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Très sollicitée, la Chine ménage ses intérêts et tente de se libérer du piège dollar

Il est vrai que les responsables chinois, tenant compte du troisième rang mondial de leur économie, militent pour une influence plus grande au FMI. Mais dès que les négociations abordent la question de la contribution financière accrue de la Chine, homothétique de l’influence nouvelle qu’elle réclame, les émissaires de la Banque de Chine, dont le raisonnement a été repris par Wang Qishan en amont du sommet, renvoient leurs interlocuteurs à la faiblesse du PIB chinois par habitant, qui, en effet, classe leur pays, non plus au top des économies mondiales, mais au rang de la Bolivie, du Maroc, de l’Inde ou de la Syrie.

Pour mémoire, l’économie chinoise qui a dépassé l’Allemagne en 2007, pèse plus de 5% dans le monde, tandis que son actuelle contribution au FMI est inférieure à 4%. Ces chiffres sont loin de ceux des Etats-Unis, dont le poids économique dépasse les 25%, avec une contribution au FMI de près de 17%. Les négociations prennent la même tournure quand on aborde le chapitre de la contribution de Pékin au budget des Nations Unies (2%) à comparer aux 25% payés par les Etats-Unis.

Il y a, dans cette prudence de maquignon, comme une volonté de minimiser une puissance devenue trop voyante et un signe que Pékin ne veut pas se laisser entraîner trop vite et trop loin dans le rôle de banquier de la planète financière malade. Récemment un article du China Daily destiné aux étrangers et essentiellement aux ambassadeurs occidentaux, rappelait que « l’économie chinoise n’était pas aussi solide et florissante que certains voulaient le croire ». Dans le même temps un économiste chinois répétait qu’en renflouant d’abord sa propre économie, la Chine contribuait également beaucoup à aider l’économie globale.

« On est jamais aussi bien servi que par soi-même », ou « aide toi et le Ciel t’aidera » semble penser la direction à Pékin, surtout préoccupée de multiplier ses sources d’approvisionnement, de développer ses marchés et de saisir les occasions offertes par la crise. Aujourd’hui, en effet, toujours en quête d’énergie, de ressources, de technologies, mais aussi de « cibles » pour ses vastes ressources financières, la Chine affirme ses appétits qui semblent excités par les opportunités de la crise.

Les entreprises chinoises d’Etat ou privées, disposant d’abondants capitaux et aidées par des prêts préférentiels des banques nationales, achètent partout des ressources et de l’énergie, tandis qu’un fond spécial a été créé pour aider au rachat des entreprises étrangères en difficulté, avides d’argent frais. Récemment, une délégation d’officiels et de 300 hommes d’affaires, conduite par le ministre du commerce Chen Deming, a investi près de 13 milliards de dollars en Europe. On se souvient aussi de l’offre de près de 20 milliards de dollars de Chinalco pour entrer dans le capital du géant minier Anglo-australien Rio Tinto. Dans le même temps, les contrats pétroliers signés en Afrique, en Iran, au Moyen Orient, en Russie, au Soudan, en Amérique du Sud étendent et renforcent les réseaux chinois sur toute la planète.


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