Sony et plusieurs supermarchés japonais ont fermé leurs portes, au milieu d’échanges diplomatiques acerbes où n’ont surnagé que peu d’initiatives de conciliation de part et d’autres. La controverse aura des conséquences sur les deux économies dont le commerce bilatéral s’est élevé en 2011 à 345 Mds de $.

La Chine met en garde les autorités canadiennes

Le 22 septembre, Zhang Junsai Ambassadeur de Chine à Ottawa a, dans une interview publiée dans la presse locale, mis en garde les autorités canadiennes contre la politisation des relations d’affaires et la tentation du gouvernement canadien de mettre son véto au rachat par le pétrolier chinois CNOOC de la compagnie Nexen.inc au prix de 15,1 Mds de $, une somme largement plus élevée que celle proposée par les autres acheteurs potentiels, ce qui a ravi tous les actionnaires.

L’initiative directe et sans nuances de l’Ambassadeur est une première, tandis que le rachat de la société Nexen constituerait la plus grosse transaction opérée par un groupe public chinois au Canada. Cette occurrence motive la prudence d’Ottawa, qui s’interroge sur les intentions chinoises, en même temps que le gouvernement semble vouloir faire pression sur Pékin pour lever quelques obstacles aux investissements canadiens en Chine.

Le débat s’est invité dans la politique intérieure où l’opposition des « nouveaux démocrates » s’appuie sur un sondage d’opinion qui refuse à 75% qu’un groupe public chinois prenne des intérêts dans une grande société canadienne. (Le sondage révèle aussi que dans le cas d’un groupe non chinois, seuls 39% seraient opposés à l’opération. Ce qui ne correspond cependant pas tout à fait à la réalité, puisque le gouvernement canadien vient de bloquer la reprise par BHP du plus gros groupe de potasse canadien).

Concrètement il est assez peu probable que la transaction soit refusée – la Chine cherche assidument l’accès aux gaz et pétrole de schistes et Nexen a besoin de cash -, mais les négociations en cours risquent de hausser les enchères pour CNOOC, sur la transparence de sa gestion, la publication régulière de ses comptes, la nature indépendante du Conseil d’administration et le traitement équitable des actionnaires). La question est de savoir quel niveau de contraintes CNOOC est capable d’accepter.

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CHINE - EUROPE

Augmentation des investissements chinois en Europe

Un rapport publié en septembre par le groupe Rhodium basé à New-York, spécialisé dans la recherche économique signale l’augmentation rapide des investissements chinois en Europe, passés de 1 Mds en 2000 à 10 Mds de $ en 2011, avec un triplement de 2010 à 2011, dans un mouvement d’investissements qui, en 2011 a été deux plus fois important en Europe qu’aux Etats-Unis.

En 2012, le fonds souverain chinois a annoncé qu’il avait consacré 30Mds de $ pour des investissements dans des actifs industriels européens en difficulté. Selon le rapport, Lee Kwan Yu, l’ancien n°1 de Singapour, proche des intérêts chinois, aurait conseillé à Pékin d’acheter des bonds du trésor européens ou d’investir dans le fonds de stabilité européen, ce que pour l’instant la Chine ne fait qu’à la marge.

50 Airbus pour 2,6 Mds d’€

Lors de son 2e voyage en Chine en l’espace de 6 mois, la Chancelière allemande a signé des accords commerciaux dans l’aéronautique, dans l’énergie, l’environnement, la santé et la coopération maritime.

L’achat de 30 airbus était le premier depuis la controverse entre la Chine et l’UE sur les taxes aux émissions de carbone infligées aux compagnies aériennes par Bruxelles et après que le PDG d’EADS, Louis Gallois, ait annoncé que Pékin avait, en rétorsion, bloqué l’achat d’Airbus par des compagnies chinoises. Une accusation à laquelle les autorités chinoises n’ont pas réagi.

 

 

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