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En amont du sommet entre D.Trump et Xi Jinping, sévères crispations antichinoises au Congrès des États-Unis

Une photo diffusée par la présidence iranienne le 22 août 2023 montrait les missiles à longue portée « Haj Qasem » (à gauche) et « Khorramshahr » (à droite) lors d’une cérémonie célébrant les réalisations de l’industrie de défense du pays à Téhéran. En réalité, selon les services de renseignement occidentaux et leurs rapports d’experts leur développement s’appuie massivement sur des réseaux d’approvisionnement chinois Crédit photo : Présidence iranienne / AFP


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A Washington, à huit jours de la rencontre au sommet entre Donald Trump et Xi Jinping, les virulences des deux courants critiques à l’égard de Donald Trump et de la Chine se conjuguent sur le thème de la proximité délétère entre Pékin et Téhéran en plein conflit entre la Chine et l’Iran.

Sur la table les polémiques qui, au-delà des anciennes accusations visant le non-respect des droits de l’homme au Xinjiang et à Hong Kong, ainsi que la brutalité de la sanction ayant frappé Jimmy Lai, mettent en exergue, avec une forte charge émotionnelle dans l’opinion publique américaine, l’aide technologique prodiguée par Pékin à Téhéran pour, en 2026 lui avoir permis de frapper avec précision, les bases américaines, au Koweit le 1er mars et en Jordanie le 7 juillet ayant au total tué 9 militaires américains. (1)

Alors que, dans le cadre de la coopération stratégique entre la Chine et l’Iran conclue le 25 mars 2021, entre Wang Yi et Javad Zarif, la proximité technologique militaire entre la Chine et Téhéran est avérée (2) démocrates et républicains font cause commune pour établir publiquement lors d’auditions au Congrès, un lien entre les victimes américaines des frappes iraniennes et l’aide de la Chine à Téhéran.

Selon le Wall Street Journal, cité par le South China Morning Post, le 18 septembre, la sénatrice démocrate du Michigan Elissa Slotkin, membre de la commission des forces armées du Sénat, a écrit à Trump pour lui demander de faire de cette question un élément central de ses discussions avec Xi Jinping.

Elle affirmait que, depuis des mois, les entreprises chinoises aident l’Iran à cibler les forces américaines et que de nouvelles informations suggèrent que ce soutien pourrait avoir directement contribué à la mort des trois militaires américains en Jordanie.

L’allégation n’apporte pas de preuves concrètes, mais elle s’alimente d’une série d’enquêtes de l’administration américaine, de plusieurs dépêches de l’agence Reuters et d’un article du Financial Times.

Une cascade d’investigations. Mais pas de preuves directes.

Le 7 mars 2026, arrivée sur la base de Delaware en présence de D. Trump et de son épouse, de la dépouille du sergent Declan Coady, 20 ans, originaire de West Des Moines (Iowa), tué le 1er mars 2026 au Koweït, par une attaque de drone iranien, dont il est avéré que la capacite opérationnelle est améliorée par la Chine qui fournit des composants électroniques et des technologies de guidage. La réalité de l’assistance chinoise est à l’origine d’une forte émotion au Congres qui accuse la Chine d’être indirectement responsable des victimes militaires américaines et D.Trump d’aller trop loin dans sa recherche «  d’accommodements raisonnables  » avec Pékin.


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Dans son Chapitre 3, un rapport du Congrès de novembre 2025 traitant des relations économiques et de sécurité entre la Chine et les États-Unis « U.S.-China Economic and Security Review » évoque les ambitions révisionnistes de la Chine au sein « d’un axe des autocrates - Chine, Russie, Iran, Corée du Nord - China’s Revisionist Ambitions with Russia, Iran, and North Korea  ».

Un autre rapport plus ciblé, publié le 16 mars 2026 intitulé « Fiche d’information sur les relations Chine-Iran : un bref aperçu - China-Iran Fact Sheet : A Short Primer on the Relationship China-Iran Fact Sheet  » traite explicitement des fournitures par la Chine à l’Iran d’équipements à double usage utilisés pour la construction des drones et de missiles ; des achats de pétrole iranien et du contournement par l’Iran des sanctions, grâce aux achats de pétrole par la Chine.

A côté des rapports parlementaires, une série de notes de Reuters et un article du Financial Times publiées entre février et mars allaient dans le même sens, mais sans clairement établir un lien entre la coopération sino-iranienne et la mort des soldats américains.

Le 24 février, l’agence de presse londonienne rapportait que l’Iran était proche d’un accord pour acheter à la Chine des missiles antinavires supersoniques CM-302, d’une portée d’environ 290 km. Des experts cités par Reuters estimaient qu’ils auraient considérablement accru la capacité iranienne à menacer les forces navales américaines, tout en précisant qu’aucun calendrier de livraison n’était fixé.

Le 27 mars 2026, l’agence affirmait aussi que deux hauts responsables de l’administration américaine avaient déclaré que SMIC, le principal fabricant chinois de semi-conducteurs, avait fourni à l’Iran des équipements de fabrication de puces. Mais en même temps, REUTERS prenait soin de préciser qu’il n’était pas établi que ces équipements aient joué un rôle dans les frappes iraniennes du mois de mars.

Plus directement accusatoire, en avril 2026, le Financial Times, avait affirmé qu’en 2024, l’Iran avait acquis un satellite chinois de type TEE-01B d’observation de la terre ayant des capacités de précision optique élevées pour, précisément, scruter les sites américains, comme la base aérienne de « Prince Sultan » en Arabie Saoudite et la base de Muwaffaq Salti en Jordanie, avant et après des attaques iraniennes.

Enfin, apportant une nuance dans les dénonciations visant Pékin accusé d’aggraver l’escalade au Moyen Orient, le 17 septembre, la veille de la lettre d’Elissa Slotkin à D.Trump, Reuters rapportait que la Chine, préoccupée par les risques de rupture complète des flux commerciaux, avait discrètement demandé à l’Iran de contenir les Houthis du Yemen dans leur offensive dans le détroit de Bab El Mandeb et contre l’Arabie Saoudite.

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Alors que, depuis le 14 septembre, les porte-parole du Waijiaobu nient catégoriquement « les soupçons infondés et les accusations sans preuve  », les dernières crispations du Congrès contre Trump accusé de chercher «  un accommodement raisonnable » avec la Chine soupçonnée d’être responsable de la mort de soldats américains génèrent un climat délétère.

Quel que soit l’angle de vue, il est impossible que la très fébrile défiance qui fermente ne pèse pas sur le sommet du 24 septembre dont l’agenda déjà très chargé de difficiles parfois insolubles contradictions, laissait déjà présager qu’il ne serait qu’un exercice de vaines postures diplomatiques.

Autrement dit, alors que les deux Présidents ont prévu de traiter des droits de douane, des terres rares, des technologies de l’IA et de l’Open source opposé au contrôle américain, des guerres en Iran et en Ukraine, et surtout de Taiwan, le soupçon que la Chine serait à l’origine de morts américains en Iran, pourrait être l’élément portant le risque de faire capoter le projet de D.Trump - qui est aussi celui de Xi Jinping - de stabiliser la rivalité stratégique sino-américaine sous le seuil d’un conflit direct.

Notes

1.- Ces victimes s’inscrivent dans un total de 17 morts. Parmi eux 9 sont morts au combat sur des déploiements au Moyen-Orient, frappés par des tirs Iraniens. Au Koweit (28 février 2026, 6 morts) ; En Arabie Saoudite (1er mars 2026, 1 mort) ; En Jordanie (17 juillet 2026 sur la base de Muwaffaq Salti, 100 km au nord d’Amman, 2 morts) ;

Huit autres sont morts par accident. En Irak occidental (12 mars 2026, 6 morts dans l’accident d’un ravitailleur KC-135) ; En mer d’Arabie ( 1er juillet 2026, 1 marin décédé lors de l’appontage d’urgence d’un hélicoptère) ; Au Nord de l’Irak (18 juillet 2026, 1 mort lors de la neutralisation d’un drone iranien abattu.)

2.- La Chine vend à l’Iran des composants de missiles et des matières premières pour leurs carburants ; des technologies pour drones ; des équipements de défense antiaérienne ; des semi-conducteurs ; des moteurs pour missiles. Depuis 2021, elle donne accès sans restriction à Téhéran , à la meilleure précision de 2 m de son système de navigation BeiDou.


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