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›› Chronique
Chine-Russie : « Un seul lit pour deux rêves * »
Xi Jinping a une série d’objectifs clés, que Vladimir Poutine peut soutenir. Mais contrairement à leur discours commun, leur amitié n’est pas sans limites. S’il est vrai que les deux qui se sont rencontrés au moins 40 fois au cours des quinze dernières années et se souhaitent régulièrement leurs anniversaires, pour le professeur Junhua Zhang chercheur émérite à l’Institut européen pour les Études asiatiques, aucune des deux parties n’aidera l’autre au détriment de ses intérêts fondamentaux.
Affirmant que « cela est particulièrement vrai pour la Chine », il cite l’exemple du projet de gazoduc Siberian Power 2 de 2 600 km (plus de 1 600 miles), dont Poutine rêve depuis longtemps. Quand la Russie a besoin de la Chine, Xi jinping se soucie d’abord de ne pas dépendre excessivement de Moscou, surtout quand, en matière d’hydrocarbures, d’autres solutions existent.
Par ailleurs des divergences et une flagrante absence de coordination apparaissent à propos de la Corée du Nord, des stratégies en Asie-Pacifique ou des vastes projets chinois d’envergure globale. Ces derniers contrastent avec la posture militarisée d’affrontement direct avec le clan occidental dont l’économie chinoise cultive les marchés.
Enfin, ajoute Zhang, s’il est exact que Xi Jinping ne souhaite pas la défaite de Poutine, « il ne lui tiendrait pas nécessairement la main si les armes occidentales faisaient pencher la balance en faveur de l’Ukraine. Pour la Chine, l’enjeu n’est pas la sécurité de Vladimir Poutine, mais la survie du régime communiste. C’est cela qui prime. »
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(*) « Un seul lit pour deux rêves. Histoire de la détente 1962-1981 » était le titre d’un ouvrage d’André Fontaine, rédacteur en chef du journal Le Monde, paru chez Fayard en 1981. Il décrivait les arrière-pensées et les buts fondamentalement différents des acteurs américain et soviétique durant la détente qui dura dix-neuf ans.
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L’analyse qui suit s’inspire de l’excellent travail Elizabeth Wishnick docteure en sciences politiques de l’Université Columbia, titulaire d’une maîtrise en études russes et est-européennes de l’Université Yale.
Forte de son expertise des relations sino-russes, de la politique étrangère chinoise et des stratégies arctiques, elle avance qu’en dépit du spectaculaire affichage de leur proximité stratégique anti-occidentale, Moscou et Pékin dont les intentions ultimes divergent, ne parviennent pas à coordonner leurs politiques.
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Bien que Xi Jinping et Vladimir Poutine continuent de nier la réalité de leur alliance, leur partenariat s’est renforcé depuis la guerre d’agression menée par la Russie en Ukraine. Dans ce cadre tous deux expliquent que leur pays est la victime d’une stratégie d’ingérence occidentale, dont ils s’efforcent de se protéger.
Après sa présence très médiatisée dans les tribunes de la célébration de la victoire du 9 mai à Moscou, en pleine guerre en Ukraine, Xi Jinping a aujourd’hui beaucoup de mal à accréditer sa neutralité dans le conflit.
Déjà en 2023, Xi et Poutine avaient affirmé dans un communiqué conjoint qu’ils étaient des « partenaires prioritaires », y compris en soulignant que leur relation était « plus avancée » que leur alliance de la Guerre froide.
Tenant compte de cette réalité, en juillet 2024, le sommet de l’OTAN à Washington avait déjà identifié la Chine comme le « facilitateur décisif de la guerre en Ukraine » dont l’efficacité est le résultat du renforcement des relations sino-russes dans le domaine militaro-sécuritaire.
Lors d’une visite en Chine en décembre 2024, Dmitri Medvedev, président du parti Russie unie avait tenté de caractériser la profondeur de cette proximité naturelle en citant le proverbe chinois « 同声相应 tong sheng xiang ying, 同气相求 tong qi xiang qiu – Ceux qui parlent d’une même voix se répondent ; ceux qui partagent le même esprit se cherchent [et se trouvent]. »
Xi Jinping avait renchéri.
En passant sous silence les tensions de l’histoire sino-russe, il explora le même sillon de la proximité innée et substantielle entre grands voisins : « 中俄两国互为最大邻国 发展友关系具有必然 历史逻辑和强大内生动力 La Chine et la Russie sont l’un pour l’autre leur plus grand voisins. Le développement de leurs relations amicales obéit à une logique historique inéluctable et à une puissante force motrice endogène. »
Le narratif d’une amitié nécessaire inscrite dans le destin de « grands voisins »
Oubliant les violentes dissensions de l’histoire le long des 4250 km de frontières communes, dont au passage, les nationalistes chinois continuent à contester la validité, la propagande russe et chinoise entretient les discours sur l’amitié innée et nécessairement vertueuse entre « grands voisins ».
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Cette proximité primordiale innée entre grands voisins se traduit par la poursuite des liens diplomatiques en dépit du mandat d’arrêt de la Cour Pénale Internationale contre le Président russe de mars 2023 pour les crimes de guerre de Boutcha entre février et mars 2022.
Vladimir Poutine est toujours chaleureusement accueilli à Pékin, tandis que Xi Jinping a poursuivi ses visites en Russie, notamment lors du sommet des BRICS à Kazan, du 22 au 24 octobre 2024 (lire : Les BRICS à Kazan. Une mise en scène sino-russe d’appel aux peuples frustrés du monde).
Les deux dirigeants se sont entretenus par visioconférence le 21 janvier 2025, juste après l’investiture de Donald Trump, au cœur de leurs inquiétudes communes dont la force s’est exprimée durant la dernière visite officielle du Président chinois à Moscou du 7 au 10 mai.
Les deux ont évoqué leur besoin commun de faire face aux « incertitudes de l’environnement extérieur » et de renforcer « la stabilité et la résilience » de leurs relations. Le besoin commun de « certitude, de stabilité et de résilience », faisait par contraste référence au chaos diplomatique provoqué par les brutaux changements de pied de l’Amérique gouvernée par D. Trump.
Malgré les dénégations chinoises [1], la proximité Moscou – Pékin se lit d’abord dans le soutien hybride - en effet non létal mais non moins efficace - par la création d’entités financières destinées à contourner les sanctions ciblant les paiements transfrontières et par l’exportation chinoise d’un vaste éventail de biens à double usage.
Ces derniers vont des équipements de navigation aux microprocesseurs en passant par des pièces de rechange de moteurs aéronautiques auxquels s’ajoutent en violation directe de l’embargo, des équipements clairement sensibles tels que des dispositifs de brouillage, des munitions et des drones de combat fabriqués en Chine – notamment au Xinjiang et à Shenzhen (lire : Neutralité de façade et augmentation des relations commerciales.).
La proximité sino-russe affichée lors des JO d’hiver de Pékin de 2022 (Mise en scène stratégique sino-russe dans le cadre gandiose des JO) se traduit aussi par l’augmentation du nombre d’exercices militaires conjoints pour la plupart entre unités navales, en mer du Japon, dans les parages du détroit de Béring, en mer baltique, dans le Pacifique occidental et même en Méditerranée.
En 2024, la fréquence de exercices et leur ampleur ont augmenté. Ils visaient à afficher la solidarité sino-russe à vue directe des côtes américaines.
Peu après le passage de trois navires de guerre chinois près des îles Aléoutiennes, dans la zone économique exclusive de l’État d’Alaska, les 6 et 7 juillet, un groupe de quatre bombardiers stratégiques chinois et russes ayant pour la première fois décollé de la base aérienne russe d’Anadyr en Extrême russe, ont, le 24 juillet, participé à une patrouille conjointe dans la même zone, près des îles Aléoutiennes, élargissant ainsi l’intrusion des aéronefs militaires chinois jusqu’aux abords des eaux américaines.
La démonstration était clairement une riposte aux déploiements des marines occidentales dans les parages de Taïwan et dans le Détroit que Pékin considère comme des irruptions hostiles dans les eaux chinoises.
Au cours de la même semaine, deux navires chinois ont également pris part aux célébrations de la Journée de la marine russe dans le golfe de Finlande, témoignant de l’implication de l’Armée populaire de libération, dans des activités aux deux extrémités de la route maritime du Nord bordant l’Arctique russe.
Sur ce thème de l’extension du conflit hors du théâtre des opérations directes, Pékin est aussi resté remarquablement silencieux sur le rôle de la Corée du Nord en Ukraine.
Le 1er novembre 2024 son porte-parole avait contre toute évidence niée avoir connaissance de la coopération entre Moscou et Pyongyang conclue en juin 2024, prévoyant l’envoi de 11000 hommes sur le théâtre ukrainien et la poursuite de l’aide logistique en munitions – entre 2 et 6 millions d’obus – (beaucoup étaient défectueux) dont les livraisons avaient commencé fin 2022.
Un autre domaine où la coopération sino-russe s’accroit en Europe depuis 2023 est celle des opérations dites de « zone grise » ou les deux agissent en parallèle voire en équipes pour espionner ou, par des « trolls » sur les réseaux sociaux, semer la division au sein des démocraties européennes.
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Pour autant, en dépit de la richesse des affichages et de la profusion des actions communes directes ou indirectes, dont le but est d’étaler leur hostilité commune à la domination du monde par l’Occident et les États-Unis, la question se pose de la cohérence de leurs projets stratégiques, qu’il s’agisse de l’énergie, de l’Arctique, de la Corée du Nord, du « Sud global » ou même du Pacifique occidental.
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Une absence flagrante de coordination stratégique.
Photo du gazoduc Power of Siberia 1. Opérationnel depuis 2019, il relie les gisements arctiques russes de Yakutia dans la région d’Irkoutsk à la Chine de l’Est. En revanche, malgré l’insistance russe, Pékin continue d’ignorer le projet Siberia 2 vers la Chine occidentale via la Mongolie. A Pékin l’heure est à la diversification des sources. Devenu le principal client du Qatar, la Chine a récemment signé avec lui deux protocoles d’accord de livraison de gaz.
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Énergie / Arctique.
Dans le secteur de l’énergie où, au cours des deux dernières années - 2022-2024 -, la Chine a acheté 47% des exportations russes de pétrole brut, 46% de son charbon, 27% de son gaz par gazoduc et 22% de son GNL, des discordances et des difficultés ont commencé à apparaitre.
Initialement, la Russie a cherché à contourner les sanctions frappant ses projets de GNL arctique à Yamal en s’appuyant sur la demande chinoise. Mais, alors qu’en 2023, 90% des combustibles fossiles arctiques, 70% du pétrole et 15,5% du fer étaient transportés par voie maritime, les sanctions américaines ciblant les 180 navires de la « flotte fantôme » russe ont commencé à gêner les manœuvres d’évasion y compris celles du flux des technologies chinoises destinées au développement des projets gaziers de Yamal.
Du coup, un hiatus a surgi dans la coordination des projets énergétiques de long terme. Alors que Pékin affirme vouloir augmenter la quantité de gaz importée de Russie par le gazoduc Power of Siberia en Sibérie orientale, les projets d’un deuxième gazoduc – Power of Siberia 2 – vers l’Est de la Chine via la Mongolie n’ont pas progressé malgré les efforts de Vladimir Poutine pour convaincre Pékin de le mener à bien.
Pire encore, lors de leurs rencontres de 2024 à Kazan, ils n’ont pas évoqué le projet, même si, lors d’une interview à la presse chinoise en octobre 2023, V. Poutine s’était montré confiant. En arrière-plan, à la fois un sérieux désaccord sur les prix que la Chine tente de faire baisser en se prévalant d’une chute de sa consommation et l’hypothèse qu’elle cherche une solution alternative, notamment au Kazakhstan.
Un autre déficit de coordination est apparu à la faveur de la guerre en Ukraine à propos de la relation de Moscou et Pékin avec Pyongyang.
Corée du Nord.
C’est peu dire que Pékin s’agace de ne pouvoir tenir rêne courtes cette chasse gardée stratégique qui s’émancipe avec Moscou, alors qu’elle dépend à 90% de ses échanges commerciaux avec la Chine.
A Pékin l’appareil politique voit d’un très mauvais œil que Vladimir Poutine et Kim Jong-un internationalisent le conflit en Ukraine, donnant une image calamiteuse des capacités de combat terrestre du contingent Nord-Coréen dont, selon les services secrets sud-coréens, 4700 tués ou blessés auraient été mis hors de combat en six mois.
Preuve s’il en fallait qu’entre Pyongyang et Pékin l’ambiance s’est aigrie, en 2024, aucun événement commun n’a célébré le 75e anniversaire de l’établissement de leurs relations diplomatiques, le 6 octobre 1949.
Plus encore, l’accord bilatéral prévu pour une aide alimentaire chinoise en échange d’un accès aux minéraux stratégiques du nord de la péninsule, est resté dans les limbes, tandis que Pyongyang rendait bruyamment public son nouveau partenariat avec Moscou.
Le 1er novembre 2024, évoquant lors d’une conférence de presse régulière l’engagement en Ukraine du contingent nord-coréen, Lin Jian le porte-parole affirmait ne pas être au courant.
Compte tenu de la fréquence des dialogues sino-russes de sécurité, notamment des discussions portant spécifiquement sur les questions stratégiques en Asie, l’affirmation est difficile à croire. Si elle était avérée, elle témoignerait d’un très choquant manque de transparence dans le partenariat sino-russe.
En Indopacifique, la multiplication des exercices militaires sino-russes soulève aussi la question de leur finalité.
Indopacifique.
S’il s’agissait d’améliorer leur interopérabilité tactique, la question se pose du rôle des forces navales russes en cas de conflit dans le détroit de Taïwan où elles risquent un affrontement direct avec l’aéronavale américaine. En réalité, il est probable que leur coordination ne dépassera pas le stade d’actions hybrides. Celles-ci pourraient se éployer de deux manières.
1. Soit par le sabotage dans la même veine de celui ayant, fin novembre 2022, coupé à seulement quelques heures d’intervalle, deux câbles sous-marins de fibres optiques internet en mer baltique, l’un entre la Suède et la Lituanie, l’autre entre la Finlande et l’Allemagne.
Les soupçons sans preuves s’étaient à l’époque portés sur le cargo chinois Yi Peng III - 伊鹏3号 - qui, venant de Saint-Pétersbourg, avait stoppé dans les parages des sabotages.
2. Soit par des actions de désinformation menées conjointement avec la Russie sur la guerre en Ukraine et symétriquement toujours conjointement sur la question de Taïwan.
Les opérations publiant des photos générées par l’IA insistent par exemple sur les divergences au sein de l’OTAN, sur l’absence de légitimité du Président ukrainien, la résilience de l’économie russe malgré les sanctions, les sentiments prochinois et anti-guerre à Taiwan ainsi que sur les dérives chaotiques de la démocratie de l’Île (lire : Le KMT devient-il une « cinquième colonne » pro-Pékin ?).
A propos de Taïwan une fêlure sino-russe est récemment apparue entre Pékin et Moscou. Quand la déclaration russe faisait état de l’appartenance de l’Île à la Chine sans en préciser le régime, le discours de l’appareil communiste chinois a corrigé en précisant que Moscou avait reconnu son « appartenance à la République Populaire. »
Enfin, le manque de coordination entre Moscou et Pékin apparaît clairement dans leur relation respective au monde.
Quelle coordination globale ?
Signe que Pékin entend ménager ses débouchés européen et américain, sur un mode moins hostile que Vladimir Poutine, le Vice-premier ministre He Lifeng nº14 du BP, en charge de l’économie, proche ami de Xi Jinping, était en Suisse et à Paris du 9 au 16 mai, tout juste après avoir conduit la délégation chinoise aux négociations commerciales de Genève avec Washington.
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Pour aller à l’essentiel, s’il est exact que les deux se retrouvent au sein des BRICS ou de l’OCS pour diffuser une contestation de l’ordre mondial occidentalisé de l’après-guerre, Pékin aux prises avec un freinage de sa croissance, doit aussi concilier sa coopération avec Moscou avec son souci de ménager ses relations avec les États-Unis et l’Europe, ses principaux marchés d’exportation.
Les récentes négociations de Genève sur les droits de douane ayant abouti à un accord entre Scott Bessent et He Lifeng, vice-premier ministre et proche ami de Xi Jinping et la visite de ce dernier en Suisse et en France du 9 au 16 mai sont les meilleurs exemples des intentions chinoises de ne pas se couper des débouchés occidentaux.
A l’Université de Fudan, Zhao Huasheng, expert reconnu de la Russie note que Moscou et Pékin ont des conceptions différentes de la mondialisation et de l’ordre mondial, la Russie mettant l’accent sur les approches anti-occidentales et la Chine sur l’inclusion – il est vrai sous direction chinoise portant son concept de « communauté de destin pour l’humanité 人类命运共同体 -. »
De même, les projets chinois d’organisation globale du monde sous l’égide de Pékin proposant ses initiatives globales de développement 全球发展倡议 ; de sécurité 全球 安全 倡议 et de civilisation 全球 文明 倡议- », n’ont aucune chance de séduire la pensée de renouveau impérial post-guerre froide de Vladimir Poutine.
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Il faut de se rendre à l’évidence, la guerre menée par la Russie en Ukraine a renforcé la coopération sino-russe. Très visible dans les domaines militaire, sécuritaire et commercial, elle affiche une convergence géopolitique de contestation de l’Occident et des États-Unis.
Mais jusqu’à présent, la nécessaire coordination pour harmoniser leurs objectifs stratégiques n’a pas suivi. La réalité est que la Chine et la Russie partagent des visions du monde différentes. Le moins qu’on puisse dire est que leurs routes sont divergentes.
Note(s) :
[1] Les narratif de Pékin sur sa neutralité dans le conflit ukrainien s’appuie d’abord sur ses affichages de médiation, en réalité pas plus neutres que ceux de D. Trump (lire : Pékin, carrefour des médiations pour la paix en Ukraine) et quelques prises de position attestées notamment avec le Brésil condamnant l’utilisation d’armes de destruction massive ou le ciblage par Moscou de centrales nucléaires ukrainiennes.
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