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Organisation de Coopération de Shanghai, réunion de l’OTAN et front sino-russe anti-occidental
Les présidents Zelenski et Erdogan se sont rencontrés en marge du sommet de l’OTAN à Washington. Si l’exercice témoignait des efforts d’un Joe Biden physiquement affaibli pour resserrer les liens de l’Alliance face à l’agression russe contre l’Ukraine, candidate, mais toujours tenue en marge de l’Organisation, il était aussi le symbole des vulnérabilités de l’Alliance face aux pressions de la proximité sino-russe contre l’Occident, récemment encore mis au défi par la stratégie à double face de Narendra Modi.
Alors que toujours gêné par les hésitations prudentes de Washington, soucieux de prévenir toute escalade mortelle avec Moscou, Zelenski continue à rejeter les plans de paix chinois ou russe à partir d’un cessez-le-feu portant le risque d’entériner les annexions illégales du territoire ukrainien par Moscou, Erdogan membre autocrate de l’Alliance mais animé d’une ambition de retour de puissance développe en contradiction frontale avec les États-Unis une grande proximité avec Moscou et Pékin.
Le fond de tableau anti-occidental est double, protéger Moscou de l’isolement imposé par Washington et ses alliés et afficher contre Tel Aviv, une proximité à l’arrière-plan religieux, avec les Palestiniens à Gaza. Source : Agence turque ANADOLU.
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S’il fallait éclairer l’actuelle bascule des forces qui gouvernent le monde, on pourrait se référer au discours du Secrétaire Général des NU António Guterres, le 4 juillet dernier devant les membres de l’Organisation de Coopération de Shanghai.
Face à ce groupe, né il y presque trente ans sous l’égide de Moscou, Pékin et quatre pays de l’ancienne Asie Centrale soviétique pour faire pièce à l’entrisme politique de Washington animé par l’idéologie du « Regime Change » (Voir l’Annexe) à l’œuvre depuis la chute de l’URSS à la fin des années quatre-vingt, le Secrétaire Général de l’ONU entérinait clairement le nouveau rapport de forces du monde.
S’exprimant devant une Organisation de Shanghai dont l’ADN stratégique est clairement anti-occidental, ayant, dans le sillage du couple sino-russe et de quatre pays d’Asie Centrale, agrégé l’Inde et le Pakistan en 2016, l’Iran en 2021 et le Belarus en 2024, António Guterres, a, dans un exercice très proche d’un vœu pieux, attribué à l’Organisation le pouvoir de promouvoir la paix dans le monde.
Il l’a fait après avoir égrené les défis climatiques, ceux de l’Intelligence artificielle et ceux du recul de l’idéal de développement durable. Surtout, face à Vladimir Poutine flanqué de Xi Jinping qui appuie le Kremlin dans sa guerre d’agression contre l’Ukraine, il a dénoncé la radicalisation stratégique et l’intolérance cynique des guerres, l’impunité des autocrates et l’effondrement de la confiance dans le multilatéralisme.
Comme pour confirmer la vacuité des espoirs que les pays de l’OCS pourraient être des porteurs de paix, le 9 juillet, une frappe massive de missiles russes a dévasté la capitale ukrainienne et plusieurs villes du pays.
L’agression eut lieu moins d’une semaine après le discours du Secrétaire Général à Astana, où Poutine et Xi Jinping, se plaçant eux-mêmes, selon Xi Jinping « du bon côté de l’histoire et de la justice », ont encore une fois plaidé pour un « monde multipolaire d’équité et de justice » mais débarrassé des « ingérences extérieures », dont chacun sait que, dans leur esprit, elles sont avant tout l’œuvre de l’Amérique.
Déclenchée durant l’heure de pointe, l’attaque, qui coïncidait avec l’ouverture du sommet de l’OTAN à Washington, sans doute une réaction de Vladimir Poutine à la nouvelle des livraisons à l’Ukraine des chasseurs multi rôles américains F.16, a tué au moins 43 personnes à Kiev, Kryvyi Rih, 100 km à l’est de Kherson, et Slovyansk et Kramatorsk, 90 km au nord de Donetsk. Parmi les victimes, au moins quatre enfants à Kiev et deux tués et 16 blessés à l’hôpital pour enfants d’Okhmatdyt au centre de la capitale.
Élargissement de l’empreinte stratégique chinoise sur les plates-bandes l’Alliance.
Après l’entrée de la Biélorussie dans l’Organisation de Coopération de Shanghai en juillet 2024, Xi jinping a, avec Lukashenko, aussitôt organisé des manœuvres militaires aux portes de l’OTAN. Ici l’arrivée d’un détachement de l’APL à Minsk en juillet. Source : Sky News.
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Autre signe que Xi Jinping a définitivement tourné le dos à l’héritage de prudence stratégique de Deng Xiaoping, des unités de l’APL participent depuis le 8 juillet à une manœuvre militaire avec la Biélorussie, organisée par le Président Lukashenko à la frontière de la Pologne, pays membre de l’OTAN.
Prévus jusqu’au 18 juillet, les exercices militaires conjoints qui valent plus par le symbole que par leur signification opérationnelle, se déroulent dans un pays vassalisé par Moscou qui fut la base de départ de l’assaut aéroporté manqué contre Kiev le 24 février 2022 et le théâtre d’une gesticulation stratégique sous menace nucléaire, contre l’Alliance.
Le chantage avait été physiquement matérialisé quand Lukashenko, chef de l’État depuis trente ans, sous le coup de sanctions occidentales, avait en 2023 autorisé le déploiement sur son territoire, des missiles nucléaires tactiques russes.
Au passage, Vladimir Poutine et Lukashenko violent frontalement le mémorandum de Budapest signé le 5 décembre 1994 par le Kazakhstan, l’Ukraine et la Biélorussie leur accordant des garanties d’intégrité territoriale et de sécurité en échange de leur ratification du traité de non-prolifération des armes nucléaires.
Pour Xi Jinping, la déportation de l’APL sur ce théâtre inhabituel pour elle, est une manière de riposter aux pressions occidentales dans le Pacifique occidental et dans les parages de Taïwan que l’appareil considère comme sa Zone d’Intérêt Stratégique où Washington est un intrus indésirable.
Autre symptôme montrant que la Chine s’insinue chaque fois que possible dans les fêlures de l’OTAN et de l’UE, le 8 juillet, Xi Jinping accueillait à Pékin la visite surprise de Viktor Orban qui, le 2 juillet, s’était déplacé à Kiev et le 5 juillet à Moscou pour habiller ses initiatives de l’aura internationale de missions au profit de la paix en Ukraine.
En réalité, tout juste trois jours avant la déclaration finale de l’OTAN ayant directement ciblé le partenariat sino-russe comme une tentative « de déstabilisation et de remodelage de l’ordre international fondé sur des règles », élargissant au passage ses craintes à l’Asie Pacifique, chiffon rouge pour Pékin qui craint une extension hors-Atlantique du domaine stratégique de l’Alliance (lire : Déclaration du Sommet de Washington), la visite de V. Orban dans la capitale chinoise, entérinait les tentatives chinoises de dislocation du camp occidental en Europe.
L’étape chinoise de V. Orban survenait tout juste deux mois après la tournée européenne de Xi Jinping dont les étapes avaient, avec Paris, privilégié les étapes serbe et hongroise, qui, au sein de l’ancien bloc de l’Est, sont les symboles d’une fêlure avec l’Europe et l’Otan datant de la guerre en ex-Yougoslavie.
Plus encore, dans la mémoire chinoise, le ressentiment des Slaves envers l’Amérique et l’Otan en résonance avec la défiance de Viktor Orban à la fois en froid avec Bruxelles et Washington, croise le douloureux souvenir de la destruction par Washington, le 7 mai 1999, de l’ambassade de Chine à Belgrade (à ce sujet, lire notre analyse de juin 2016 sur les non-dits sulfureux de l’épisode (Xi Jinping à Belgrade. Retour vers le futur des guerres technologiques).
Enfin, le 8 juillet, veille de l’ouverture du sommet de l’OTAN à Washington, se plaçant en surplomb moral d’un faiseur de paix, Narendra Modi était à Moscou.
Narendra Modi sur tous les tableaux. En arrière-pensée, la rivalité avec la Chine.
L’accolade chaleureuse de Narendra Modi à Vladimir Poutine, le 8 juillet, renvoyait à la proximité anti-occidentale entre Moscou et New-Delhi durant la guerre froide. Elle était aussi une manifestation surjouée d’affection du Premier Ministre indien pour signifier à la Chine qu’elle n’est pas seule sur le terrain russe où se joue une rivalité systémique avec l’Occident. Source : China military online.
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A la fois proche de Moscou et Pékin au sein les BRICS, mais ayant lui-même, avec les États-Unis, le Japon et l’Australie membres du « QUAD » [1], identifié la Chine comme une menace en Asie Pacifique (lire : L’imaginaire d’une ancienne puissance centrale face aux contrefeux), le Premier Ministre indien a été chaleureusement reçu par Poutine dans sa résidence de Novo-Ogaryovo dans la banlieue de Moscou.
Quel que soit l’angle de vue, faiseur de paix en concurrence avec Pékin, ou effet d’un non-alignement neutre à l’écart de Washington et de ses alliés, la rencontre violemment critiquée par V Zelenski a pour l’heure diffusé le sentiment que, grâce à la Chine et l’Inde, et en dépit des efforts occidentaux, Vladimir Poutine était isolé.
Le 9 juillet, lucide, le New-York Times écrivait « La visite d’État a fourni une nouvelle preuve que M. Poutine a réussi à échapper au statut de “paria” dans lequel les dirigeants occidentaux tentent l’enfermer depuis l’invasion de l’Ukraine. »
En l’espace de deux mois il a rencontré deux fois Xi Jinping : le 19 juin, il s’est rendu au Vietnam l’ancien meilleur allié de l’URSS du temps de la guerre froide en Asie du Sud-est ; Il s’est aussi entretenu avec les dirigeants hongrois et biélorusse et a rencontré les dirigeants d’Asie Centrale lors du sommet de l’OCS à Astana le 5 juillet.
Au même moment, jour même de l’ouverture du sommet de l’OTAN à Washington, alors qu’en Ukraine la population pansait ses plaies des attaques missiles de Moscou, des responsables indiens déclaraient que les deux pays avaient conclu divers accords pour renforcer les liens économiques, dans le but d’atteindre 100 milliards de dollars de commerce bilatéral d’ici 2030.
La Russie et l’Inde ont également annoncé le renforcement de leur coopération militaire, notamment pour fabriquer en Inde plus de pièces détachées d’équipements militaires. Ils se sont aussi engagés à plus utiliser un système de paiement échappant au dollar et aux sanctions occidentales.
Modi, qui a déclaré avoir rencontré M. Poutine 17 fois au cours de la dernière décennie, a invité Vladimir Poutine à se rendre en Inde l’année prochaine.
Lors d’une réunion avec des membres de la communauté indienne à Moscou, Tass, l’agence de presse officielle russe, rapportait une parole du premier ministre rappelant que « La Russie était le “véritable” ami de l’Inde ».
Le sous-entendu faisait une claire référence à la guerre froide, quand l’Inde et l’URSS formaient économiquement et stratégiquement un bloc contre l’Occident, au milieu de fortes tensions idéologiques et stratégiques entre New-Delhi et Pékin, qui, aujourd’hui, commencent à l’évidence à se disputer les faveurs russes.
Pour l’heure, la concurrence stratégique entre les deux géants démographiques de l’Asie dont la puissance réelle est fortement déséquilibrée en faveur de la Chine (quand en termes de PIB par tête, la Chine se classe au 73e rang, l’Inde n’est que 125e), a l’effet d’une surenchère permettant de contourner les sanctions occidentales imposées par l’Occident à la Russie de V. Poutine.
Alors que l’Inde achetait peu de brut russe avant l’invasion de l’Ukraine, elle est devenue le deuxième importateur après la Chine. Par-là, elle contribue ainsi à remplir les coffres du Kremlin malgré les interdictions occidentales. Le jeu très lucratif consiste à raffiner le pétrole russe revendu avec d’importants bénéfices aux pays européens qui respectent l’embargo.
C’est peu dire qu’au sommet de l’OTAN, l’équilibrisme de Narendra Modi dont on ne dira jamais assez qu’il est aussi motivé par un arrière-plan de rivalité avec la Chine (lire à ce sujet : L’insistante tension entre la Chine et l’Inde. Une fragilité des BRICS), a touché un nerf sensible.
Le 9 juillet, Mathew Miller, le porte-parole du département d’État, qui commentait l’engagement de Narendra Modi avec Vladimir Poutine, l’exhortait à « indiquer clairement que toute résolution du conflit en Ukraine doit respecter la charte de l’ONU, l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’Ukraine »
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ANNEXE. Bref rappel de l’histoire du « regime change »
A l’été 2023, l’ancien chef des renseignements des Gardiens de la Révolution Hossein Taeb (photo à gauche) avait publiquement révélé que Washington avait assuré à Téhéran qu’il ne visait pas un changement de régime en Iran.
Aux États-Unis toute la classe politique n’est pas sur cette ligne. Le 26 octobre 2023, Myriam Radjavi, épouse de Massoud Radjavi (à droite) un des fondateurs des Moudjahidine du Peuple iranien éliminé par les Mollahs en 2003, eut un franc succès face au Sénat des Etats-Unis quand pour réclamer sans ambiguïté une intervention américaine, elle avait longuement détaillé les exactions du régime, dont le massacre de 38 000 prisonniers politiques en 1988.
Le 14 mai 2024, face à l’Assemblée nationale française, elle avait répété ce message, mis à jour au prisme de la guerre à Gaza : « Aujourd’hui, tout le monde peut voir que la tête du serpent de la guerre au Moyen-Orient, est le régime des mollahs, qui se rapproche aussi de la bombe atomique. Si nous voulons la paix et la stabilité dans cette région du monde, il faut dénoncer le fascisme religieux de Téhéran. » Elle avait ajouté « Aujourd’hui, il ne fait aucun doute que le renversement du régime des mollahs est une condition essentielle pour la paix et la sécurité dans le monde et la région ». Source : Iran International et Wikipédia.
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Le « regime Change » est le remplacement en partie forcé du régime politique d’un pays par un autre.
Il peut advenir par le biais de processus nationaux (coup d’État, révolution, guerre civile, ou plus rarement par des réformes pacifiques comme la « Révolution des œillets » au Portugal, le 25 avril 1974, ou encore en Espagne après la mort de Franco, le 20 novembre 1975, trente-six années après l’échec de la guerre civile, qui fut une très meurtrière tentative interne de « régime change », soutenue par les démocraties de la planète contre la coagulation de l’alliance fasciste des années trente en Europe.
Le changement de régime politique d’un pays peut également lui être imposé par des acteurs étrangers au moyens de la force militaire, d’un chantage diplomatique, ou d’actions souterraines secrètes de déstabilisation.
Depuis le XIXe siècle, les États-Unis, se réclamant de la morale démocratique et du droit des peuples, sont intervenus de nombreuses fois, ouvertement ou secrètement pour provoquer directement ou de manière oblique le remplacement de différents régimes sur la planète.
D’abord à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, dans leur zone d’intérêt stratégique direct d’Amérique Latine et du Pacifique Sud (Mexique, Panama, Honduras, République Dominicaine, Nicaragua, Hawaï, Haïti, Philippines).
Ensuite, durant la 2e guerre mondiale, pour aider puissamment au moyen d’intervention militaires directes, à la défaite du Troisième Reich et de l’Empire japonais, en Europe occidentale, aux Philippines, en Corée, en Chine de l’Est.
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, durant « la guerre froide » contre l’URSS, toujours sous couvert de démocratie et du droit des peuples, mais avec des arrière-pensées clairement hégémoniques sur fond d’aversion inquiète contre l’influence communiste, Truman et ses successeurs ont lutté contre Moscou et ses alliés en élargissant leurs actions au-delà de la zone d’intérêt stratégique directe de l’Amérique, non seulement en Afrique, au Moyen Orient en Asie du sud-est (Vietnam, Philippines, Indonésie) et dans nombre de pays du « Tiers Monde » mais également toujours en Europe.
Selon une étude datant de 2019, de Lindsey O’Rourke, Professeur de sciences politiques au Boston College, les États-Unis sont, au cours de la période 1946-2000, intervenus au moins 81 fois de manière ouverte ou secrète, directement, comme en Iran en 1953, conjointement avec Londres, avec l’objectif de maîtriser la manne pétrolière exactement opposé aux principes démocratiques, ou par des stratégies d’influence, lors d’élections nationales à l’étranger, notamment en Italie (1948), au Japon dans les années cinquante et soixante, aux Philippines (1953), au Liban (1957), en Russie (1996).
La synthèse de O’Rourke suivait celle de H. Levin Professeur de relations internationales et de Politiques publiques à l’université de Hong Kong. Publiée en 2016, elle révélait que, pendant la guerre froide, les États-Unis se sont engagés dans 64 tentatives secrètes et six tentatives manifestes de changement de régime.
Enfin, après la chute de l’URSS, saisis par un hubris de puissance, réagissant aussi de manière intempestive et en se trompant de cible au cataclysme meurtrier qui fut un traumatisme psychologique de grande ampleur, à l’agression sur leur sol, le 11 septembre 2001, les États-Unis ont mené ou soutenu, au prix de graves déboires, deux actions armées d’envergure en Afghanistan et en Irak.
Entraînant leurs alliés dans des conflits impopulaires voués à l’échec, dont le but officiel et improbable condamné par la « rue arabe » islamisée, était d’installer la démocratie dans des pays de culture musulmane, ils ont très largement affaibli leur crédit international pourtant encore haut plus haut après la chute de l’URSS.
Note(s) :
[1] Le « QUAD », né en 2004, après le Tsunami comme une structure d’assistance humanitaire, est devenue en 2017 une enceinte de dialogue de sécurité coagulée autour d’une défiance anti-chinoise regroupant les États-Unis, le Japon, l’Inde et l’Australie. Lors du « Dialogue de Shangri-la » de 2022, à Singapour c’est essentiellement sur ce thème de la sécurité qu’il avait été évoqué.
Ayant exprimé la crainte que l’exemple ukrainien fasse tache d’huile en Asie, le PM japonais Fumio Kishida avait dessiné une stratégie de riposte de l’archipel, visant la Chine.
Condamnant l’agression russe et affirmant clairement ses choix stratégiques aux côtés « des pays aux valeurs politiques identiques » - notamment au sein du « QUAD » qui, lors de la réunion de Tokyo de mai 2022, s’était doté d’une capacité d’aide et d’investissement de 50 Mds de $ destinés à l’ASEAN et aux pays du Pacifique -, mais tournant définitivement le dos à l’arrière-plan pacifiste du pays, Kishida avait annoncé l’augmentation substantielle dans un délai de cinq années du budget de la défense et le renforcement significatif des moyens de contre-attaque militaire.
Le lendemain, c’était au tour du ministre de la Défense américain Lloyd J. Austin de développer avec insistance les mêmes thèmes de la nécessaire cohésion des alliances et de la défense de la liberté de navigation dans une zone dont il a répété qu’elle était toujours au cœur des soucis stratégiques de Washington, en même temps que l’un des principaux moteurs de l’économie globale. Lui aussi s’inquiétait de la contagion violente de la guerre en Ukraine et du non-respect du droit dont les effets se dilateraient en Asie.
Quant à l’Inde de Narendra Modi, jouant de plus belle tous les tableaux, elle avait également renforcé sa participation au « QUAD » et signé avec les États- Unis un accord de sécurité sur le partage d’images satellite.
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