Your browser does not support JavaScript!

Repérer l'essentiel de l'information • Chercher le sens de l'événement • Comprendre l'évolution de la Chine

›› Chronique

La Chine prend officiellement position sur le réchauffement terrestre

Le lundi 4 mai, à la veille de la réunion du G8 en Allemagne, le gouvernement chinois a fait connaître sa position sur la détérioration du climat terrestre, sous la forme d’un “Programme National sur les changements climatiques”.

Ce programme (62 pages) est le premier élaboré par un grand pays en voie de développement. Il repose sur de bonnes intentions, puisque Pékin s’engage à restructurer son économie, à promouvoir des technologies “propres” et à améliorer l’utilisation de l’énergie.

La Chine reconnaît que le réchauffement global est un fait indiscutable, ainsi qu’une menace pour l’environnement et pour l’humanité. Elle reconnaît aussi qu’il résulte des activités humaines, qui ne connaissent pas de frontières, en particulier de l’utilisation du charbon et du pétrole (65% de l’émission mondiale de dioxyde de carbone).

Elle affirme sa détermination à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GHG, « Greenhouse gas »). Mais, soumise sur ce point à une pression croissante des pays industrialisés, Pékin se refuse à tout engagement sur des objectifs chiffrés de réductions.

L’agence Xinhua calcule pourtant que si toutes les intentions mentionnées dans le Programme chinois étaient concrétisées, la Chine pourrait réduire de 1,5 milliard de tonnes ses émissions de dioxyde de carbone en 2010 (estimées à 6,1 Milliards en 2004), tout en maintenant une forte croissance. Mais elle ne prend aucun engagement et personne ne croit à cette hypothèse maximale.

La Chine considère que les pays développés sont jusqu’à présent les principaux responsables du réchauffement terrestre : de l’ordre de 95% entre la Révolution industrielle et 1955, et environ 77% entre 1950 et 2000. Les pays riches doivent donc consentir les plus grands efforts et aider les pays les pays en voie de développement au lieu de leur demander de ralentir leur croissance.

Les arguments chinois ne sont pas tous mauvais, mais il reste la crainte que l’économie chinoise ne devienne rapidement championne du monde pour l’émission de GHG. Depuis deux ou trois ans, l’incapacité du gouvernement central à ralentir une croissance anarchique et à maîtriser toutes les formes de pollution est inquiétante et pourrait décourager les premiers efforts de l’humanité, tels que le Protocole de Kyoto.

Le Programme National chinois mentionne pourtant comme probables quelques perspectives de réduction de ses gaz à effet de serre vers 2010 : 50 millions de tonnes par développement de l’hydraulique, 110 millions de tonnes par élimination de petite centrales thermiques, 30 millions de tonnes par développement des bio-énergies et 60 millions de tonnes (éolien, solaire et géothermie). Au total 250 millions de tonnes de réduction d’émissions, sur lesquelles Pékin n’ose pas encore s’engager fermement.


• Commenter cet article

Modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

• À lire dans la même rubrique

Le Parti, point de situation et perspectives. La « sécurité nationale », assurance à large scope pour la pérennité du Parti-État

Bruits de ferraille en mer de Chine de l’Est. Chronique d’un nationalisme enflammé et contrecoups

Retour sur la troublante psychose de l’origine fabriquée de la pandémie

A Hong Kong, Pékin impose le patriotisme électoral et éteint la mèche démocratique allumée par Chris Patten

Covid-19 – Wuhan. L’OMS a rendu son rapport. Satisfait, Pékin invite à regarder ailleurs