Your browser does not support JavaScript!

Repérer l'essentiel de l'information • Chercher le sens de l'événement • Comprendre l'évolution de la Chine

›› Technologies - Energie

Un point du CNRS sur l’innovation en Chine

Le parc technologique de Zhonguancun au nord-ouest de Pékin

Les points forts qui favorisent l’innovation en Chine.

Les plus impressionnants points forts chinois sont connus : ils relèvent de cette extraordinaire capacité de resserrement des moyens autour d’un objectif précis, en dépit du flou, voire des désordres alentour. Ainsi en plein chaos de la révolution culturelle, la Chine en proie aux luttes politiques puis saisie par le délire maoïste réussissait pourtant à faire exploser successivement et à un très faible intervalle de temps sa première bombe nucléaire (1964) puis son premier engin thermonucléaire (1967).

Ces qualités sont toujours présentes et s’expriment au milieu du monstre bureaucratique qu’est le Ministère des Sciences et des Technologies (MoST) par le truchement des programmes phares tels que le projet 973 (973计划), à la fois programme national de recherche fondamentale et de recherche appliquée destiné à favoriser l’accès du pays aux très hautes technologies en liaison avec « les impératifs du développement économique et social » ;

Ou le programme TORCH à l’origine d’une nébuleuse de parcs scientifiques et technologiques, de centres de création de logiciels, et de parcs de promotion de la productivité, à quoi s’ajoutent plus d’une cinquantaine de parcs industriels, dans un concept mêlant comme toujours en Chine recherche fondamentale et appliquée au point que les 2/3 des dépenses en R&D sont financés par les entreprises.

Ainsi sont nés partout en Chine des centres spécialisés : à Wuhan (optronique), Zhanjiang – Shanghai (circuits intégrés et pharmacie), Tianjin (biotechnologie et énergies nouvelles), à Shenzhen (Télécom), Zhongshan (services médicaux et électronique) Changping – Huilongguan (sciences de la vie). L’article le souligne : l’initiative décloisonne les centres de recherche et les institutions et crée des interactions entre le public et le privé.

Au passage Antoine Mynard relève l’apport considérable des délocalisations consenties par les pays développés qui, pour des raisons de coûts ont, par simple osmose, transféré les techniques manufacturières vers la Chine, non seulement en « termes de process industriel mais aussi en termes de produits innovants », tandis que les capacités d’innovation ont, dans certains secteurs, déserté l’Europe et les États-Unis. Un des exemples les plus frappants est le secteur des panneaux solaires.

Survivance des faiblesses.

En contrepoint des points forts chinois et des circonstances qui marquèrent les relations Chine – pays développés ayant favorisé l’innovation, l’article décrypte également les lacunes du système. En premier lieu les « trous dans le financement » qui, soit-dit en passant, sont également le principal talon d’Achille de la recherche en France.

Des « trous dans le financement »…

Les armes de l’arsenal financier dont disposent à une moindre échelle les Européens, alors qu’elle sont très développées aux États-Unis n’existent en Chine qu’à l’état embryonnaire : un marché des cotations de titres et des offres publics d’achat pour le moins hésitant qui plombe les petites et moyennes entreprises ; l’inexistence de l’industrie du capital risque et de mécènes capables de financer les phases d’amorçage et de porter les introductions en bourse ; l’incapacité du marché à identifier les innovations et à les valoriser qui handicape tout particulièrement les secteurs tels que les sciences de la vie où le cycle de l’innovation est long.

…et « un état d’esprit » encore mal adapté à l’innovation.

Le deuxième obstacle à l’innovation est précisément celui qui handicape la création des écosystèmes scientifiques dont l’efficacité repose sur l’ouverture transversale, la transparence, la confiance, « l’état d’esprit entrepreneurial, l’interaction entre les acteurs dans un système qui possède sa propre économie ».

En Chine et malgré d’indéniables progrès, les résistances à l’innovation se nourrissent encore des freins bureaucratiques, des rigidités administratives, d’une législation sur la propriété ambiguë, sans parler des freins que l’article n’évoque pas que sont les querelles politiques ou les lacunes persistantes du système éducatif.

Ce dernier est critiqué en dépit des récentes réformes et des succès de Shanghai aux tests PISA (Programme for International Student Assessment) par nombre de parents et universitaires chinois qui le considèrent trop élitiste, corrompu, mal financé, trop focalisé sur la mémorisation et la compétition, souvent corseté par une relation maîtres - élèves verticale et rigide, au fond inapte à favoriser la création, l’ouverture aux autres et l’indispensable travail en groupe.


• Commenter cet article

Modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

• À lire dans la même rubrique

Le défi chinois de l’énergie. Une stratégie à long terme. La rémanence du charbon et l’espoir de la fusion nucléaire

Au milieu des tensions, une irrésistible modernisation à marche forcée tous azimuts

Retour sur terre des astronautes de Shenzhou 20. Une preuve de maîtrise opérationnelle

L’innovation, les défis de l’IA et de la robotique

Guerre technologique sino-américaine. Le marché chinois, la puissance de Nvidia et les hésitations de Donald Trump