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Technologies de production d’énergie : l’éthanol... mais et encore toujours le charbon
L’éthanol est à la mode dans les médias chinois. Cet engouement qui renvoie à la fascination des Chinois pour les biotechnologies et l’énergie verte, très en vogue en Chine, ferait presque oublier que la production d’électricité repose encore pour une grande part sur le charbon.
Le China Daily, destiné aux étrangers, vitrine des bonnes intentions chinoises, nous explique que l’utilisation du maïs principal aliment du porc dont les prix flambent toujours est désormais interdite en Chine pour la fabrication de l’éthanol. Il sera remplacé par la patate douce, le sorgho et le manioc. Il faut maintenant transformer les 4 usines de production d’éthanol - dont la production combinée atteignait 1 million de tonnes par an - et les adapter à ces nouvelles matières premières. Le responsable de la commission nationale pour le développement et la réforme Xiong Bilin affirme que la première des 4 usines d’éthanol, située non loin de Pékin, sera bientôt opérationnelle avec une production annuelle de 300 000 tonnes. La matière première sera la patate douce. Une autre dans le Hubei pourrait également produire assez vite 200 000 tonnes. Comme toujours les projets sont grandioses : en 2020, Pékin espère multiplier la production d’éthanol par 10 et atteindre 10 millions de tonnes.
Les enjeux sont importants. Il s’agit non seulement de protéger l’environnement en réduisant la part de combustibles fossiles, mais également de réduire la facture pétrolière. Selon Xiong Bilin, dans 9 provinces chinoises la part d’éthanol entre déjà pour 10% dans l’essence et le diesel vendus sur le marché. (NDLR : cette technique nécessite un raffinage particulier pour la mise au point d’un carburant dit à basse volatilité). La mesure, que la Chine entend généraliser - il y faudrait une production annuelle d’éthanol de 5 millions de tonnes - aurait déjà fait baisser la consommation de pétrole de 1,3 million de tonnes en 2006. L’expérience sera également étendue à l’industrie chimique, où le fuel sera progressivement remplacé par l’éthanol.
Rappelons cependant que la Chine doit faire face à d’importants défis énergétiques et à de lourdes contradictions, dont la plus mince n’est pas l’existence d’importantes réserves de charbon qui seront encore longtemps à la base de la production d’énergie. (Plus de 65% du bilan énergétique). Dans ce contexte, le premier souci des dirigeants chinois, au-delà de l’éthanol, est d’abord de maîtriser les techniques de pointe de combustion du charbon pour une production d’électricité « propre ». C’était l’objet de l’achat par la Chine, le 23 avril 2003, lors de la visite de J.P. Raffarin en Chine, d’une chaudière « à lit fluidisé - LFC - » de 300 Megawatts, fabriquée par Alstom (prix de vente : 65 millions d’euros), destinée à une centrale au Sichuan. De plus, Alstom a accordé un transfert de technologie LFC pendant 15 ans (jusqu’en 2018) aux trois principaux fabricants chinois de chaudières qui construiront plusieurs unités en coopération avec Alstom assurant ainsi une mise en oeuvre efficace de la technologie. Notons que cette technologie LFC de conception française permet la combustion propre et efficace du charbon même avec des combustibles de qualité médiocre.
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