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›› Politique intérieure

Censure et risques posés par les réseaux sociaux

La carte qui date de 2019, établie par un précédent rapport de Freedom House montre que seuls les pays démocratiques occidentaux + l’Afrique du Sud, l’Argentine, le Chili, le Costa Rica, la Géorgie, l’Arménie, la Serbie et le Japon disposent d’un Internet totalement libre soit seulement 23% des pays évalués.

A l’époque la Chine figurait déjà en dernière position du classement avec un score de 10/100, contre 79% pour Taiwan. L’Estonie et l’Islande, les deux champions, avaient obtenu plus de 90% tandis que la France était, comme les États-Unis, créditée de 76%.

La conviction de Freedom House est fondée sur le fait que la liberté ne peut s’épanouir complètement que dans les démocraties où les gouvernants sont comptables face au peuple. Leurs études ne mesurent cependant pas encore suffisamment à quel point les chaos des réseaux sociaux, résultat de la liberté d’expression sans aucune limite, pourrait constituer une menace pour les démocraties.


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L’analyse qui suit, synthèse commentée d’un récent article paru le 17 octobre sur CNN, traite de la censure en Chine, notamment celle qui corsète étroitement les réseaux sociaux.

Le constat qui place la Chine au même niveau catastrophique de contrôle du net que le Myanmar, avec le score préoccupant de seulement 9 sur 100, s’appuie sur une enquête de l’Organisation « Freedom House ».

Entièrement financée par le gouvernement américain, l’étude affirme que « la liberté de l’Internet global en Chine et au Myanmar se dégrade sans discontinuer depuis 14 ans. »

L’état des lieux et la comparaison avec la Junte birmane dont QC a montré comment, en dépit de ses intérêts sur place, l’appareil tente, il est vrai pas toujours avec succès, de se tenir à l’écart (lire : Au Myanmar le pragmatisme de Pékin aux prises avec le chaos d’une guerre civile) a touché un nerf sensible à Pékin.

Le 16 octobre, Mao Ning, la porte-parole du Waijiaobu a vivement réagi en accusant les auteurs de l’étude d’avoir un parti-pris anti-chinois. « Les citoyens chinois jouissent de tous les droits et libertés conformément à la loi » (…) « Ce soi-disant rapport est complètement faux et a des arrière-pensées ».

A la vérité, du point de vue de l’appareil attentif à son image publique, la comparaison avec le Myanmar touche à l’insulte.

A côté de la description des procédés de contrôle classiques en effet en vigueur en Chine tels que le blocage des VPN et des plateformes occidentales (Google, Facebook, Instagram, X, Snapchat ou Redit), au milieu de la suppression des messages politiques pro-démocratie, il est en revanche facile de constater à quel point les réseaux sociaux chinois expriment régulièrement des opinions discordantes.

Sans jamais franchir la « ligne rouge » remettant en cause la prévalence politique du Parti, il n’en reste pas moins qu’ils en disent long sur la société chinoise.

C’est pourquoi le § du rapport faisant de l’accès à l’information en ligne au Myanmar « une question de vie et de mort pour de nombreuses personnes, en particulier pour ceux qui cherchent à se protéger des attaques aveugles de l’armée et les millions de personnes qui tentent de surmonter une crise économique et humanitaire dévastatrice », n’est en aucune façon acceptable pour les élites chinoises, révulsées de se retrouver dans l’étude de « Freedom House » en compagnie de la brutalité sans nuances de la Junte birmane.

Surtout que les parangons de la liberté d’expression de Freedom House, pourfendeurs militants de la censure, passent presque sous silence le risque existentiel que l’anarchie débridée des réseaux sociaux fait peser sur l’harmonie sociale. L’appareil chinois qui ne s’embarrasse pas de muance, s’en protège à sa manière définitive.

Les démocraties doivent encore trouver le moyen de ménager la liberté d’expression sans se laisser submerger par le chaos.

En façonnant en partie une opinion publique autour des manipulations de la vérité par le truchement des « bulles d’opinions étanches » coagulées par algorithmes et générateurs de violences sectaires, parfois incultes, le phénomène addictif des réseaux sociaux prive en effet le public de la confrontation sereine et documentée à des idées contraires, élément indispensable au bon fonctionnement des démocraties.

 

 

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