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Chine – Etats-Unis. Espionnage et guerre secrète. Mythes et réalités

NOTE de CONTEXTE.


Quelques affaires d’espionnage célèbres aux États-Unis.

Katharina Leung, femme d’affaires de Los Angeles, l’un des plus célèbres agents doubles chinois, réalité qu’elle a toujours niée, arguant qu’elle travaillait au rapprochement sino-américain. Ici à gauche avec Jiang Zemin, à droite lors d’une campagne de promotion des relations sino-américaines.


*

En faisant l’inventaire des cas d’espionnage qui firent la une de l’actualité aux États-Unis, on constate 2 choses. 1) En dépit du battage médiatique autour des risques pesant sur la sécurité des États-Unis, les condamnations encourues par les « criminels » sont, sauf exception étonnamment légères. 2) Assez souvent la polémique sécuritaire dérape vers des accusations de racisme antichinois, que les avocats des prévenus utilisent dans leurs plaidoiries.

Notons enfin que de nombreux cas nouveaux d’espionnage industriel concernent des ingénieurs Chinois travaillant dans la nébuleuse des sociétés hight-tech de la Silicon Valley.

Katrina Leung 陈 文 英 – Chen Wenying –

Femme d’affaires connue de Los Angeles, ayant participé au financement de plusieurs campagnes de candidats américains.

Recrutée en 1982 par un agent du FBI dont elle fut la maîtresse durant 20 ans, qu’elle trompa cependant occasionnellement avec un de ses collègues du contre espionnage, Chen, devenue un agent double travaillant également pour les services chinois, fut accusée d’avoir transmis à la Chine des documents du FBI dont certains auraient concerné des secrets nucléaires.

En 2005 son procès fut annulé pour vice de forme. Alors que ses proches la disaient toujours innocente, elle ne fut condamnée qu’à une amende de 10 000 $ et 100 heures de travaux d’intérêt général.

Peter Lee.

Taiwanais né en Chine Lee, physicien employé au laboratoire de Los Alamos dédié à la recherche nucléaire militaire, a été reconnu coupable d’avoir, durant les années 80, passé des informations classées secret-défense à des scientifiques chinois en voyage aux États-Unis. Les documents transférés auraient, dit la presse américaine, accéléré de manière significative le programme nucléaire militaire chinois.

En 1997, alors qu’il était employé par TRW (automobile et aérospatiale) il a, lors d’un voyage en Chine, également rompu la clause de confidentialité et transféré à l’Institut chinois de physique appliquée des informations sur les technologies de détection sous-marine sur lesquelles il travaillait. Pour sa défense, Lee affirma qu’il s’agissait d’informations déclassées. En mars 1998, il fut condamné à 20 000 $ d’amende et à des travaux d’intérêt général.

Chi Mak.

Ingénieur chinois employé par la société L-3 Communications basée en Californie et sous-traitant de l’industrie de défense pour les technologies de propulsion sous-marine silencieuse, Chi Mak a été condamné en 2008 à 24 ans de prison pour avoir tenté de transférer en Chine par le truchement de son frère une impressionnante quantité de documents secrets traitant des technologies électromagnétiques dans des secteurs allant entre autres de l’aérospatiale à l’artillerie en passant par la propulsion sous-marine, les systèmes électroniques des porte-avions et la défense contre les attaques nucléaires.

Wen Ho Lee

Ingénieur américain d’origine taïwanaise travaillant à Los Alamos dans la simulation d’explosions nucléaires, Lee fut en 1999 accusé d’avoir détourné de secrets militaires. Mais sa culpabilité n’a pas été établie. Son cas fut au cœur d’une double controverse. La première sur les fuites des instructions judiciaires à la presse ; la deuxième sur l’origine raciste antichinois du harcèlement dont il a été victime.

Après négociation, l’accusation réduisit ses charges à celle d’imprudence dans le traitement d’informations sensibles. En 2006, le gouvernement fédéral et 5 groupes de médias lui versèrent 1,6 millions de dommages et intérêts en compensation du fait que son nom ait été révélé au public alors qu’il n’avait pas été reconnu coupable. Plus tard le président Bill Clinton s’est dit troublé par la manière dont Lee avait été traité par la justice américaine.

Fei Ye et Ming Zhong.

Ingénieurs ayant travaillé dans la Silicon Valley ; les 2 sont des cas d’espionnage économique. Arrêtés le 23 novembre 2001 à l’aéroport de San Francisco, ils ont, après négociations avec la justice, été condamnés à un an de prison pour des crimes passibles de 30 ans. Les accusations faisaient état de vol de secrets économiques dans le secteur des microprocesseurs et d’infractions au droit de propriété.

Hanjuan Jin

Citoyenne américaine, titulaire d’un « master » à l’Institut de technologie de l’Illinois, Jin a été arrêtée en 2007 porteuse de documents industriels appartenant à Motorala qu’elle transportait en Chine. Elle fut condamnée à 4 ans de prison pour vol de secrets commerciaux, mais acquittée de l’accusation d’espionnage industriel.

Bo Jiang

Chercheur de nationalité chinoise sous contrat pour le compte de la NASA dans le secteur de l’imagerie, Bo a été arrêté en mars 2013 à l’aéroport de Washington à la suite d’une accusation d’espionnage et pour viol de la loi sur les exportations d’armement. Il a été relaxé peu après, faute de preuves. Son avocat a plaidé l’existence d’une cabale politico-médiatique contre lui du fait de son origine chinoise. La NASA a mis fin à son contrat. Mais en 2015, 2 chercheurs de l’agence spatiale ont été mis en examen pour avoir facilité à Bo l’accès à des documents secrets.

Hua Jun Zhao

Cancérologue, résident permanent aux États-Unis, Zhao 42 ans, a été accusé en mars 2013 d’avoir dérobé les résultats d’une recherche sur le cancer de l’Institut médical du Wisconsin pour les transmettre à l’Université du Zhejiang. Après négociation, la justice a réduit l’accusation à l’accès sans autorisation à des documents confidentiels. Il a été libéré après 4 mois de détention.

Xiafen "Sherry" Chen.

59 ans, fonctionnaire fédérale de nationalité américaine d’origine chinoise travaillant à la météo nationale de l’Ohio, Chen est un cas emblématique des polémiques autour de l’espionnage chinois aux États-Unis.

Arrêtée en octobre 2014 par le FBI, elle était accusée d’avoir transmis illégalement des secrets aux Chinois sur les barrages américains et d’avoir menti au FBI lors d’une enquête sur les dates de ses rencontres avec des ressortissants chinois. Mais en mars 2015, la justice américaine a, sans explication, abandonné toutes les charges contre elle.

La séquence qui semble être un vaste malentendu matiné de paranoïa sécuritaire d’une fonctionnaire du Pentagone, a baigné dans une violente polémique impliquant des parlementaires et des associations de droits de l’homme se jetant à la figure des arguments définitifs, les uns articulés autour du « racisme antichinois », les autres autour « des intérêts de sécurité du pays ».

Le fond de tableau n’était pas favorable à Chen puisque tout le pays avait été mis en alerte par l’épisode des « hackers » de l’APL dont les photos avaient été publiées dans les journaux américains. L’affaire n’est pas terminée puisqu’en dépit de l’abandon des accusations contre Chen son administration ne l’a pas encore autorisée à reprendre le travail.


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