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›› Editorial
Sur son flanc sud, Pékin revisite ses tensions avec l’Inde et cherche le chemin d’une improbable médiation entre Islamabad et Kabul
Le Chinois Wang Yi, l’Afghan Amir Khan Muttaqi et le Pakistanais Ishaq Dar se sont rencontrés à Kabul le 20 août, à l’occasion du dialogue trilatéral des ministres des Affaires étrangères (photo Ministère des AE pakistanais).
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La semaine du 18 au 24 août a été marquée par une intense activité du ministre des Affaires étrangères Wang Yi en Inde, au Pakistan et en Afghanistan.
La zone historiquement instable est marquée par des explosions de violence récurrentes, notamment à propos d’irréductibles querelles de frontières, non seulement entre New-Delhi et Pékin, mais également au Cachemire, entre le Pakistan et l’Inde.
Elle est aussi traversée par les tensions de l’Islam radical que le régime chinois qui craint une contagion vers les zones à majorité musulmane du Xinjiang, surveille comme l’huile sur le feu.
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En Inde, le volontarisme de l’apaisement face à la défiance historique.
A New-Delhi, Wang Yi a été reçu au plus haut niveau par Narendra Modi, dans une ambiance où en dépit des insistantes défiances réciproques, dominait une volonté d’apaisement.
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A New-Delhi où, le 18 août, Wang Yi a été reçu par Narendra Modi et a rencontré son homologue S Jaishankar, le ton et l’ambiance traduisaient la volonté de dépasser les rancœurs récurrentes.
L’objectif affiché était de préparer la première visite en Chine de Narendra Modi depuis 2018, cinq années après la terrible flambée de haine de la nuit du 15 juin 2020 (Lire : Chine - Inde, l’improbable réconciliation).
Depuis lors, les deux parties ont tenu une série de discussions pour apaiser la situation.
En octobre dernier en Russie, à Kazan, lors du sommet des BRICS (lire : Les BRICS à Kazan. Une mise en scène sino-russe d’appel aux peuples frustrés du monde) Modi et Xi se sont rencontrés pour la première fois depuis cinq ans. Les deux avaient conclu un accord pour patrouiller à leurs frontières. Depuis ils ont commencé à alléger leurs dispositifs militaires.
Le 20 août, le ministère indien des Affaires étrangères déclarait que Wang Yi et le conseiller indien à la sécurité nationale, Ajit Doval, avaient discuté de « désescalade, et des questions frontalières ».
En même temps, les médias d’État chinois qui restaient flous sur les modalités, parlèrent, en exagérant beaucoup, d’un « accord ». En réalité, selon le verbatim du Waijiaobu, lui-même, il visait seulement à « explorer la possibilité de faire avancer les négociations sur la démarcation des frontières ». Mais le volontarisme optimiste cachait le piétinement du dialogue.
En dépit des bonnes intentions des « divergences fondamentales » subsistent entre les deux pays. Le MAE indien Jaishankar a par exemple exprimé ses inquiétudes face à la persistance de l’esprit de la performance hors normes de l’appareil chinois. Après, le « Grand barrage des Trois gorges » mis en eau il y a près d’un demi-siècle, en voilà un nouveau.
Il concerne le projet de construction d’un autre barrage géant sur le fleuve Yarlung Tsangpo, en territoire tibétain – qui devrait devenir le plus grand projet hydroélectrique au monde – dont Delhi craint qu’il impacte les communautés et les zones en aval.
Il faut se rendre à l’évidence, l’antipathie sino-indienne demeure. Même la variable Trump et les 25% de taxes infligées à l’Inde en représailles de l’augmentation de ses achats d’hydrocarbures à la Russie n’a pour l’instant pas perturbé le traditionnel positionnement stratégique de New-Delhi aux cotés de Washington et en défiance à la Chine.
« Les questions de sécurité fondamentales et la nature générale des relations entre l’Inde et la Chine ne changeront pas en raison des politiques de Trump. Le cadre indopacifique – (NDLR : Notamment la participation de l’Inde au QUAD, - Dialogue de sécurité entre les États-Unis, l’Inde, le Japon et l’Australie face à la tentation impériale chinoise -, continuera de façonner la dynamique régionale de la sécurité dans la région », a déclaré au Guardian Sana Hashmi, membre de la Taiwan-Asia Exchange Foundation.
Elle ajoute que « Pour l’instant, la priorité de l’Inde est de gérer les tensions avec la Chine, tout en naviguant au mieux dans les eaux américaines troublées par Trump. »
Le 21 août, Wang Yi était, pour sa deuxième fois en trois ans, au Pakistan, le plus proche allié de la Chine en Asie du Sud. Le but de la visite était le sixième cycle du dialogue stratégique entre les deux ministres des Affaires étrangères.
Avec Islamabad une alliance asymétrique, mais « cuirassée de fer. »
Le 21 août, Wang Yi rencontrait à sa résidence le Premier ministre du Pakistan. Muhammad Shehbaz Sharif, en même temps que le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, le sénateur Mohammad Ishaq Dar et le chef d’état-major de l’armée, le maréchal Syed Asim Munir. La visite avait trois objectifs : 1) Relancer la portion pakistanaise des « Nouvelles Routes de la Soie » par une injection de 62 Milliards de $ ; 2) Préparer le terrain pour une Viste en Chine de Sharif lors du sommet de l’OCS de Tianjin ; 3) Explorer les voies d’apaisement de la relation entre le Pakistan et l’Afghanistan.
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Wang qui a insisté sur la nature indéfectible à toute épreuve de la relation (Les Chinois parlent d’une « relation cuirassée de fer – 铁一般的关系- ») a plaidé pour la relance du Corridor économique Chine-Pakistan (CPEC) (lire : Le Pakistan, premier souci stratégique de Pékin. Les faces cachées de l’alliance) par une nouvelle injection de 62 milliards de $ axée sur l’industrie, l’agriculture, l’exploitation minière, les technologies de l’information et les projets décarbonés.
Ishaq Dar, vice-premier ministre et MAE, a salué les liens stratégiques bilatéraux ayant, dit-il, atteint de « nouveaux sommets ». En même temps, il a précisé que la visite de Wang Yi préparait le terrain pour le voyage prévu du Premier ministre Shehbaz Sharif en Chine à l’occasion du sommet de l’OCS à Tianjin, le 31 août, alors que les deux pays s’apprêtent à célébrer en 2026 le 75e anniversaire de leurs relations diplomatiques.
En 2024, leurs échanges commerciaux renforcés par l’accord de Libre-échange de 2007 et le Corridor économique Chine Pakistan établi en 2015, ont atteint 23 Mds de $, en hausse de 35% par rapport à 2023.
Mais les annonces positives ne disent rien de l’asymétrie due à la forte prévalence des exportations chinoises neuf fois supérieures à celles du Pakistan qui, du coup, enregistre un déficit structurel commercial de 16 Mds de $.
Compte tenu de la nature des exportations pakistanaises (riz, textiles, minéraux), comparées au vaste éventail de biens de consommation courante exportés par la Chine au Pakistan, la réduction de l’écart est impossible.
Le déséquilibre entre le géant chinois et le petit Pakistan régulièrement ravagé par le terrorisme islamique qui n’épargne pas les Chinois (lire : Au Pakistan, des Chinois à nouveau victimes des terroristes) [1], mais doté de l’arme nucléaire, pièce maîtresse de la sécurité du flanc sud de la Chine, en même temps, historiquement proche de Washington pour sa sécurité [2] et ses équilibres financiers, se lit aussi dans l’immense écart du PNB/Hab, dont les 1484 $ - classés dans dernier tiers du classement mondial - sont près de dix fois inférieurs aux 13 000 $ de la Chine (Chiffres FMI et Banque et mondiale).
L’exercice acrobatique de la « Trilatérale » Chine-Pakistan-Afghanistan.
Le 21 août a également eu lieu à Kaboul, au milieu de fortes défiances régionales, l’exercice acrobatique tenant de la quadrature du cercle du Sixième dialogue trilatéral des ministres des Affaires étrangères entre la Chine, l’Afghanistan et le Pakistan.
Lors de la réunion, Wang Yi, a appelé au renforcement de la confiance et des échanges entre les trois pays, les exhortant à poursuivre sur la voie de la « sécurité coopérative et commune ».
Le 21 août, le Global Times lui-même habituel porte-voix de l’appareil chinois exprimait un doute : « Dans un contexte de sécurité régionale fragile et une dynamique mondiale en mutation, l’appel de Wang Yi soulève une question d’actualité : comment, alors que Pékin, Islamabad et Kaboul connaissent de fortes tensions liées à leurs frontières, au terrorisme et aux vagues de réfugiés, les trois pays peuvent-ils œuvrer ensemble pour stabiliser la région et créer les conditions d’un développement à long terme ? »
Visant le Pakistan et ses relations avec Washington, considéré comme un intrus, l’article saisissait l’occasion de fustiger les « forces extérieures » à la région.
En même temps, il ne manquait pas de rappeler que Pékin avait été, malgré la rémanence des tensions bilatérales, l’artisan du rétablissement des contacts entre Islamabad et Kaboul en mai dernier, même si par prudence la Chine, à l’instar de la majorité des pays, n’a toujours pas formellement reconnu le gouvernement des Talibans à Kaboul.
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Accommoder les contraires. Le grand écart chinois aux fins de stabilité intérieure.
Le 20 août, Wang Yi rencontrait à Kaboul, le MAE afghan Amir Khan Muttaqi (photo AFP publiée par le ministère des AE afghan.)
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Ce n’est pas la première fois que la Chine préoccupée par les risques de contagion islamiste vers le Xinjiang où sévit l’East Turkistan Islamic Movement (ETIM) bras armé salafiste des actions terroristes au Xinjiang prônant l’instauration d’un État islamique régi par la Charia, tente le grand écart d’accommoder le régime de Kaboul explicitement dénoncé par un rapport mondial de Human Rights Watch de 2025.
On y retrouve la violente discrimination des femmes, les meurtres extrajudiciaires, les disparitions forcées et les tortures, les attaques contre les médias et l’incessant harcèlement de la société civile.
Le 28 juillet 2021, le Parti avait déjà reçu à Tianjin une délégation de Talibans conduite par Mullah Abdul Ghani Barada, libéré par Washington en 2018. La rencontre avait eu lieu seize mois après que Mike Pompeo lui-même alors Secrétaire d’État aux AE, l’avait rencontré à Doha.
A l’époque l’infatigable Wang Yi se plaçait déjà dans la logique du conciliateur faisant valoir les capacités chinoises à aider au relèvement du pays. Il rappelait la position officielle de Pékin qui n’a pas changé pour qui « les Talibans afghans, force militaire et politique importante en Afghanistan, devraient jouer un rôle essentiel dans le processus de paix, de réconciliation et de reconstruction du pays. »
En même temps, revenant sur le souci majeur de la sécurité du Xinjiang, que Pékin n’a jamais perdu de vue, Wang n’avait pas manqué de rappeler à Barada que l’ETIM était une organisation internationale terroriste, posant une menace directe à la sécurité et l’intégrité territoriale de la Chine.
« La combattre, avait-il dit, est une responsabilité de la communauté internationale. Nous espérons que les talibans afghans se démarqueront nettement de toutes les organisations terroristes, y compris de l’ETIM, et qu’ils les combattront résolument et efficacement pour créer les conditions propices à la sécurité, la stabilité, le développement et la coopération dans la région. »
Tel est l’arrière-plan directement lié à la sécurité intérieure de la Chine, qu’il est nécessaire de garder en mémoire, pour comprendre les insistants efforts de Pékin visant à garder ouverts les contacts avec les Talibans.
La constance à maintenir avec eux un dialogue en dépit de leur islamo-nationalisme infiltré par des extrémistes radicaux, s’explique aussi par le fait qu’ils ont triomphé de l’OTAN, un exploit qui, aux yeux de Pékin dont la stratégie internationale rapprochée de la Russie et de l’Iran, est clairement anti-occidentale, leur confère un charisme particulier.
Il n’empêche que la préoccupation pragmatique, prévalant dans l’appréciation chinoise reste le souci de sécurité intérieure.
Le communiqué officiel rendant compte de la rencontre entre Wang Yi et Amir Khan Muttaqi, le MAE afghan, ne mentionnait aucun groupe terroriste, mais un rapport de Xinhua qui exprimait un souci de sécurité intérieure, évoquait explicitement le Mouvement islamique du Turkestan oriental.
En même temps, il faut mesurer l’extraordinaire complexité du projet de conciliation trilatérale que la diplomatie chinoise poursuit avec une constance exemplaire.
L’illusion de l’apaisement par le développement et la puissance des vents contraires.
Le Pakistan est aux prises avec une nouvelle phase meurtrière de sa guerre contre le Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), également connu sous le nom de Talibans pakistanais. La prise de contrôle de l’Afghanistan par les Talibans afghans en 2021 a, non seulement, enhardi le TTP, mais a également offert aux militants un nouveau refuge en Afghanistan même pour mener des opérations contre les forces de sécurité pakistanaises. Photo International Institute for Strategic Studies Londres.
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Chacun sait que le brutal retrait américain d’Afghanistan a eu des conséquences durables en particulier sur le Pakistan, aux prises avec une récente recrudescence du terrorisme avec la résurgence du TTP, ou Tehrik-e-Taliban Pakistan, ayant des bases arrières en territoire afghan, et dont les liens avec l’État islamique dans la province du Khorasan – ISKP – se sont renforcés.
Récemment le TTP a même informé le gouvernement pakistanais de son intention d’appliquer la charia comme en Afghanistan. Impossible d’être plus menaçant.
Pour atteindre ses objectifs, le TPP a, en 2024 – considérée par Islamabad comme l’année la plus meurtrière depuis dix ans -, augmenté ses attaques terroristes de 40% par rapport à 2023. Le bilan récemment rendu public est de 905 attaques, ayant fait 1 177 morts et 1 292 blessés. Les premières cibles des attentats étaient d’abord les personnels des forces armées pakistanaises.
Dans cet environnement en feu, où le terrorisme islamiste générateur d’épouvante et de haine s’applique avec un cruel cynisme à occulter tout espoir de conciliation, le Global Times en est réduit à se satisfaire d’un succès a minima, dont une partie – le désir de paix de toutes les parties – procède d’ailleurs d’un vœu pieux.
« La poursuite du dialogue trilatéral souligne un point important : les trois parties continuent de reconnaître la paix et le développement. (...) le simple fait de s’asseoir ensemble témoigne non seulement d’une volonté politique, mais aussi de la reconnaissance qu’aucun pays ne peut y parvenir seul. »
Alors que les attentats terroristes ne cessent de souffler sur les braises du fanatisme et de l’esprit de vengeance, poussant le volontarisme à ses limites, l’article élargit même l’utilité de la « Trilatérale » au-delà des questions de sécurité, à l’aide humanitaire, à la réduction de la pauvreté, à la coopération santé et, spécialité sans égale de la Chine et de ses entreprises publiques de construction, aux projets d’infrastructure.
Dans le viseur de l’appareil, le prochain sommet de l’OCS à Tianjin où Pékin semble, sans le dire explicitement, nourrir l’idée de l’intégration de l’Afghanistan déjà observateur, aux côtés du Pakistan et de l’Inde, membres à part entière depuis 2017 [3].
Née en 1996, à l’initiative de la Russie et de la Chine avec 4 pays d’Asie Centrale, pour faire pièce aux opérations d’influence de Washington dans l’ancienne Asie Centrale soviétique, le « Groupe de Shanghai » devenu l’OCS en 2001, n’a cessé de développer une stratégie de contrepoids à l’Amérique qui s’est durcie avec l’entrée de l’Iran en 2023.
En accueillant l’Afghanistan comme membre observateur, après le retrait de l’Amérique, la Chine qui affiche ses intentions de favoriser la stabilité régionale, tente, toujours par opposition à Washington, un grand écart avec un foyer mondial de l’Islam radical en espérant combattre les menées terroristes au Xinjiang du « Mouvement islamique du Turkestan Oriental - ETIM – pour East Turkestan Islamic movement. »
Si l’objectif d’apaisement sous contrôle chinois était atteint – ce qui, on l’a vu reste aléatoire, – l’Afghanistan développé grâce à la Chine et ses compagnies d’infrastructures publiques, serait aussi un point de transit stratégique pour les importations d’hydrocarbures en provenance du Moyen Orient.
Note(s) :
[1] A la fin avril de cette année a eu lieu dans la partie sud du Cachemire coincé entre le Pakistan, l’Inde et la Chine, qui elle-même borde toute la province au Nord sur 3300 km de frontières dont elle conteste des tronçons entiers, une très brutale escalade de violences.
Elle fut la dernière en date d’une longue suite de troubles, d’insurrections, d’attentats terroristes et de conflits ouverts entre l’Inde et la Chine et entre l’Inde et le Pakistan, qui secouent la région depuis 1947.
Le 22 avril, dans le site spectaculaire de la vallée de Baisaran, entourée de sommets enneigés, près de Pahalgam au Jamu Cahemire, 26 civils - essentiellement des citoyens indiens, sauf un touriste - ont été tués et une vingtaine d’autres blessés – par un attentat terroriste revendiqué par le groupe islamiste Laskkar-e-Taiba, proche d’Al-Qaïda. On se souvient que la réaction de New-Delhi avait été brutale.
Accusant Islamabad, l’armée indienne a, le 7 mai, déclenché des frappes aériennes et tiré des missiles sur une dizaines de camps d’entrainement terroristes au Pakistan et au Cachemire sous administration pakistanaise.
Au milieu de cette explosion de violence entre deux puissances nucléaires à ses portes, Pékin, proche d’Islamabad, avait, sans tout à fait convaincre de sa neutralité, aussitôt proposé sa médiation (lire le § « La difficile neutralité chinoise » de notre article : Shangri-La Dialogue 2025. Éruption en Asie du Sud, guerre des communiqués et montée des risques de déflagration globale.
[2] Le 25 juillet dernier, 2025, Ishaq Dar, le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères pakistanais, a rencontré le secrétaire d’État américain Marco Rubio à Washington, marquant ainsi le premier dialogue de haut niveau entre les deux pays depuis plusieurs années. Dar qui a reconnu le rôle de Washington dans le récent accord de cessez-le-feu avec l’Inde, a souligné la volonté du Pakistan d’établir une relation « élargie et stable ».
Surtout, Rubio avait, à la suite de D. Trump, exprimé sa gratitude à Islamabad pour avoir arrêté et extradé aux États-Unis, le premier suspect lié à l’attentat suicide de Kaboul, du 26 août 2021. Revendiqué par l’État islamique au Khorassan (EI-K), il avait tué 13 soldats américains au milieu de 85 morts et 160 blessés, parmi les fugitifs qui abandonnèrent l’Afghanistan en désordre après la prise de pouvoir des Talibans, le 15 août 2021.
[3] Pour mémoire, les membres de l’OCS dont les langues officielles sont le Chinois et le Russe sont la Chine, la Russie, le Tadjikistan, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Kygyzstan (fondateurs). En 2017, le groupe s’est élargi à l’Inde et au Pakistan. En 2023, il a accueilli l’Iran.
Il compte aussi 3 membres observateurs : Mongolie, la Biélorussie et l’Afghanistan et 14 partenaires de dialogue : Sri Lanka, Turquie, Cambodge, Azerbaïdjan, Népal, Arménie, Égypte, Qatar, Arabie Saoudite, Bahrain, Koweit, Myanmar, Maldives, et Émirats.
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