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La Chine améliore sa maîtrise du nucléaire civil et affirme ses ambitions commerciales

Mais la petite histoire de ce marché avec Islamabad révèle quelques difficultés à la fois techniques et stratégiques. Le concept technique finalement adopté pour la centrale de Chashma aujourd’hui en fonctionnement fut celui de la première centrale chinoise Qinshan-1, plusieurs fois modifié, lointain résultat de la coopération sino-russe des années 50, mise en service en 1991 dans le Zhejiang, avec une cuve construite par le Japonais Mitsubishi.

L’adoption par le Pakistan de la solution chinoise fait suite à un premier essai avorté de coopération franco-pakistanaise, initié en 1970 et arrêté en 1978 sous la pression de Washington, après le refus d’Islamabad de signer le traité de non prolifération nucléaire. Rappelons que le premier test nucléaire pakistanais a eu lieu en 1998, 24 ans après celui de l’Inde. En 1993, relevant le défi, les ingénieurs de la China National Nuclear Corporation travaillèrent sans assistance extérieure sur ce projet, après avoir recherché en vain l’aide technique du Japon, des Etats-Unis, de la France et de l’Allemagne.

Cette circonstance souleva quelques craintes au Pakistan, où les critiques du projet mirent en doute la fiabilité et la sûreté de la centrale. Il est un fait que pour ses autres centrales actuellement en service sur son sol, la Chine s’est assuré la coopération d’experts étrangers français, russes, canadiens ou américains.

Depuis l’annonce d’une nouvelle tranche chinoise de deux centrales à Chashma, la polémique autour du rôle proliférateur de la Chine et du Pakistan a repris. Elle se double d’une rivalité stratégique en Asie du Sud, où Pékin apporte son appui à Islamabad, tandis que les Etats-Unis, l’Union Européenne et la Russie soutiennent la coopération nucléaire civile avec New Delhi.

La décision chinoise a provoqué un tumulte au sein du Groupe des Fournisseurs Nucléaires - GFN -, un forum informel de 45 Etats qui entend exercer une pression politique globale pour limiter les exportations de biens et technologies nucléaires.

Pékin répond qu’en concluant en 2008 un accord de coopération sur l’énergie nucléaire civile avec l’Inde, les Etats-Unis et la France ont eux-mêmes transgressé les règles du GFN qui interdisent toute transaction ou coopération nucléaire, même civile, avec les Etats qui ne se conforment pas au Traité de Non Prolifération (TNP) - c’est le cas de l’Inde, du Pakistan, de la Corée du Nord, et d’Israël -.


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