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Les inquiétudes sociales du pouvoir

Le régime commence à se préoccuper sérieusement des conséquences pour le magistère du Parti des écarts de développement qui plombent l’harmonie de la société chinoise.

Alors que les tensions sociales ne faiblissent pas, le mois dernier le Bureau politique a publié une directive dans laquelle il appelle les cadres du Parti à « considérer que l’établissement de relations harmonieuses avec le monde du travail est une mission urgente, afin de garantir un développement économique équilibré et la légitimité du rôle dirigeant du Parti ». La directive qui citait entre autres des salaires impayés aux migrants, constatait que « la période de transition socio-économique dans laquelle le pays était engagé avait favorisé la multiplication des conflits du travail. »

La note exprimait clairement la crainte que la contagion des conflits sociaux, ponctués ici et là de graves violences, pourrait menacer la stabilité sociale et affaiblir la prééminence politique du régime. Elle faisait écho aux observations de Li Keqiang à l’Assemblée Nationale Populaire début mars pour qui le développement du pays devait avant tout passer par l’amélioration des conditions de vie des citoyens et la réduction des inégalités.

Relever les salaires, harmoniser les pensions

Avec l’attention portée au secteur de la santé, l’augmentation des salaires des ouvriers et l’amélioration du système des pensions se trouvent au cœur de l’action sociale du gouvernement. En ligne de mire, la difficile question de l’intégration des migrants, spécifiquement mentionnée par Li Keqiang lors de son discours du 5 mars.

Citoyens de seconde zone ces derniers souffrent toujours d’une absence de statut sur leur lieu de travail. Assez souvent leurs primes, salaires et pensions restent impayés, tandis que, pour beaucoup d’entre eux, les cotisations sociales n’ont pas été réglées ni par eux-mêmes, ni par les patrons.

Longtemps cette irrégularité a été ignorée, poussée sous le tapis par les administrations locales soucieuses de contrôler le coût du travail pour séduire les investisseurs, moteurs de l’activité économique, du plein emploi et de la paix sociale. Quant aux migrants dont les salaires étaient très bas, mais qui à l’époque étaient toujours assurés de trouver un travail, ils préféraient ne pas payer leurs cotisations.

Aujourd’hui, le freinage de la croissance et les débauchages font surgir chez eux un sentiment d’angoisse qui le pousse à réclamer leurs arriérés. Tandis que nombre d’entre eux, inquiets des incertitudes qui pèsent sur leur emploi, font le choix de retourner dans leurs provinces d’origine où les investissements publics ont favorisé le décollage économique, mettant sous pression le marché du travail à l’Est du pays.

Mais la hausse des salaires qui ont fortement augmenté depuis 2010 commence à être freinée par le ralentissement de la croissance et le souci des administrations locales de ne pas déclencher une fuite des entreprises à la recherche d’une main d’œuvre moins chère. Quant à la réforme des retraites elle se heurte aux immenses difficultés de son financement et de l’harmonisation, freinée par les fonctionnaires et assimilés qui craignent de perdre leurs avantages.

Le ministre des finances Lou Jiwei envisage, selon un projet déjà mis en avant lors du plenum de l’automne 2013, de combler le déficit des caisses par des contributions ponctionnées sur les bénéfices des groupes publics. Après les banques obligées d’accepter la concurrence de services financiers privés, le pouvoir s’attaque aux féodalités les plus conservatrices du système : les grandes entreprises d’État, piliers de l’ancien schéma de développement.


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