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Notes de contexte.
Retour sur la reprise de Blagnac par le groupe sino-canadien Symbiose.
Le 23 juin dernier, le site Médiapart est revenu sur l’affaire de l’aéroport de Toulouse en publiant une information venant de Hong Kong faisant état de la disparition de Poon Ho Man (Mike Poon) PDG de Friedmann Pacific Investment Holdings Limited, l’acteur financier le plus impliqué dans la reprise de Blagnac à 49,9% par le groupe financier chinois « Symbiose ». Une partie de l’article reprenait les informations de Bloomberg.
Laurent Mauduit, auteur de l’article cité plus haut publié le 7 décembre 2014 par Médiapart et analysant les dessous de l’affaire, dissertait sur le thème de la « cession anormale d’un bien public à un groupe aux ramifications financières troubles dans des paradis fiscaux » et s’étonnait à juste titre de l’absence de réaction des médias français. Le 23 juin le collectif contre la privatisation de la gestion de l’aéroport de Toulouse publiait un communiqué sur le sujet (document PDF).
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Point sur les investissements chinois en France.
En dépit des alarmes qui mettent en garde contre « l’invasion » des capitaux chinois, la France n’est que le 3e pays d’accueil des investissements des groupes chinois, assez loin derrière le Royaume Uni et l’Allemagne. En 2014 (rapport 2014 Business France, pages 112 – 114, document PDF), les capitaux chinois avaient généré un stock de de 20 000 emplois dans 200 entreprises contre, 3200 entreprises allemandes et 300 000 emplois, et 4600 entreprises américaines et 440 000 emplois.
Selon le site Analysis, le stock total des investissements chinois en France serait de 6 Mds d’€ soit un peu plus de 1% du stock d’investissements étrangers en France.
Sur ce total, la majeure partie provient d’un investissement en 2011 du fonds souverain chinois qui a acheté 30% de la branche exploration production d’EDF – GDF et 10% de l’usine de liquéfaction de Trinité-et-Tobago, pour valeur totale de 2,9 Mds d’€, que viennent compléter quelques investissements réalisés dernièrement avec Hainan Airlines (HNA), Fosun et Dongfeng ayant respectivement pris 48% des parts de Aigle Azur, 92,8% du Club Med et 47% de PSA. Les trois opérations comptant pour un total d’environ 1,8 Mds d’€ (900 millions d’€ pour Dongfeng, autant pour Fosun et 30 millions d’€ pour HNA), à quoi il faut ajouter l’acquisition au premier trimestre 2015 par le groupe Jin Jiang du groupe Louvres Hotel (Chaînes Kyriad, Campanile et Première Classe) pour la somme de 1,3 Mds d€.
Toujours selon le rapport 2014 Business France, « Les entreprises chinoises et hongkongaises privilégient les investissements dans des centres de décision (46%) et des unités de production (22%). En 2014 on a compté 15 nouvelles implantations d’entreprises chinoises. Le secteur des parfums, cosmétiques est leur premier secteur d’investissement (14%), au point que 31% des investissements étrangers réalisés en France dans ce secteur relèvent d’entreprises chinoises. Enfin, plus de la moitié des investissements provenant de Chine se localisent en Île-de-France (59%) ».
Le Trésor Public estime que « la progression des investissements chinois devrait s’accélérer dans les années à venir du fait d’une volonté affirmée des autorités d’internationaliser les entreprises chinoises, d’acquérir des technologies étrangères et des marques. La France reste toutefois moins attractive que l’Allemagne et le Royaume Uni auprès des investisseurs chinois.
Raisons du retard français.
De multiples raisons sont invoquées pour expliquer ce décalage. Parmi les plus fréquemment mentionnées citons : la meilleure image du business en Angleterre et en Allemagne, la complexité administrative française, la sécurité des expatriés chinois qui se plaignent d’être victimes d’agression (voir : Insécurité : la colère de la communauté asiatique en France).
Quant à Jean-Pierre Raffarin, co-fondateur du Comité France-Chine, il évoque lui aussi la complexité du dédale des démarches et explique que les Chinois ne comprennent pas qu’il n’y ait pas une meilleure coordination et un chef de projet : « il faut traiter les visas avec le préfet, le permis de construire avec la mairie, les financements économiques avec le département, les financements des formations avec la région ».
Lire http://www.20minutes.fr/economie/1613971-20150527-pourquoi-investisseurs-chinois-boudent-france
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La Chine et la conférence COP 21 à Paris.
La Chine et les États-Unis sont les plus grands pollueurs de la planète. Mais rapportée aux émissions par habitant la Chine n’est plus qu’en 13e position. Le changement d’angle de vue ne modifie pas l’état de planète, mais explique les réticences chinoises.
Une des grandes motivations des attentions françaises prodiguées à Li Keqiang a sans nul doute été l’espoir que la Chine vienne à la conférence de Paris de l’automne avec des propositions concrètes capables d’entraîner l’adhésion aux propositions françaises des pays en développement. Quand on connaît les réticences chinoises pour les accords contraignants, le défi est de taille puisque, selon le discours officiel français, l’enjeu est « d’aboutir, pour la première fois, à un accord universel et contraignant permettant de lutter efficacement contre le dérèglement climatique et d’impulser/d’accélérer la transition vers des sociétés et des économies résilientes et sobres en carbone ».
A côté des contraintes juridiques mises en avant par la France dont il est raisonnable de penser qu’elles seront d’abord contestées par la Chine, les États-Unis et probablement par Moscou tenté de faire payer les sanctions, Paris a pris soin de proposer une incitation qui compensera son idéal de rigueur : la création d’un « Fond Vert » de 100 Mds de $ par an financé par les pays développés pour aider les pays en voie de développement à sortir du cercle vicieux développement-pollution.
La Chine, moins hostile qu’en 2009, est prête à des efforts.
Pour l’instant, l’espoir fait vivre les organisateurs. Selon RFI qui reprend les attentes des autorités françaises, « les Chinois veulent éviter un échec comme à Copenhague. » Souvenons-nous en effet qu’à Copenhague, la Chine, deuxième pollueur de la planète, responsable de graves crises écologiques sur son sol, régulièrement placée sur la sellette avec les États-Unis, largement en tête des pollutions mondiales, avait pris la direction d’une fronde internationale regroupant le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Inde et le Soudan.
Tout à son effort de rattrapage de puissance, objet de sa fierté et argument essentiel de sa légitimité politique, le Parti, rappelant la responsabilité des pays développés dans la pollution globale, avait rejeté comme injuste et prématuré le « pic d’émissions » de carbone fixé à plus ou moins 2020 pour tout le monde. Il avait également refusé l’obligation de vérifier les mesures prises en vue de réduire les émissions et condamné l’absence, dans la proposition danoise, de dispositions spécifiques favorisant les transferts de technologies propres.
En 2015, Pékin a, il est vrai abandonné la posture de confrontation adoptée il y a 6 ans. Mais tout indique que la proposition chinoise restera très en deçà des espoirs français. Le 1er juillet Li Keqiang a en effet confirmé que l’objectif de la Chine était de réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) à partir de 2030, « si possible plus tôt ».
Le Premier Ministre a aussi annoncé que Pékin s’efforcerait d’ici 2030 de réduire de 60 à 65% l’intensité de son économie en carbone. Ces propositions sont déjà considérées comme très positives par les organisateurs car non seulement elles dépassent l’accord sur le climat conclu avec les États-Unis, mais elles sont aussi en contraste avec l’ambiance conflictuelle d’il y a 6 ans. Sur le fond, et en dépit des discours – l’attitude probable de la Chine reflète assez bien cette réalité -, personne ne croit que les propositions françaises de contraintes juridiques seront acceptées, mais tout le monde est prêt à faire un effort pour que l’espoir ne s’éteigne pas.
Quant à la mise en œuvre des solutions concrètes, en l’absence d’une gouvernance mondiale crédible, elle dépendra comme toujours des bonnes volontés politiques. Chacun sait bien que dans les pays démocratiques elles sont tributaires des groupes d’influences et des prochaines élections jamais très éloignées et, dans les autres, assez souvent polluées par des considérations de pure nationalisme, détournées par les effets de la corruption quand ce n’est pas par le chaos des guerres civiles.
