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›› Economie

Excédent commercial record et freinage de la croissance

En 2025, l’excédent commercial chinois a atteint le record de 1189 milliards de dollars. Le chiffre impressionnant équivalant au PIB brut de l’Arabie saoudite, doit être mis en perspective. Il est le résultat des indéniables atouts chinois que sont le réseau portuaire, la puissance manufacturière, la stabilité des chaines d’approvisionnement et le contrôle sans partage des flux de conteneurs.

Selon les autorités chinoises elles-mêmes, Il est aussi l’effet des surestimations des pouvoirs locaux pouvant atteindre entre 4 et 7% de la valeur réelle des exportations déclarées.


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La note qui suit analyse deux statistiques officielles pour l’année 2025, abondamment commentées par les médias. Le très important excédent commercial dépassant largement 1000 milliards de $ et la croissance à +5% dont l’appareil dit qu’il correspond à ses prévisions.

Au milieu des accusations avérées de « dumping » qui tire les prix vers le bas pour augmenter les ventes chinoises hors du marché américain, la vérité est tout de même que la Chine bénéficie aujourd’hui d’un vaste réseau d’échanges implanté le long des « Nouvelles routes de la soie » articulé autour d’une très efficace chaîne d’infrastructures portuaires, reparties sur tous les continents.

Totalement ou en partie contrôlé par des investissements chinois, notamment par le géant d’État COSCO (China Ocean Shipping Company), nº4 mondial et sa filiale hongkongaise OOCL (Orient Overseas Container Line), le maillage qui accélère les échanges permet aussi de dominer le mouvement mondial des conteneurs, points clés du transport maritime moderne.

A ces puissants atouts structurels résultats d’une stratégie de longue date lancée au début des années 2000, s’ajoutent les incitations locales qui subventionnent les exportateurs, tandis que l’opacité du maquis administratif conduit volontairement ou pas, parfois hors de la légalité, les pouvoirs locaux à surestimer les chiffres de leurs performances à l’export.

Réalités tangibles et faux semblants de l’excèdent commercial.

Le 14 janvier dernier, le Bureau National des Statistiques publiait qu’en 2025, la Chine avait enregistré son plus important excédent commercial de l’histoire à 1190 milliards de $ en hausse de 20% depuis 2024. Le chiffre exceptionnel est égal à la somme des excédents commerciaux des dix pays qui suivent la Chine dans le classement des économies mondiales.

La performance a été réalisée en dépit des taxes infligées par D. Trump à l’entrée des produits chinois aux États-Unis et une sévère contraction de 20% des exportations chinoises vers l’Amérique et, en sens inverse, le recul de 14,6% des importations de produits américains par la Chine.

Pourtant, la plupart des analystes avertissent que, sur fond d’incertitudes provoquées par la politique douanière américaine, la dépendance croissante aux exportations rendra la Chine plus vulnérable aux tensions commerciales mondiales.

Une des plus claires mises-en-garde est venue d’Alicia Garcia-Herrero, économiste en chef pour l’Asie-Pacifique à la banque française Natixis.

Elle pointait du doigt le très volontariste dumping des prix de Pékin destiné à amplifier sa puissance commerciale vers l’ASEAN, l’Afrique et le long des Nouvelles routes de la soie : « La Chine stimule sa croissance par les exportations à perte, ce qui n’est pas viable. Baisser les prix permet certes de maintenir les volumes, mais cela impacte les bénéfices et, à terme, la croissance. »

Le but de cette contraction des prix chinois qui facilite l’export hors Amérique, n’est pas économique mais stratégique. Il s’agit de montrer la résilience de la Chine à D. Trump qui lui ferme le marché américain (lire : Résilience et incertitude au milieu des secousses de la guerre commerciale).

Pour autant les chiffres du BNS doivent être mis en perspective et considérés d’abord comme le résultat vertueux pour la Chine de la poursuite du vaste élan extérieur lancé par l’appareil et Jiang Zemin, en 2000, au moyen de la stratégie dite de la « Grande ouverture vers l’Ouest 西部大开发 », dont il est nécessaire de rappeler qu’à l’époque, elle était déjà un choix stratégique réagissant à l’essoufflement relatif du développement intérieur.

Depuis cette époque, l’élan extérieur n’a cessé de se renforcer par la stratégie globale des « Nouvelles routes de la soie » lancée par Xi Jinping en 2013.

La manœuvre s’est doublée d’un vaste projet de contrôle partiel ou total des grands ports du commerce international, principalement en Europe (Valence, Bilbao, Dunkerque, Le Havre, Fos, Le Pirée, Malte, Zeebrugge, Rotterdam), en Afrique (Djibouti, Alexandrie, Mombasa, Dar-es-Salam, Likki au Nigéria) en Asie (Singapour, Kuantan en Malaisie), en Asie du sud (Ceylan, Gwadar au Pakistan) et en Amérique latine (Chancay au Pérou et Canal de Panama.)

Dans un long article publié le 6 janvier dans « The Diplomat » intitulé « Quelle est la réalité des mille milliards de surplus commercial chinois ? », Yang Qin, analyste indépendant basé à Los Angeles, spécialisé dans le suivi de la gouvernance chinoise, expert de ses données économiques et commerciales et de l’impact international des choix politiques de Pékin, reconnait les facteurs structurels favorisant les surplus.

Les atouts structurels chinois à l’export et la fiabilité aléatoire des statistiques.


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Les points forts de l’export chinois sont la fragmentation de la demande mondiale, l’ampleur du secteur manufacturier domestique, la relative stabilité de ses chaînes d’approvisionnement et certaines pratiques d’exportation dites « intermédiaires 买单出口 » par le biais de Tiers qui réduisent les risques financiers et accélèrent l’accès aux marchés complexes.

Surtout, Yang Qin mentionne la capacité chinoise d’organisation globale décuplant le volume des échanges par ses investissements d’acquisition intégrale ou partielle d’un vaste réseau mentionné plus haut de quais de manutention portuaires.

Il faut y ajouter la part grandissante chinoise dans le transport de pétrole brut, de GNL et de vrac sec attribuée à China Merchants Energy Shipping (CMES) et la domination chinoise du transport des conteneurs vides ou pleins, construits à plus de 90% en Chine, sur toutes les mers du globe par le géant d’État COSCO (China Ocean Shipping Company), nº4 mondial et sa filiale hongkongaise OOCL (Orient Overseas Container Line).

Mais, dit Yang Qin, les chiffres record officiels soulèvent une question insistante et politiquement délicate : « Dans quelle mesure reflètent-ils la réalité de l’activité commerciale ? » Dans certaines régions, les administrations locales accordent des incitations fiscales liées aux volumes d’exportation déclarés. Ces incitations, souvent gérées par les services commerciaux de la province, peuvent varier de quelques centimes à plusieurs dizaines de centimes par dollar exporté.

Dérive opportuniste, certaines sociétés commerciales achètent les données d’exportation d’entreprises d’autres régions, généralement petits producteurs ou sociétés d’export ne bénéficiant pas, faute de volume suffisant, des incitations financières publiques à l’export.

Ainsi, des volumes d’exportations qui n’ont été ni produits ni gérés localement sont reclassés dans le portefeuille des sociétés commerciales qui font bénéficier leurs clients des subventions locales et du remboursement de l’impôt national à l’exportation.

La pratique brouille la distinction entre les exportations déclarées par la société commerciale et celles effectuées directement par l’entreprise, créant ainsi les conditions, au mieux d’une surévaluation ou, au pire, du double comptage des chiffres de l’export.

Prenant soin de préciser que l’analyse ne peut pas être généralisée, Yang Qin, ajoute néanmoins que des éléments disponibles suggèrent que certaines administrations locales ont tacitement toléré, voire encouragé, ces pratiques en connaissance de cause. Dans quelques cas, documentés par la justice, elles ont directement été assimilées à de la corruption impliquant des fonctionnaires locaux.

Il ajoute que les mouvements de « conteneurs vides » (30 a 40% des conteneurs voyagent vides) constituent un phénomène plus extrême et moins fréquent. Déclarés dans les catégories « import » ou « export », mais sans marchandises, ils génèrent néanmoins une valeur commerciale déclarée mais factice, qui contribue au soupçon de distorsion des données.

Pour autant, du fait de l’opacité inhérente à l’administration chinoise, il est impossible de déterminer dans quelle mesure ces pratiques gonflent les données commerciales officielles de la Chine. Les chercheurs et analystes chinois eux-mêmes estiment généralement que la surestimation des données pourrait représenter entre 4 et 7% de la valeur réelle des exportations déclarées.

Soit, dans le cas présent, rapportée à la valeur totale affichée de 3800 milliards de $ d’exportations en 2025, la distorsion varierait entre 152 et 266 milliards de $.

A la vérité, précise Yang Qin, les autorités chinoises semblent de plus en plus conscientes des risques de falsification. Depuis début 2025, plusieurs ministères – dont ceux des impôts, des finances, du commerce, des douanes et des agences de régulation des marchés – ont publié des directives conjointes interdisant les chiffres falsifiés de l’exportation, les valeurs déclarées erronées et l’utilisation abusive à des fins de corruption des remboursements de taxes à l’exportation.

De nouvelles règles fiscales sont en apparence coercitives. Elles précisent que dans le cadre des exportations réalisées par l’intermédiaire d’agences, les entreprises qui ne déclarent pas et ne vérifient pas correctement l’identité du véritable exportateur seront pleinement redevables de l’impôt à l’export payable par les sociétés elles-mêmes.

L’orientation politique est claire. Il s’agit d’améliorer l’intégrité des données, de freiner les fraudes fiscales à l’export et de réduire les risques de frictions avec les partenaires commerciaux étrangers. Ces rappels à l’ordre officiels indiquent que Pékin considère les statistiques d’exportation non seulement comme un défi économique, mais aussi comme un enjeu de la crédibilité internationale de son administration.

Au total, l’excédent record de la Chine doit être interprété avec nuance. Il ne reflète ni uniquement sa compétitivité sur les marchés, ni principalement une manipulation statistique. Il est plutôt l’effet de l’interaction entre de sérieux atouts structurels construits de longue date et les incitations des pouvoirs locaux, parfois pervertis par la corruption autour des subsides à l’export.

Permettant de tirer les prix à l’export vers le bas, les subventions octroyées de manière opaque sont aussi le terreau de malversations et de falsifications que le pouvoir central, conscient de l’effet délétère des maquillages, s’efforce officiellement de réprimer.

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Inquiétude autour des chiffres de la croissance en 2025.

Entre 2010 et 2025, la croissance a chuté de 11% à 5%.


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Le 19 janvier, le BNS publiait le taux de croissance de l’économie 2025 arrêté à +5% - soit 19 600 milliards de $ -, en précisant qu’entre le premier et le quatrième trimestre, la croissance avait chuté de +5.0% à +4.5%. Hors période Covid, durant laquelle il était tombé à seulement +2,2%, le taux 2025, est le plus bas depuis 30 ans.

En même temps, Kang Yi, le directeur du Bureau national des statistiques, déclarait que l’économie du pays était « confrontée à des problèmes et des défis dont l’essentiel étaient une offre abondante et une faible demande  ». Il ajoutait cependant que la Chine serait en mesure de « maintenir une dynamique de croissance stable et solide en 2026  ».

Examinant dans le détail les facteurs de la croissance, on constate en effet que les services et l’industrie manufacturière de pointe ont joué un rôle déterminant, tandis que la consommation et les investissements sont restés à la traîne ou sont en recul. Alors qu’en moyenne en 2025, les ventes de détail ont augmenté de +3,5%, en décembre la hausse n’était plus que de +0,9%.

Quant aux investissements, en 2025, ils ont reculé à moins 3,8% dans les actifs fixes des entreprises et à moins 2,2% dans les infrastructures. Seuls les investissements dans le secteur manufacturier ont légèrement augmenté à +0,6%.

Plus largement, les données mettent en lumière la transition structurelle en cours, à l’aube du quinzième plan quinquennal 2026-2030.

Alors que le discours de l’appareil insiste sur stabilité macroéconomique, les tendances sectorielles sous-jacentes indiquent que l’économie est en train de se rééquilibrer en faveur de la modernisation industrielle (voir notre article : 4e plenum : Confirmation de la bascule qualitative pour une économie de combat. Priorité aux hautes technologies), de la prévalence des services et des marchés extérieurs.

Dans ce tableau, la donnée politiquement la plus préoccupante pour l’appareil signalant une mauvaise répartition des fruits de la croissance, est que dans un contexte général où la prédominance de la population rurale reste encore élevée à plus de 32%, le PIB par habitant à 14 000 $, place la Chine au 77e rang mondial.

Plus encore le revenu annuel disponible par habitant - qui mesure le pouvoir réel des ménages après impôts et transferts, n’est que de 6070 $, comparé aux 37 000 $ américains aux États-Unis, aux 30 579 € (36 000 US $) en Allemagne et aux 29 600 € (35 000 US $) en France.

Recoupant les annonces en demi-teinte de Kang Yi, Directeur du Bureau National des Statistiques et alors que les prévisions 2026 suggèrent que la croissance pourrait continuer à freiner à seulement +4%, l’économie reste d’abord marquée par le marasme du secteur de l’immobilier.

La baisse des prix de 30 à 40% depuis 2021, impacte directement la confiance des ménages qui, après le marché boursier dont l’État fait la promotion avec cependant quelques déconvenues (lire : Les montages russes des « Actions A ») dues à l’inexpérience des nouveaux acteurs de la classe moyenne, se tournent vers des achats d’or dont la valeur à récemment augmenté à 4100 $ l’once soit une hausse supérieure à 300% en dix ans.

Les autres refuges traditionnels des épargnants restent l’assurance et les produits de gestion de patrimoine.

La fin du modèle traditionnel de croissance.

L’extraordinaire capacité de la machine industrielle génère des surplus importants, dépassant les besoins domestiques que la Chine exporte en écrasant les prix.


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Au milieu des tensions géopolitiques entre les États-Unis, la Chine, la Russie et l’Iran augmentées des incertitudes douanières déclenchées par D. Trump, au-delà de la chute démographique, de la baisse de la consommation et du chômage des jeunes diplômés -18,5% en 202 5 - que l’État ne parvient à corriger, signe d’une défiance politique et du ralentissement de l’économie, la persistance des fragilités indique que l’ancien modèle de croissance, fondé sur le financement des infrastructures et de l’immobilier par la dette, pourrait avoir atteint ses limites.

Sans préjuger des capacités de rebond de la puissante modernisation industrielle en cours par l’IA [1] (lire : Au milieu des tensions, une irrésistible modernisation à marche forcée tous azimuts), force est de constater que d’importantes vulnérabilités structurelles demeurent.

Il s’agit d’abord des surcapacités industrielles portant un risque de déflation et du déséquilibre entre l’offre et la demande.

Ce dernier est la conséquence du choix de Xi Jinping d’investir massivement dans les « nouvelles forces productives », leviers majeurs des secteurs en pointe tels que les véhicules électriques, les panneaux solaires et les batteries dont les avantages de prix comparatifs ont créé une demande et, par réaction, une offre mondiale massive venant de Chine, dépassant largement la demande intérieure chinoise.

Une autre vulnérabilité est l’endettement des collectivités locales qui, ayant perdu la manne financière de la vente des terrains immobiliers, doivent emprunter pour assurer les services sociaux [2] ;

Simultanément, la baisse des profits des entreprises, conséquence de la féroce compétition interne qui oblige les acteurs, dans une course au « mieux disant », à tirer leurs prix vers le bas, provoque, par une impitoyable sélection, la faillite en série des plus fragiles [3].

Pour Sophie WieviorkaLa du Crédit Agricole, « la puissance planificatrice de la Chine souffre de ses excès. L’existence de cibles de croissance, la mise en concurrence à tous les niveaux administratifs pour obtenir des subventions, l’exigence de résultats ont poussé les gouvernements locaux, en lien avec les entreprises, à laisser en place des capacités de production excédentaires. »

Note(s) :

[1La production industrielle est restée l’un des piliers de l’économie chinoise en 2025. Le secteur manufacturier a en effet affiché des performances supérieures à celles du reste du secteur industriel, avec une valeur ajoutée de la production en hausse de 5,9% sur un an. Plus encore, la fabrication d’équipements industriels (machines-outils) et de biens de haute technologie pilotés par l’IA a enregistré une croissance de plus de 9%, dépassant largement la moyenne nationale chinoise.

[2En 2025, la dette totale de la Chine (incluant les dettes publiques, privées et des ménages) a explosé pour atteindre entre 280 et 300 % du PIB.

[3Selon une analyse du Crédit Agricole, « Le cas du secteur automobile est peut-être le plus symptomatique du phénomène de concurrence destructrice. » Entre 2017 et 2024, les profits des constructeurs automobiles tirés vers le bas par la férocité des compétitions, ont baissé de 33%, alors que, sur la même période, les ventes n’augmentaient que de 21%.

NDLR : « La concurrence destructrice », est un des symptômes du phénomène d’involution qui désigne l’état d’un système qui, ne pouvant ni se stabiliser, ni se transformer, ne peut plus que se compliquer, nourrissant lui-même, sans évoluer, les dysfonctionnements qui le minent.)

Citée par Sophie Wieviorka du Crédit Agricole, la Deutsche Bank a récemment proposé une métaphore de l’involution « Imaginez un théâtre rempli dans lequel tout le monde est assis, jusqu’à ce qu’une personne se lève pour mieux voir, forçant rapidement l’intégralité de la salle à en faire de même. À la fin, tous les spectateurs sont de nouveau égaux. Tous sont debout, mais la plupart ne voient toujours pas la scène. »

 

 

Guerre en Iran. Sous la résilience économique chinoise, les craintes de l’instabilité

[22 avril 2026] • Jean-Paul Yacine

La Conférence centrale sur le travail économique. Une feuille de route pour 2026

[17 décembre 2025] • François Danjou

4e plenum : Confirmation de la bascule qualitative pour une économie de combat. Priorité aux hautes technologies

[29 octobre 2025] • François Danjou

Résilience et incertitude au milieu des secousses de la guerre commerciale

[24 juillet 2025] • Jean-Paul Yacine

Résilience, efforts de stabilisation financière, branle-bas de modernisation high-tech et morosité de la Chambre de commerce européenne

[1er juin 2025] • François Danjou