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La réaction américaine source de tensions.
Analysant les causes des tensions actuelles, nombre d’experts y voient aussi, parmi de nombreuses autres, l’assurance nouvelle des pays riverains, confortés par les déclarations de Washington annonçant le renforcement de son dispositif militaire sur le théâtre asiatique.
Pour Malcom Fraser, ancien 1er ministre australien, la bascule de 60% de la marine américaine vers le Pacifique Ouest, prévue pour 2020 (Léon Panetta, Secrétaire d’Etat à la défense à Singapour le 2 juin 2012), à quoi s’ajoutent l’installation d’une base de 2500 « Marines » à Darwin, le positionnement à Singapour de 4 nouveaux bâtiments de surveillance côtière de l’US Navy à partir de 2013, la multiplication de manœuvres conjointes terrestres et navales avec les pays de la zone, sont plus des facteurs de tension que d’apaisement.
Estimant que la force brute n’a jamais permis de régler les différends politiques, il accuse la Maison Blanche de jouer la carte de la confrontation avec la Chine en amont des élections et, par là même, de contribuer à y faire monter les risques de dérapage militaire.
Récemment deux des pays de l’ASEAN, non impliqués dans les querelles territoriales, ont émis des réserves analogues contre l’alourdissement de l’empreinte du Pentagone, appelant à la prudence. Par son ministre des Affaires étrangères, l’Indonésie a évoqué le « cercle vicieux des tensions et de la méfiance ». Même à Singapour, où la ligne politique penche en général du côté de la puissance jugée stabilisatrice des forces armées américaines, le ministre des Affaires étrangères a exprimé la crainte que l’ASEAN se trouve prise dans l’étau des compétitions d’intérêts entre Pékin et Washington.
Aux Etats-Unis même, des voix s’élèvent pour critiquer la nouvelle priorité militaire américaine qui semble cibler la Chine. Dans un article publié dans le numéro de la revue Foreign Affairs de janvier – février 2012, Zbigniew Brzezinski, sans attribuer aux Etats-Unis la responsabilité directe des tensions, tentait néanmoins d’infléchir la stratégie en Asie vers une option plus prochinoise.
Il expliquait que la priorité pour Washington devrait être de faciliter le règlement des conflits en Asie, par exemple entre Pékin, Tokyo et New Delhi, en gardant à l’esprit qu’il est capital de s’accorder avec la Chine sur le maximum de sujets.
A cet effet, il insistait pour que l’Amérique cesse de considérer que la stabilité de l’Asie pourrait être garantie par une puissance non asiatique, et suggèrait que le Pentagone réduise ses démonstrations de forces ainsi que ses patrouilles maritimes et aériennes aux abords de la Chine. Dans le même article il conseillait même à la Maison Blanche de prendre ses distances avec la question taïwanaise, facteur de tensions récurrentes avec Pékin. Globalement, la stratégie ainsi proposée était exactement inverse de celle suivie par la Maison Blanche.
Dans la livraison de Foreign Policy de décembre 2011, Kenneth Lieberthal, ancien conseiller Chine du président Clinton, allait dans le même sens et mettait en garde contre les réactions de Pékin qui considérait la bascule américaine comme une tentative délibérée pour freiner la montée en puissance de la Chine, et soulignait les risques d’engrenage militaire autour des querelles territoriales. Il insistait lui aussi sur les dangers d’une dégradation des relations avec Pékin, dans un contexte où l’appui de la Chine dans la solution des questions nord-coréenne ou iranienne restait essentiel.
Il exprimait enfin la crainte que si l’actuel marasme économique et financier dans lequel se trouvent les Etats-Unis n’était pas corrigé, Washington ne serait pas en mesure de tenir, sur le long terme, ses promesses de réalignement militaire en Asie, provoquant de considérables déceptions en Asie du Sud-est.
Une éventualité d’autant plus néfaste pour les alliés des Etats-Unis et l’équilibre de la zone que le développement rapide des relations commerciales de la Chine avec les pays de l’ASEAN, dans le cadre d’un accord de libre échange conclu en janvier 2010, dont les Etats-Unis sont exclus, donnera un avantage d’influence considérable à Pékin.
Cette perspective d’abandon brutal et de parole trahie par Washington pourrait nourrir d’importantes frustrations chez les pays de l’ASEAN aux prises avec de sérieuses crispations avec Pékin, elles-mêmes facteurs tensions.
Enfin, évoquant l’instabilité potentielle de la Chine, dont les prémisses existent déjà, il pointait du doigt la tendance de l’APL au nationalisme de compensation. Dans le contexte actuel de raidissements des riverains de la mer de Chine et du Japon confortés par le parrainage américain, le potentiel d’un dérapage augmentait d’autant plus que l’opinion publique chinoise était travaillée par l’émotion des discours sur le retour de puissance et sur la résistance face aux ingérences étrangères.
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Par Anonyme Le 3/10/2012 à 20h47
Les embarras compliqués de la puissance chinoise.
Résidant au Vietnam , je suis très frappé par la similitude et la concordance dans le temps des luttes pour le pouvoir dans ces deux pays. C’est à croire que ces luttes sont liées. C’est à croire qu’aux même maux on applique les même recettes (tension nationaliste sur la mer de chine pour amuser la galerie, pendant qu’on règle les choses sérieuses).
Ici , toutes les chancelleries cherchent à savoir qui est pro chinois, qui est pro américain... Je pense ce débat inutile. Pour moi la question est qui est pro bo xilaï , qui est pro Ji Xiping ou Hu Jin Tao
Un peu comme si le Vietnam était déjà une province chinoise.


Par de villepin Le 23/07/2012 à 07h44
Les embarras compliqués de la puissance chinoise.
toutes mes felicitations pour cet article xavier de villepin