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Du TGV à l’espace, l’innovation chinoise en marche

Récemment plusieurs innovations technologiques et scientifiques chinoises ont attiré l’attention des médias étrangers. Dans l’ordre d’importance croissante, le nouveau modèle de train rapide Fuxing « 复兴,- renaissance – » successeur des rames « 和谐- harmonie - » qui étaient directement issues des technologies japonaises, allemandes, françaises et canadiennes, le radiotélescope géant du Guizhou et le satellite quantique.

Le TGV复兴

Les nouvelles rames TGV aux wagons plus hauts et au profil encore plus effilé qui réduit la résistance à l’air et diminue considérablement le bruit intérieur, circulent depuis ce mois de juin à 300 km/heure avec des pointes à 400 km/heure – sa vitesse maximum est de 500 km/h – à raison de deux rames par jour entre Pékin et Shanghai (1462 km) effectués en 5 heures, 45 minutes et 8 à 10 arrêts, au prix standards allant de 553 à 1748 yuan (71 à 226 €).

Testés depuis 2015 au long de 600 000 km d’essais, le nouveau train dont les médias locaux disent qu’il est entièrement de fabrication chinoise (en réalité, la rapidité des progrès chinois est le résultat des transferts de technologies concédées par le Japonais Mitsubishi, le Canadien Bombardier, le Français Alstom et l’Allemand Siemens) propose des sièges plus larges et un service Wi-Fi.

Avec un réseau TGV de 20 000 km (60% des lignes mondiales), le développement du train à grande vitesse joue un rôle de premier plan dans l’aménagement du territoire et la connectivité économique et sociale des provinces. La réussite est également un argument à l’export. Lire notre article China Railway éclaireur de pointe des nouvelles routes de la soie.

A la mi-mai 2017, alors que le président indonésien Widodo était à Pékin pour le séminaire des routes de la soie, un accord final a été arrêté avec China Railways (中国铁路) et un consortium d’investisseurs chinois pour la construction d’un TGV à la vitesse limitée à 200 km/h entre Djakarta et Bandung. Arrêté au prix initial de 6 Mds de $, le projet a été remporté par les Chinois sur les Japonais grâce au financement de 75% du coût proposé par un prêt de la China Development Bank.

China Railways et ses associés chinois dont China Railway Construction Corporation 中国铁建 appuyés par la Banque pour les Investissements d’infrastructure sont aussi sur les rangs pour le TGV Kuala Lumpur – Singapour (350 km) actuellement négocié entre la Malaisie et Singapour.

Enfin, Alors que la construction par les ingénieurs chinois de la ligne TGV entre Kunming et Vientiane a commencé en décembre 2016, un projet plus vaste reliant Kunming à Singapour par le Laos, la Thaïlande et la Malaisie, prend forme.

A Singapour, terminus du projet, les plus optimistes rêvent d’une coopération entre la Chine et le Japon. Mais, compte tenu des coûts liés aux difficultés du terrain, il est probable que le dernier mot reviendra à la puissance financière chinoise capable de prêts avantageux et à long terme, argument commercial imparable qui, là aussi, s’exprimera par la Banque Asiatique des Investissements d’Infrastructure créée à l’automne 2014 par Pékin où le moins qu’on puisse dire est que les dirigeants au pouvoir ont de la suite dans les idées.

Lire : L’élan global de la monnaie chinoise, craintes américaines et perspectives.

Le radiotélescope géant du Guizhou.

En septembre 2016, on apprenait qu’après 5 ans de travaux, la Chine avait achevé la construction du plus vaste radiotélescope au monde avec un diamètre de 500 m, enchâssé dans un cratère naturel de la province du Guizhou. Estimé à 180 millions de $, le projet dont la dimension exprime clairement les ambitions scientifiques de la Chine, s’inscrit dans la volonté des astrophysiciens chinois de participer pleinement à l’aventure de la découverte spatiale par l’écoute des émissions venues de l’espace.

A ce jour, les astrophysiciens chinois en charge du projet, encore occupés aux réglages du télescope qui pourrait durer 3 ans, affirment que l’équipement sera mis à la disposition de la communauté scientifique mondiale. Nan Rendong, en charge du projet explique qu’une Commission chargée d’évaluer la pertinence des projets déposés par les astronomes étrangers distribuera des temps d’utilisation du télescope.

Pour Simon Garrington, astrophysicien de l’université de Manchester directeur de l’observatoire de Jodrell Bank dont l’antenne du radiotélescope est large de 76 m, juge que l’antenne de Guizhou est un succès scientifique chinois spectaculaire mené à bien en un temps record.

Le « satellite quantique » 墨子

Le 3e progrès scientifique chinois, peut-être le plus étonnant car il explore les limites du savoir humain dans le domaine de la physique, est le lancement à partir du site de Jiuquan le 16 août 2016 du satellite Micius (du nom du philosophe chinois 墨子Mozi - 400 av. JC) équipé d’un système optique révolutionnaire utilisant les propriétés de connectivité des particules subatomiques mises à jour par la physique quantique pour sécuriser les transmissions par satellite.

Pilotée par Pan Jianwei, physicien formé à Vienne à l’école d’Anton Zellinger, l’expérience utilise la connectivité pour, à partir du satellite, envoyer par le biais de faisceaux de photons les clés de cryptage à trois observatoires terrestres situés, le 1er sur le plateau du Tibet (Observatoire Ali, Shiquanhe, 5000 m d’altitude), le 2e à Delingha, plateau du Qinghai (2500 m) et le 3e à Lijiang au Yunnan (3000 m).

L’inviolabilité du système vient du fait qu’une tentative d’intrusion modifie les caractéristiques du photon à l’arrivée.

Au-delà de l’expérience de sécurisation des messages, l’expérience vérifie la théorie de la connectivité des particules subatomiques à des distances supérieures à 2000 km. Anton Zellinger qui pousse l’agence spatiale européenne à lancer ses propres « satellites quantiques » est persuadé que l’internet du futur sera basé sur ces techniques.


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