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Fin du confinement. Cas asymptomatiques et risques de reprise des contagions

Début mars à Pékin, à l’entrée d’un immeuble administratif, contrôle des températures. Ceux qui sortent d’une zone confinée doivent présenter le QR de leur portable attestant qu’ils ne sont pas contagieux.


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Alors que la Chine reprend lentement ses marques et tente de relancer l’économie, au moins deux inquiétudes directes obscurcissent l’ambiance de la sortie de crise. 1) Quels sont les risques d’une reprise des contagions provoquée par le retour des Chinois expatriés et l’entrée des étrangers ?

La dureté inflexible des « mesures barrière » - quarantaine obligatoire pour tous les Chinois et fermeture des frontières aux voyageurs étrangers, même pourvus de visas -, témoigne de la vigilance préoccupée de l’appareil.

2) Quelle est la menace des malades asymptomatiques, principaux vecteurs des contagions rapides de cette nouvelle souche de coronavirus apparue à l’automne dernier à Wuhan ? Le risque d’un retour des contagions provoqué par une propagation cachée est au cœur des préoccupation des virologues chinois.

Des mesures drastiques ont été mises en place au Hubei désormais en cours de dé-confinement et à Wuhan où la quarantaine sera levée le 8 avril.

Une application chargeable sur les téléphones portables permet par un code « QR » aux résidents de la province où la suspicion des cas asymptomatiques est la plus forte, d’attester de leur immunité au virus, les autorisant à quitter la province.

On s’en doute, les barrages sont poreux et la mise en œuvre n’est pas simple. Elle ne le sera nulle part à la fin des confinements, tant que le virus présentera cette caractéristique de contagiosité masquée.

Le difficile bilan des cas asymptomatiques.

A la sortie d’une zone de confinement, les habitants montrent le code QR de leur portable attestant qu’ils ne sont plus contagieux.


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Le 1er avril les autorités sanitaires ont, sous la pression des inquiétudes et à l’appel insistant du Premier Ministre, commencé à publier les chiffres des malades asymptomatiques détectés. Chacun comprend cependant qu’il ne s’agit que de pointages partiels ne donnant qu’une image incomplète de la situation et des risques réels.

Le 31 mars, les décomptes étaient de 1367 patients asymptomatiques, en recul de 174 cas, dit la Commission Nationale de santé publique. Le chiffre qui représente 79% du nombre de cas actifs résiduels en Chine (1727), n’est qu’une indication d’une situation en évolution constante, les données se modifiant sans cesse au gré des contrôles, des guérisons complètes et des fins de quarantaine.

Encore faut-il tenir compte de l’incertitude des contingents en fin de confinement n’étant plus sous contrôle médical où la proportion des asymptomatiques n’est pas connue.

Dans la foulée des responsables nationaux certaines provinces ont publié leurs résultats. Le 1 avril, le Liaoning affichait 52 asymptomatiques, dont 12 terminaient une quarantaine. 23 d’entre eux ont été classés « à confirmer » et 17 ont été hospitalisés.

Shanghai affirmait en revanche de manière douteuse n’avoir aucun cas asymptomatique, après qu’un cas ait été considéré guéri et 10 autres hospitalisés.

Si on se souvient que des provinces ont rendu compte d’une reprise de l’activité en affichant des consommations d’électricité factices, il est légitime de s’interroger sur la sincérité des statistiques de Shanghai gouvernée par la garde rapprochée du n°1. Tout en conseillant la rigueur dans la fin du confinement, Xi Jinping diffuse en effet aussi le message que son objectif immédiat est de relancer coûte que coûte l’économie.

Le Hubei, enfin comptait 982 cas asymptomatiques, dont 47 détectés le jour même du compte-rendu, tandis que 289 terminaient leur quarantaine.

Prudence et rigueur.

Le district de Jia (600 000 hab) dans le Henan est en quarantaine depuis le 1er avril.


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Les chiffres doivent être pris avec des pincettes. Le 23 mars dernier, Caixin, principale source de cette analyse, citant un informateur resté anonyme, notait qu’au moment même où le Parti annonçait la fin des contagions, dans le seul Hubei, chaque jour, les médecins détectaient des douzaines de nouveaux risques asymptomatiques supplémentaires, identifiés par des méthodes de traçage des individus à risques.

Dans ce cas « il est, » selon la source, « impossible de dire si les contagions sont éteintes ».

Au-delà des déclarations politiques, le système de santé échaudé par l’intrusion initiale des bureaucrates qui entraîna une accélération des contagions en Chine et hors de Chine, tente de limiter les risques.

Depuis janvier, les asymptomatiques sont traités comme des sources potentielles de contagion et placés en confinement durant 2 semaines. Ils ne sont rendus à la vie normale qu’après 2 tests négatifs complémentaires.
Au milieu des actions de relance économiques, la vigilance sanitaire reste donc la priorité.

D’autant que, le 30 mars, Wuhan où aucun nouveau cas n’a été enregistré depuis plusieurs jours a enregistré 4 décès de personnes en réanimation.

Au Henan, jouxtant le Hubei au nord, le district de Jia (600 000 habitants), 400 km au nord de Wuhan, vient d’être placé en quarantaine, avec couvre-feu, confinement à domicile, fermeture des restaurants et de tous les commerces non essentiels.


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