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Exercice d’équilibre en Asie du sud

Ces dernières ont ouvert un crédit de 1 Mds de $ pour la construction d’une centrale électrique au Centre de l’Inde et un autre de 1,9 mds de $ sur 10 ans au profit de Reliance Communication, la 2e société de téléphonie mobile indienne. En octobre, Shanghai Electric Group avait déjà signé un accord de 8,3 Mds de $ avec la compagnie d’électricité Reliance Power. Un contrat de 2,5 Mds de $ était également envisagé pour l’achat d’équipements de centrales thermiques produits par Dongfang Electric.
Dans le même temps, l’équipementier Huawei annonçait qu’il investirait 2 Mds de $ dans les 5 années à venir, y compris dans des centres de R&D. Il s’agit là d’un progrès important puisque, jusqu’au mois de mai 2010, les autorités indiennes, craignant des activités d’espionnage, avaient interdit les opérations de Huawei, connue comme étant un surgeon de l’APL.

La moisson de contrats chinois était estimée à 16 Mds de $, dans un contexte général cependant encore timide, puisque le flux annuel des investissements chinois en Inde ne représentait en 2009 que 221 millions de $, soit à peine 0,1% du flux total des investissements de Pékin dans le monde, en majorité orienté vers la quête de ressources et l’achat d’actifs financiers.

Dans la foulée de ces contrats, Wen Jiabao s’est rendu au Pakistan où il a signé 20 Mds de $ d’engagements dans les secteurs des mines, des hydrocarbures, de l’espace, des machines outils, des produits de la mer, de l’océanographie et de l’électronique.

Il y avait également une touche de « realpolitik » dans ce voyage, en contrepoint de la visite à New-Delhi. La Chine, qui reste de loin le premier fournisseur d’équipements militaires et de technologies nucléaires civiles du Pakistan, entendait à la fois rassurer Islamabad sur la solidité de leur alliance et faire contrepoids à l’entrisme de Washington en Inde, à qui la Maison Blanche vient d’apporter son appui pour l’accession à un siège de membre permanent. Sur ce point, le Régime qui, quoi qu’il en dise est attaché au statu quo, n’a pas réagi, craignant que l’arrivée de l’Inde dans le cercle restreint des membres permanents n’ouvre la porte aux revendications du Japon.

Mais il y a plus, Pékin tient de plus en plus à ses relations avec la République Islamique du Pakistan dans le contexte incertain du conflit afghan, sur fond d’inquiétudes liées à la persistance des troubles ethniques dans la région autonome du Xinjiang peuplée à 45 % de musulmans.

Après l’avènement des Talibans à Kaboul, les premiers contacts de Pékin avec les radicaux islamiques avaient été noués par le truchement discret des autorités pakistanaises. Quant à Islamabad, la quasi alliance avec la Chine est une soupape qui allège le poids du Pentagone et les pressions américaines lui enjoignant de s’impliquer plus dans la remise en ordre des zones tribales contigües.


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