›› Société
Brigandage organisé à Nanyang.
Le deuxième sujet de cette chronique sociale est un évènement qui eut lieu du 5 au 8 octobre, premier week-end de la « semaine d’or » suivant la fête nationale, lors du plus grand festival chinois de musique électronique au rythme lancinant et binaire, organisé chaque année par l’École de musique MIDI (Acronyme anglais pour « Musical Instrument Digital Interface » désignant une musique dite « techno » produite et contrôlée par des ordinateurs et des synthétiseurs qui attire en moyenne quarante mille « fans ».
Située dans le quartier de Haidian au nord-ouest de Pékin, l’École MIDI créée en 1993, avait, pour la première fois cette année, organisé le festival 迷笛音乐节- Midi Yin yue Jie - à Nanyang, une ville de l’intérieur, au Henan, à 850 km à l’ouest de Shanghai, peuplée de 11 millions d’habitants.
Mais cette année l’esprit festif de l’événement fut gâché par le pillage perpétré par des « locaux » opportunistes qui profitèrent que les festivaliers imprudents, partis se protéger à l’hôtel des pluies diluviennes, avaient abandonné sous leurs tentes une partie de leurs affaires personnelles.
Après trois jours de pluies ininterrompues, le vaste espace du festival s’était transformé en champ de boue, dont les photos avec commentaires avaient envahi les réseaux sociaux.
Quand ils revinrent à leurs tentes après la pluie, les amateurs de « musique techno » constatèrent que leurs affaires avaient disparu. Les plus imprudents s’étaient fait dérober leurs téléphones et ordinateurs portables, leurs cartes bancaires, de l’argent liquide, des vêtements et des chaussures.
Selon un communiqué publié le 5 octobre par les organisateurs du festival, la police locale aurait reçu un total de 73 plaintes. Mais les réseaux sociaux font état de plusieurs centaines de vols.
Pour minimiser les détestables conséquences du pillage sur la réputation de la ville les autorités publièrent un communiqué laissant entendre que les récits de vols systématiques et à grande échelle étaient exagérés.
La mise au point officielle n’a pas été du goût des fans de musique. Excédés par cette forme de censure, qui cherchait à banaliser ce qui n’était rien d’autre qu’une opération organisée de brigandage collectif, certains ont même écrit : « Lors de cet incident, 这次偷事件中, des vols généralisés et systématiques 盗贼的行为“十分猖獗” ont eu lieu, que l’on peut même qualifier de pillage à la chinoise “zero yuan“ 甚至堪称中国式零元购事件. »
Un autre, tout aussi féroce tira sans mesure à boulets rouge sur la municipalité de Nanyang et les organisateurs de MIDI.
« Avec une ville hôte de Nanyang où s’appliquent les règles d’une société primitive 一个原始社会的南阳, combinée 加上 à l’amateurisme 一个草台班子 des équipes de MIDI 迷笛 - (en référence aux troupes de théâtre amateurs populaires itinérantes 草台班) ce gâchis de boue ne sera jamais réparable 这 烂 泥 组合 永远 都 糊 不上墙 – (mot à mot impossible de replâtrer le mur).
