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›› Economie

Dynamisme de la forte valeur ajoutée, anémie de la consommation, discrète reprise de l’immobilier

Lors de la réunion de l’ANP en mars dernier, le Premier ministre Li Qiang avait annoncé un objectif de croissance annuelle compris entre 4,5 % et 5 %. Les dernières estimations des experts signalent qu’il voyait juste.

Il est probable qu’en 2006, elle restera entre + 4,5 et + 4,6 %, toujours freinée par la chute persistante des investissements, une consommation restée atone, et le marasme de l’immobilier loin d’être résorbé, en dépit de timides reprises dans les villes de premier rang.


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L’économie continue de présenter un aspect contrasté entre les secteurs de haute technologie et de la production affichant de bonnes performances, tandis que la plupart des autres pôles sont à la traine.

Dans l’industrie, le dynamisme est resté concentré autour des fabrications à plus forte valeur ajoutée telles que les équipements électroniques (ordinateurs, équipements de communication) en hausse de + 17,2 % sur un an, suivie des équipements de transport - automobile et batteries, matériels ferroviaires, naval et aérospatial - + 13,4 % en moyenne, et d’une longue liste d’outillages spécialisés portant la modernisation du tissu industriel (machines-outils, lasers, robots, équipements de contrôle et de stockage automatisé, autoclaves et malaxeurs industriels, ponts roulants) à +11,4 %.

La puissante énergie du secteur est clairement favorisée par la demande extérieure, condition de la forte croissance des exportations.

Ses produits phares rappelés par tous les médias occidentaux sur un mode alarmé décrivant une vague invasive irrésistible, sont les batteries lithium-ion dont la production a bondi de + 57,2% en un an, les robots industriels + 34,6 %, les véhicules à énergie nouvelle + 21,9 % et les circuits intégrés à semi-conducteurs à + 20,6 %.

En revanche, effet des mesures de protection installées par les États-Unis et l’Europe, les cellules solaires, les smartphones et les équipements informatiques ont enregistré des baisses à deux chiffres. En interne, la tendance souligne la naissance d’une divergence au sein du secteur manufacturier de pointe.

Globalement, alors que la fabrication d’équipements et la production manufacturière de haute technologie ont progressé respectivement de 12,1 % et 16,7 %, le secteur manufacturier continue lui aussi à sur-performer avec une croissance annuelle de + 6,1 %.

En revanche, en août, les pressions sur les équilibres intérieurs n’ont pas cessé. Elles se sont traduites par la faiblesse des investissements et une demande intérieure restée atone, avec cependant l’espoir des analystes d’un rebond au quatrième trimestre à condition que les soutiens de l’État commencent à porter leurs fruits.

Chute des investissements, freinage de la consommation.

Le graphe produit par la société américaine YCC Capital Management montre que, depuis la fin mai 2025, la croissance des investissements restée stable entre + 3,40 et + 4 % depuis 2023, n’a cessé de chuter pour tomber à - 5,70 % à la fin juin 2026.


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Principal symptôme de freinage macroéconomique, selon toutes agences d’analyse, la croissance des investissements en actifs fixes (IAF) de long terme - pour, entre autres, la construction de bâtiments et d’infrastructures, les achats de machines et d’équipements de transport et d’informatique - , a reculé de 7,2 % au cours des huit premiers mois de l’année 2026.

Les statistiques du BNS marque la persistance d’un ralentissement des investissements publics et privés commencé en 2024 et accélérée en 2025.

Alors que le secteur de la haute technologie reste logiquement préservé avec une progression sur un an des IAF de + 5,2%, les ressources étant canalisées vers la course à l’Intelligence artificielle, la modernisation industrielle et l’objectif de l’autonomie technologique de Xi Jinping, le recul touche les infrastructures (- 4,0 %), l’industrie manufacturière ( - 2,3 %) et, toujours plongé dans un marasme persistant, l’immobilier (- 19,9 %).

Selon les BNS, le ralentissement des ventes au détail met en évidence la faiblesse de la consommation.

En août, leur croissance a encore ralenti pour s’établir à seulement + 0,4 % sur un an (contre 0,6 % précédemment). Le chiffre était inférieur aux attentes du marché (+ 0,8 %) et aux prévisions des experts ( + 0,7 %). Il s’agit du deuxième mois consécutif de ralentissement, ramenant la croissance cumulée des ventes au détail depuis le début de l’année à seulement + 1,1 % sur un an.

L’analyse détaillée révèle quelques catégories clés qui continuent de peser lourdement sur les résultats, compris sur le secteur automobile.

Les ventes automobiles ont en effet constitué le principal frein, chutant de 18,5 % sur un an. Bien que la Chine soit à la fois le premier producteur et le premier consommateur de véhicules électriques — et en dépit des exportations soutenues —, il est un fait que le recul de la demande intérieure a pesé sur le secteur automobile cette année.

Les prix de l’immobilier poursuivent leur lente érosion.

Le graphe publié par Bloomberg montre la chute des prix de l’immobilier d’occasion. Depuis 2022, le prix du mètre carré a baissé de 37 % à Shanghai, 36 % à Pékin, 39 % à Canton et 42 % à Shenzhen.


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Selon le BNS, au mois d’août, dans un échantillon de 70 villes, les prix des logements neufs ont reculé de 0,17 % d’un mois sur l’autre, tandis que ceux des logements anciens ont baissé de 0,31 %. Ce rythme de baisse est comparable à celui observé en juillet.

Un espoir de reprise cependant. L’analyse par ville révèle que, sur les 70 villes étudiées, 21 ont vu les prix des logements neufs se stabiliser ou repartir à la hausse en août. En revanche, sur le marché de l’occasion, - situation inchangée par rapport à juillet -, seules 8 villes ont connu une stabilisation ou une hausse des prix.

Une autre note positive est que les prix de l’immobilier dans les villes de premier rang ont affiché une bonne tenue. Même s’ils ont légèrement fléchi à Pékin, ils ont progressé à Shanghai, Shenzhen et Canton. Une stabilisation des prix de l’immobilier débuterait probablement par ces grands centres urbains, où la demande est la plus pressante.

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Au total, en élargissant la focale à la situation macroéconomique, s’il est exact que l’activité industrielle, la persistance de la demande extérieure, et la puissante montée en gamme technologique plusieurs fois décrite par QC (Lire : https://www.questionchine.net/la-puissante-dynamique-des-grands-projets-en-depit-des-vents-contraires & https://www.questionchine.net/4ieme-plenum-confirmation-de-la-bascule-qualitative-pour-une-economie-de-combat constituent les moteurs dynamiques de la croissance, il n’en reste pas moins que les dernières données publiées par le BNS montrent que les pressions à la baisse sur la croissance ont continué en août.

Pour Lynn Song, chef économiste pour Grande Chine au groupe bancaire néerlandais ING, la croissance du PIB devrait rester poussive au troisième trimestre. Il ajoute qu’au total, le soutien des pouvoirs publics étant resté relativement limité, en glissement annuel pour 2026, on tablera pour sur une croissance atone entre + 4,5 % et + 4,6 %.

Au passage, Lynn Song estime qu’un redressement de la consommation intérieure ne pourra avoir lieu qu’à deux conditions : 1) Que s’estompe que l’effet négatif de la politique de prime à la casse (1) et 2) Que, l’État amplifie ses mesures de soutien.

Note.

1.- Selon une analyse de Rhodium Group « les politiques de primes à la casse et de subventions pour le renouvellement du parc automobile (visant à remplacer les vieux véhicules thermiques par des modèles plus récents ou des véhicules à énergie neuve - NEV) ont certes stimulé la demande intérieure, mais elles ont aussi engendré plusieurs effets négatifs notables sur les plans économique, industriel et environnemental. »

Ces dernières ont induit une surenchère des prix destructrice, en partie à l’origine du symptôme « d’involution » (lire https://www.questionchine.net/la-desherence-d-une-jeunesse-laissee-pour-compte-et-desenchantee ) ; d’un coût fiscal élevé pour les finances de l’État et les collectivités locales ; et du maintien d’entreprises non viables restées sur le marché du fait du soutien artificiel de la demande.

 

 

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