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Les premiers effets du choc.
Alors que l’ampleur du choc n’est pas encore bien mesurée, en dehors du Hebei, la Chine se remet lentement au travail. Presque toutes les grandes entreprises chinoises ont rouvert leurs portes et la majorité de la main-d’œuvre du pays est retournée au travail.
Mais, compte-tenu que le virus se répand vite hors de Chine, la demande reste faible et le redémarrage laborieux. Nombre d’entreprises fonctionnent encore à 50% de leur capacité.
Dans le secteur automobile où les ventes ont reculé de 80%, les usines tournent encore à moins de 40%. La grande distribution a chuté de 20,5% en janvier et février ; la production industrielle s’est affaissée de 13,5% - record absolu depuis que les statistiques existent - ; les investissements immobiliers et d’infrastructures ont reculé de près de 25%.
Le passage décalé en Europe de l’épidémie ferme les usines en Europe alors qu’elles repartent en Chine, grippant le schéma de division du travail.
Le secteur automobile vacille. Par rapport à 2019, les ventes d’automobiles ont baissé de 75% pour les véhicules électriques et de 79% pour les modèles standard. Globalement, le secteur aérien est au bord de l’effondrement avec une chute de 83% du trafic passagers et de 21% du transport de marchandises.
Selon l’Association Internationale du Transport aérien, (IATA), globalement les compagnies aériennes perdront 113 Mds de $. En Asie-Pacifique les pertes seront de 58 Mds de $. En Chine, à peine 40% des vols intérieurs ont repris.
En général, les PME souffrent plus que les grands groupes. Seulement 60% d’entre elles ont repris le travail. Encore faut-il se méfier des chiffres, dans un contexte où de nombreux obstacles logistiques et bureaucratiques subsistent, tandis que la crainte des contagions croisées entre les personnels n’a pas disparu. A ces inquiétudes s’ajoutent celles citées plus haut, d’une reprise des contaminations en Chine transmises depuis l’étranger.
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La reprise étant comme ailleurs une nécessité vitale, le pouvoir a déjà commencé à ouvrir les vannes d’une relance de grande ampleur. Le 9 mars la Banque de Chine a injecté 100 Mds de Yuan (14,3 Mds de $) dans le système financier en proposant des prêts à faible taux d’intérêt aux banques.
Le 13 mars, la banque centrale a une nouvelle fois réduit le ratio des réserves obligatoires, libérant 550 milliards de yuans (78,5 Mds $) de liquidités à long terme dans le système bancaire. Des facilités fiscales seront accordées aux entreprises en difficulté. D’autres mesures suivront.
L’objectif est de favoriser en priorité les prêts aux PME et aux faibles revenus. Pour l’instant en l’absence de chiffres fiables, il est encore impossible de mesurer les dommages réels à l’économie chinoise.
Prévisions catastrophiques.
Les experts sont pessimistes. Au premier trimestre la croissance pourrait chuter à seulement +2% soit une baisse de plus de 4 points – certains anticipent même une baisse de 6%, ou pire une récession.
Avec un choc comparable à celui subi par la Chine lors de la révolution culturelle, Ting Lu, économiste à Nomura, estime qu’au premier trimestre 2020, le risque existe d’une croissance négative. Morgan Stanley, encore plus pessimiste, estime que l’économie chinoise se contractera de 9% au premier trimestre, dans un recul global de 1 à 1,5%.
Prudente et cherchant en une seule phrase à balayer toutes les hypothèses, la banque d’investissement américaine, anticipe cependant un rebond au 2e trimestre, tout en mettant en garde contre des risques économiques encore plus sévères.
La prévision catastrophique est en fort contraste avec les estimations rassurantes de Pékin, prévoyant que la secousse sera brève permettant une croissance 2020 à +5,6%.
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Enfin, de plus en plus de commentaires remettent en cause l’actuelle division du travail, marqueur essentiel de la mondialisation industrielle et un des thèmes de la théorie d’Adam Smith, exposée dans « Richesse des Nations ».
Considéré comme le père des sciences économiques et du libéralisme économique modernes, A. Smith (1723 – 1790), chantre du marché autorégulateur ferment naturel de la cohésion sociale, prônait la spécialisation géographique, conditions d’une plus grande efficacité.
Poussé à ses limites, le système a produit une interdépendance globale réduisant la liberté de manœuvre de chaque acteur enserré dans un vaste réseau mondial de fournisseurs, dont la fragilité est aujourd’hui révélée par la crise.
Si depuis 2001, date de son entrée dans l’OMC, la Chine a tiré profit de ce partage du travail par le truchement des délocalisations et de ses vastes exportations, son économie pourrait aujourd’hui en être une des victimes.
