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Les voies modernes et anciennes vers la démocratie. Espoirs et embûches
La multiplication des manifestations pour la protection de l’environnement, récemment à la une de l’actualité de Kunming contre l’installation d’une raffinerie dans une zone très peuplée et la réaction des autorités, parfois brutale, repose la question des relations entre le pouvoir et la société.
L’effervescence écologique et la réactivité politique de la nouvelle classe moyenne plus exigeante et plus solidaire, à quoi s’ajoute le dynamisme social des campagnes, qui se nourrit des vieilles organisations claniques patriarcales, accompagne l’évolution politique du pays. La vitalité de ces mouvements incite à s’interroger sur les leviers d’action et de solidarité qui structurent la société chinoise, qu’ils soient modernes, favorisés par le net, ou très anciens, articulés autour des clans.
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La contestation urbaine articulée par internet.
Le 8 mai 2013, le China Daily publiait un sondage réalisé entre mars et avril dernier par l’Université Jiao Tong de Shanghai auprès de 3400 citadins dans 34 villes, qui révélait que 80% des urbains estimaient que la protection de l’environnement devait être une plus haute priorité du gouvernement, tandis que plus de 60% jugeaient que l’information officielle sur les questions d’environnement n’était pas transparente.
Dans le même temps, s’exprimant devant le Comité Permanent de l’Assemblée Nationale Populaire, Yang Chaofei, vice-président de la Société chinoise des sciences de l’environnement, pointait du doigt l’explosion du nombre d’incidents écologiques dus à la dissémination de métaux lourds ou de substances toxiques.
Il précisait que la hausse de 120% des accidents écologiques en 2012 avait été à l’origine d’une aggravation de la grogne des résidents, dans un contexte où les canaux d‘information et de dialogue étaient insuffisants. En même temps, il recommandait d’améliorer les procédures d’analyse des risques environnementaux, ainsi que le dialogue avec le public, dont les soucis écologiques devaient être mieux pris en compte.
Le 16 mai à Kunming, une foule de 2000 personnes qui protestaient contre le projet d’installation par Petrochina d’une usine chimique et d’une raffinerie à la capacité annuelle de 10 millions de tonnes, a été vigoureusement dispersée par la police qui avait bloqué toutes le rues adjacentes. Les messages anti pollution sur les réseaux sociaux ont été censurés et les activistes menacés d’être désormais interdits de travail dans la fonction publique.
Le conflit présente toutes les caractéristiques du dialogue de sourds, avec le géant pétrolier qui manque à ses obligations de transparence, la population locale échaudée et méfiante, tandis que les cadres locaux répètent, sans convaincre personne, que tous les critères écologiques seront respectés. Mais, preuve que le pouvoir a pris conscience que les rapports de force ont évolué, le maire de Kunming, Li Wenrong promet que les projets seront annulés si « la plupart des citoyens s’y opposaient. »
Les incidents de Kunming s’inscrivent en effet dans une prise de conscience publique aujourd’hui plus précise des dégâts écologiques qui frappent le pays. Les internautes se mobilisent, tandis que les ONG chinoises dénoncent les abus. A Pékin, « l’Institut d’Ecologie Publique », créé en 2006, par Ma Jun qui suit depuis des années la dégradation de l’environnement, est passé maître dans l’art de mobiliser les énergies contestataires par le net. Avec ses 9 employés volontaires à temps plein, il a compilé une base de données des pollutions dangereuses de l’eau et de l’air ambiant.
Les résultats, mis en ligne sur une carte, sont embarrassants pour le pouvoir. 97 000 usines opèrent en marge de la légalité tandis que 15 000 entreprises publiques sont accusées d’être à l’origine de 65% des pollutions, au point que Ma Jun considère que les réels obstacles ne sont pas financiers ou technologiques, mais liés à l’absence de motivation des cadres ou à leur corruption. Le pouvoir central, préoccupé par l’inertie des administrations locales, considère que la mise à jour publique des manquements participe de ses propres efforts anti pollution, qui jusqu’à présent ont manqué d’efficacité.
En même temps circulent des informations alarmantes déjà connues sur les ravages de santé dus à la pollution de l’air qui, selon un rapport de la banque Mondiale publié 2007, tuerait 700 000 personnes chaque année, à quoi s’ajoute l’extrême stress hydrique du nord-est très sérieusement aggravé par la pollution, dont souffrent les régions de Pékin, Tianjin, toute la péninsule du Shandong, le Jiangsu et Shanghai. (Lire l’article China water pollution map).
Mais, à côté des ONG qui diffusent grâce au net une nouvelle conscience écologique, favorisant une meilleure réactivité sociale, il existe dans la société chinoise des ressorts traditionnels de solidarité et de contre pouvoir capables de mobiliser efficacement les citoyens par d’autres canaux enracinés dans l’histoire.
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La structure clanique réinvente la démocratie.
D’après une étude du « Social Science Research Council (SSRC) », organisation internationale basée à New-York, dont les résultats avaient été publiés en janvier 2012 (Protests, Democracy, and Kinship Organizations in China), on assiste en Chine à la résurgence des réseaux familiaux, dont l’efficacité a été étudiée au travers de l’incident de Wukan de l’automne 2011.
Dans ce village minuscule de 13 000 habitants, la population, normalement éclatée par de nombreux intérêts divergents avait réussi à s’organiser avec une exceptionnelle efficacité. Soudés par un sentiment de confiance sans faille, les habitants ont créé des groupes de travail, se sont partagés les tâches, ont recueilli des dons, et procédé à leur distribution. Plus encore, pour échapper aux représailles policières qui répriment les regroupements de nature politique, ils ont agi clandestinement, et associé tous les résidents à leur action, évitant ainsi les risques de fuite et de trahison.
Cette performance a été possible grâce aux réseaux familiaux. Organisées autour des lignages patriarcaux, ces organisations, encore très actives dans la campagne chinoise, qui peuvent compter plusieurs centaines de milliers de membres, se regroupent autour des hommes portant le même patronyme, qui, en théorie, les renvoie à un ancêtre commun. Elles gèrent spontanément les affaires locales qui vont des services sociaux d’entraide aux donations et garantissent l’équité entre les membres.
Le Parti qui y voit une forme de sujétion destinée à tenir la population dans la dépendance économique, politique et spirituelle en confortant les discriminations, s’était appliqué à les éradiquer. Catalogués comme ennemis du peuple, les réseaux familiaux claniques avaient en effet disparu à la fin de la révolution culturelle, comme avaient été éliminés les documents généalogiques, les autels et les tablettes des ancêtres, tous détruits, comme des réminiscences féodales.
Mais le PCC n’a pas réussi à éradiquer l’esprit de l’organisation elle-même, les liens ancestraux et le partage des rôles. Peu après la fin de la révolution culturelle, ce tissu reprit de la vigueur, ponctué par les cérémonies aux ancêtres et les services à la communauté. Progressivement, il devint aussi la colonne vertébrale de la contestation sociale.
Quand la population de Wukan décida de basculer dans la manifestation de rue, l’organisation trouva très rapidement son efficacité. Agissant en dehors d’internet, trop surveillé par les autorités, un noyau dur d’une cinquantaine de personnes fut mis sur pied autour des principaux chefs des lignées familiales.
Contrairement à l’image autocratique véhiculée par le Parti Communiste, les clans familiaux sont des organisations démocratiques qui choisissent leurs chefs, non seulement en fonction de l’ancienneté, mais également sur des critères d’intégrité, d’impartialité, de capacités de leadership et de force de caractère, dont l’importance prend aujourd’hui le pas sur l’âge.
Les décisions qui prennent soin de ne marginaliser personne, ne se prennent pas à la tête et sont le résultat des discussions dans des réunions ouvertes où toutes les opinions peuvent s’exprimer. C’est cette machine clanique qui s’est mise en branle à la fin 2001 à Wukan, quand les villageois jeunes et vieux décidèrent de marcher sur la mairie et d’en découdre avec la police qui fut contrainte d’abandonner le village.
L’ancienne administration corrompue et complice de la captation de terres concédées sans concertation à un développeur immobilier qui distribue des pots de vin, ayant également été contrainte de fuir le village, les 47 clans désignèrent rapidement une assemblée locale chargée de définir une stratégie, de répartir les rôles, d’organiser l’information régulière de la population, de définir une politique de communication par le truchement de journalistes contactés secrètement, de lever des fonds et d’administrer le village.
Surtout, 13 représentants élus à partir de 117 représentants furent désignés comme « l’assemblée exécutive transitoire », chargée de diriger le village et de négocier avec les autorités, au nom de toute la population.
Cette organisation familiale spontanée qui fait revivre un schéma collectif ancestral semble opposée à la conception démocratique moderne qui privilégie le partage des pouvoirs et la responsabilité individuelle. S’exprimant par le truchement du suffrage universel qui, par divers scrutins et procédures donne la parole à des formations politiques opposées, il choisit à la fois un exécutif et le contre pouvoir des assemblées. Mais l’enchaînement des événements à Wukan indique que les voies de l’émancipation politique peuvent être diverses.
Dans ce cas , elles ont précisément emprunté des structures traditionnelles, dont les théoriciens de la démocratie ont toujours réclamé l’abolition. Ce qui tend à montrer que le transfert du pouvoir au peuple ne passe pas nécessairement par des partis politiques à l’occidentale, mais peut se construire de manière pragmatique, à partir des traditions populaires existantes.
Mais la route qui conduit à la disparition des spoliations, de l’arbitraire et des connexions affairistes est encore longue.
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Le poids de l’affairisme et des intérêts acquis.
Les élections qui eurent lieu le 3 mars 2012 à Wukan furent sans nul doute un succès dont s’était félicité Wang Yang, le n°1 de la province de Canton. 80% des électeurs y avaient participé et de l’avis de tous les observateurs, elles furent libres et équitables. (Lire notre article La cinquième modernisation).
L’ancien chef de village Xue Chang fut arrêté et condamné à trois ans et huit mois de prison pour abus de pouvoir, trafic d’influence et captation illégale de terres. Lin Zuluan, 69 ans, l’un des dirigeants de la révolte fut élu à sa place avec 3400 voix sur 6899 votants.
Deux des jeunes protestataires les plus actifs du village obtinrent des sièges au sein du conseil municipal de 7 membres qui entreprit de réparer les routes et de mettre sur pied un fond d’aide sociale pour les mères célibataires et les vieilles personnes ; des sondages furent organisés pour le lancement de projets municipaux comme ceux des dortoirs à l’école ou celui d’un abri contre les tornades sur le port.
Mais le nouvel élan n’est pas allé beaucoup plus loin. Les dirigeants élus ont refusé de retourner les parcelles qui, disent-ils, seront intégrées dans des projets de développement nouveaux, comme un parc écologique planifié dans l’intérêt général. On soupçonne que des connections politiques à Pékin bloquent la restitution des terres pour protéger les investisseurs qui, avant les troubles, avaient spéculé sur la manne foncière.
La réalité est que les problèmes fonciers du village expriment les tensions autour des inégalités villes – campagnes et de l’urbanisation massive de la Chine, dont l’un des problèmes les plus aigus est la disponibilité des terres agricoles, à quoi s’ajoute la dépendance des administrations locales aux projets immobiliers lucratifs, principale cause des captations de terres et source de 50% des 100 000 « manifestations de masse » - plus de 100 participants - répertoriées annuellement (cf. l’édition 2013 du Livre Bleu sur le développement social préparé par l’Académie des Sciences Sociales). Cette conjonction de défis imbriqués dépasse largement les capacités de compromis et d’arbitrage du conseil de village.
Les nouveaux membres du Conseil municipal eux-mêmes semblent lassés. Lin Zuluan, 70 ans, a publiquement laissé entendre qu’il regrettait de s’être investi à ce point dans la protestation, soulignant que les revendications des résidents de Wukan étaient irréalistes et trop impatientes.
Aujourd’hui Wukan, qui avait un temps servi la propagande du régime autour de l’image d’un conflit local géré grâce à un scrutin exemplaire, n’est plus considéré comme le symbole d’une contagion démocratique, mais plutôt comme l’archétype d’un système à éradiquer qui perpétue les captations de terres illégales et la corruption des fonctionnaires.
Il reste que le modèle de protestations violentes des citoyens a fait souche et s’est développé dans plusieurs villages alentours, attisé par des arbitraires fonciers, fomentés par les administrations locales. La réaction des autorités y a été moins souple qu’à Wukan. Mais la répression ne parviendra pas à stopper les troubles qui accompagneront l’urbanisation tant que les lois foncières ne garantiront des transferts de terres équitables et correctement indemnisés.
D’autant que tout indique que le modèle Wukan de la mobilisation en sous main, n’est pas mort. Un article de Reuter du 28 février 2013 mentionne Zhuang Leihong, 28 ans, un des chefs des combats de l’automne 2011, dont les « héros » s’étaient regroupés autour du mouvement au nom évocateur de « la Ligue patriotique de la jeunesse au sang chaud de Wukan 烏坎熱血青年團 »
Après l’élection de 2012, constatant les immobilismes fonciers et les blocages politiques, il avait quitté le conseil municipal, mais n’a pas abandonné la lutte. Il adoptera dit-il « le profil plus discret, d’une force qui continuera à se construire “derrière le rideau“, pour éviter la répression gouvernementale », qui sonne comme un retour à la stratégie discrète des clans.
Lire aussi :
La démocratie directe et le défi des révoltes paysannes.
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BREVES (1)
Faible qualité de vie dans les grands centres urbains.
Un récent rapport de l’Académie des Sciences Sociales révèle que, hormis Hong Kong et Macao, la plupart des grandes villes chinoises de premier rang n’offrent qu’une médiocre qualité de vie, essentiellement à cause des atteintes à l’environnement. Si Pékin présente des avantages en termes de ressources universitaires et académiques ou comme centre d’affaires, elle ne se classe que 74e sur 119 en termes de qualité écologique.
Le document souligne que la plupart des villes de premier rang ne sont pas conçues pour le confort et l’agrément de leurs habitants, et que leurs inconvénients s’aggravent (pollution, embouteillages, coût des logements, sécurité alimentaire).
Lutte contre le trafic de drogue.
Selon le ministère de la sécurité publique, la drogue consommée en Chine provient essentiellement d’Asie du Sud et du Sud-Est et d’Asie Centrale. En dépit des efforts pour en contrôler la circulation, les résultats sont décevants.
En 2012, 5,37 tonnes d’héroïne (73% de la consommation chinoise) et 8,95 tonnes de méthamphétamine - drogue euphorisante – (55% de la consommation) ont transité par le Myanmar et le Yunnan. Le Vietnam, le Laos, la Thaïlande et la région du Triangle d’Or (région montagneuse aux confins du Myanmar, du Laos et de la Thaïlande) sont également des sources. En 2012 les champs de pavot du Triangle d’Or ont produit 60 tonnes d’opium.
Les champs de pavot en Afghanistan et d’Iran couvrent 154 000 ha, produisant 370 tonnes d’opium qui transitent par le Xinjiang, dont une partie est redirigée vers la Malaisie, le Vietnam ou la région de Canton par des organisations mafieuses bien organisées et équipées de matériels d’écoute permettant d’anticiper les mouvements de la police.
La Chine coopère avec les pays limitrophes, l’Europe et les États-Unis pour identifier les réseaux par échange de renseignements. Une récente opération nationale a permis d’arrêter 61 300 suspects et de saisir 17 tonnes d’héroïne et de méthamphétamine, soit trois fois plus que durant le même période en 2012. 274 laboratoires clandestins ont été fermés et 4438 tonnes de produits chimiques utilisés dans la fabrication de drogue ont été saisis. En mars 2013, la Chine comptait 2,14 millions personnes droguées, en hausse de 47% depuis 2008, qui seraient à l’origine de 30% des crimes et délits.
Coup de balai à Canton et au sommet de l’état.
Trois officiels de rang intermédiaire ont récemment été mis en examen pour corruption et démis de leurs fonctions dans la province de Canton. Il s’agit de Liu Jiansheng, membre du Comité du parti de la préfecture de Baiyun, de Guo Qinghe, vice-maire de Conghua, un faubourg de Canton et Liu Yantang, vice directeur de l’administration des forêts. Ces révocations s’inscrivent dans la campagne de lutte contre la corruption initiée par la nouvelle administration du pays.
Parmi les cibles se trouvent Yi Junqing, Directeur du bureau des traductions du Comité Central, tombé à la suite d’une affaire d’adultère après que sa maîtresse ait publié en ligne un long compte-rendu de leur liaison ; Zhai Zhenfeng Directeur du bureau des logements d’un district de Zhengzhou, accusé de corruption, Chen Zengxin, secrétaire de la Commission des lois du district de Shanwei dans la province de Canton pour abus de pouvoir, corruption et trafics de drogue. Ce dernier risque la peine de mort.
Mais, selon une dépêche de Xinhua du 12 mai, le plus haut responsable tombé récemment pour corruption, est Liu Tienan, Directeur du Bureau National de l’énergie et vice-président de la Commission pour la Réforme et Développement (CNRD). Certains analystes chinois ajoutent cependant que la chute de Liu serait également due à sa proximité avec Jiang Zemin et Zeng Qinghong, dont il gérait la fortune.
Selon le magazine Caijing, sous son égide, 92% des actions du groupe public Luneng au Shandong, dans le secteur de l’énergie, auraient été vendues en 2006, pour seulement partie de leur valeur. Une transaction sous le manteau, dont aurait profité Zeng Wei, le fils de Zeng Qinghong. Il n’est pas impossible que la destitution de Liu soit aussi un message adressé à ceux des responsables de la CNRD opposés à la politique de remise en ordre de l’industrie.
Grogne des militaires retraités.
Le 20 mai, un millier d’officiers en retraite venant de plusieurs régions de Chine se sont rassemblés en face de la Commission Militaire Centrale pour réclamer de meilleures conditions de vie. « Nous avons servi 20 ou 30 ans, mais une fois mis à la retraite nous n’avons plus de revenus, et vivons sans logement ni assurance maladie ».
La manifestation qui a attiré une foule de curieux et de sympathisants était sévèrement encadrée par la police. Les représentants ont été reçus l’après-midi à la CMC. Dans la soirée, la place a été évacuée et certains des manifestants conduits de force dans les hôtels, avant d’être renvoyés dans leur province.
Ce n’est pas la première fois que les militaires retraités protestent. Les ratés de leur protection sociale des militaires seraient dus aux négligences des administrations locales responsables de la mise en œuvre des plans sociaux et des politiques de réinsertion professionnelle au profit de l’APL.
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BREVES (2)
Compensation pour les victimes d’une erreur judiciaire.
La haute cour du Zhejiang a annoncé le 20 mai qu’elle attribuait une compensation de 360 00 $ à deux hommes condamnés par erreur à 10 ans de prison en 2004 pour le meurtre d’une jeune fille de 17 ans. La somme doit compenser le stress mental et les 3596 jours de prison effectués. Un jugement en appel a établi leur innocence en mars 2013.
Lutte contre les gaspillages.
Le gouvernement a lancé une campagne nationale dans les restaurants du pays pour freiner les dépenses somptuaires des cadres du Parti et se conformer à la directive du 4 décembre 2012 de Xi Jinping (Code en huit points 八项规定) . Selon le ministère du commerce, en février 2013, les restaurants de premier rang de Pékin et Shanghai ont constaté une baisse respective de 35% et 20% dans leurs affaires.
Pour certains la baisse aurait été de 80%, qui s’est accompagnée du licenciement d’une partie de personnels de salle et 80% des cuisiniers. Ajoutées à la hausse des loyer et des salaires des personnels cette mesure mettra en danger de faillite ceux des restaurants de premier rang incapables de s’adapter à la nouvelle situation.
Revendications pour plus de vacances.
Selon une enquête du ministère du tourisme effectuée dans 14 villes de Chine, plus de 40% des employés ne bénéficieraient pas de vacances payées, tandis qu’une étude indépendante datant de 2009 classait la Chine bonne dernière sur 39 pays pour les vacances payées. En moyenne les Chinois ne bénéficient que de 21 jours de vacances payées, y compris les jours fériés officiels, à comparer avec les 41 jours des Brésiliens, classés en tête.
Le ministère du travail qui considère aussi que l’augmentation du temps de loisir sera un adjuvant à la consommation intérieure, a récemment publié une planification 2013 – 2020 visant à redresser la situation des vacances.
Les chantiers navals en crise.
La Chine est devenue le 1er fabricant mondial de cargos de vrac, mais beaucoup de chantiers navals rencontrent de grandes difficultés, dont une partie est provoquée par la dévaluation du Yen japonais et la concurrence des chantiers navals nippons. En 2012 les 153 chantiers navals de Chine ressentent aussi la concurrence des 5 chantiers navals coréens, tandis que la demande globale s’est contractée de 50% par rapport à 2008.
Beaucoup de chantiers construisent à perte ou ont fermé, tandis que les actions à Hong Kong du n°1 du secteur, Jiangsu Rongsheng Heavy Industries Co, ont accusé une baisse de 50%. En 2012, il a annoncé une perte sèche. Le marché souffre aussi du manque de capitaux et de l’effondrement des prix du transport de plus de 35%. L’espoir pourrait résider dans la volonté des armateurs de moderniser leurs flottes avec des unités plus économes et plus respectueuses des nouvelles normes écologiques.
Fraudes et contrôles alimentaires.
La médecine chinoise sur la sellette
En mai, le gouvernement a lancé sa première campagne de 5 mois pour traquer la fraude alimentaire, l’usage d’additifs interdits et la publicité mensongère. La technique de contrôle reposera sur des inspections inopinées, dans un secteur dont le chiffre d’affaires global est de 45 Mds de $ qui souffre encore de vastes fraudes.
Simultanément, la ville de Shanghai a continué ses contrôles pour éliminer du marché la viande d’animaux morts et fermé 9 restaurants. Plusieurs centaines d’autres ont reçu des avertissements. L’opération se poursuit alors que des rumeurs laissaient entendre que des établissements avaient servi de la viande de rat ou de renard pour du mouton.
A Canton, une récente inspection a établi la présence de cadmium toxique dans des stocks de riz de plusieurs restaurants et dans les cantines de 2 universités. Le riz suspect viendrait du Hunan.
Initialement les autorités avaient gardé secrètes les infos sur l’origine du riz frelaté et les restaurants qui le servaient. Mais la pression des internautes a obligé le gouvernement de Canton à modifier sa stratégie pour plus de transparence.
Toutefois, les suspicions les plus sensibles pour l’opinion publique sont apparues le 9 mai dernier quand le quotidien Sud Journal de Canton a révélé que le Département de la santé de Hong Kong avait ordonné le retrait d’un remède traditionnel qui contenait 5 fois la dose autorisée de sulfure de mercure. Selon un autre article du journal en date du 21 mai, qui rend compte de témoignages venant du secteur des médecines traditionnelles, une quarantaine d’autres médecines, produites par le géant des médecines traditionnelles Tong Ren Tang fondé en 1649, seraient dans le même cas.
A la suite de ces révélations, une controverse est née où on a vu le Dr Wang Quansheng n°2 du service d’intégration des thérapies occidentales et chinoises de l’hôpital central de Wuhan expliquer que, selon les normes de la pharmacopée chinoise, les doses de sulfure de mercure ne pouvaient pas dépasser 0,5 g par personne et par jour sous peine de complications hépatiques et rénales et d’atteintes du système nerveux.
Peu après Tong Ren Tang mettait en ligne une déclaration sur son site officiel, expliquant que le sulfure de mercure était lui-même un remède de médecine traditionnel vieux de 2000 ans et que les patients ne couraient aucun risque s’ils se conformaient aux indications du médecin.
Enfin, Shi Lichen cofondateur d’un société de consultants sur le secteur de la pharmacopée commerciale, liée à l’Université de Pékin, expliquait à la fin mai que les sociétés pharmaceutiques chinoises devaient adopter des règles strictes de contrôle pour s’assurer que les ingrédients naturels utilisés ne sont pas contaminés par des métaux lourds où altérés par des intermédiaires qui y ajoutent des additifs dangereux.
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