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›› Politique intérieure

Réglées au cordeau et sans aspérités, les « Deux réunions 两会 ». Pragmatisme et prise de conscience des défis extérieurs et intérieurs

Du 5 mars au 12 mars, l’appareil a, comme chaque année, mis en scène lors de la réunions « des deux assemblées » l’apparence d’une démocratie étroitement contrôlée. La séquence de 2026 qui rendait publics des choix déjà décidés à huis clos, a laissé percer une volonté d’accompagner de manière moins rigide la transition de l’économie productrice vers plus de qualité.

En même temps, le discours du Premier ministre LI Qiang a d’abord traduit la prise de conscience des défis internationaux d’une politique de puissance tonitruante (Intégration de l’IA et frénésie de l’export ; modernisation des forces militaires et augmentation du nombre de têtes nucléaires.) Il a aussi égrené la liste des défis sociaux-politiques internes et de leurs solutions qui tablent en partie sur les initiatives privées pour en financer la mise en œuvre.


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Depuis le 5 mars, le Parti Communiste chinois met en scène, comme chaque année sur un mode tiré au cordeau sans débat publics donc sans aspérités, la « réunion des deux assemblées – 两会 – Lianghui » de l’Assemblée Nationale Populaire (ANP) et de la Conférence Consultative Politique du Peuple Chinois (CCPPC).

Cherchant à donner l’apparence d’un processus démocratique, sous couvert d’une consultation de près de 5000 délégués attendus cette année, dont 2765 de l’ANP et 2125 de la CCPPC qui votent à main levée à la quasi-unanimité, son but est de rendre officiellement publiques les décisions déjà prises à huis clos par le Bureau Politique et le Comité Central du Parti.

Les sessions qui, cette année étaient d’abord centrées sur la publication des objectifs du 15e plan quinquennal (2026-2030) déclinés au travers des divers chapitres de leur mise en œuvre, se sont poursuivies jusqu’au 10 mars pour la CCPPC et jusqu’au 12 mars pour l’ANP.

Cette année encore, l’événement clé permettant, malgré l’opacité, d’éclairer les intentions stratégiques, politiques, économiques et sociales de l’appareil pour 2026, fut le rapport, le 5 mars, du Premier Ministre Li Qiang, sur le travail du Conseil d’État 政府工作报告.

Les perspectives macro-économiques laissent transparaitre une prudence nouvelle tournant le dos aux anciens affichages péremptoires des objectifs de croissance – cette fois ils annoncent une marge allant de +4,5 à +5% - et une intention à la fois plus qualitative et plus pragmatique.

Prudence, pragmatisme et « qualité » de la croissance.

Quand Li Qiang dit par exemple que la Chine « visera de meilleurs résultats dans la pratique », il indique à la fois que le gouvernement ne renoncera pas à la meilleure croissance possible, mais qu’il ne déviera plus de ses objectifs de prudence, comme il le faisait par le passé en investissant massivement dans les infrastructures, pour doper la croissance.

Autrement dit, tout résultat compris dans la fourchette prévue sera acceptable, tandis que l’accent sera mis sur la qualité, la durabilité et l’efficacité de la croissance plutôt que sur la simple expansion quantitative.

Concrètement, la prudence ainsi exprimée indique que le pouvoir confronté aux pressions commerciales s’attend à une contraction des exportations qui, en 2025, avaient contribué à hauteur de 30% à la croissance du PIB. En 2026, il est probable que la demande intérieure s’améliorera et que l’immobilier commencera à sortir du marasme grâce aux mesures de soutien, mais la reprise pourrait ne pas suffire pour compenser le freinage de l’export.

Au total, alors que Pékin tourne le dos aux anciens schémas de croissance quantitative dopée aux investissements massifs dans l’infrastructure et aux largesses de crédit bancaire, les industries tournées vers l’export et dépendantes de la demande extérieure seront confrontées à de réelles pressions.

Pour survivre, elles devront accélérer leur diversification - c’est en cours - vers des marchés émergents et/ou s’orienter vers des segments de la demande intérieure à condition – c’est une incertitude - qu’elle redémarre de manière plus significative.

A côté de l’objectif de croissance élargi à une plage comprise entre 4,5 et 5%, les autres points clés macroéconomiques pour 2026, concerneront les efforts pour lutter contre les prémisses de déflation, la protection des revenus des ménages, le maintien des équilibres de la balance commerciale en dépit des vents contraires en Occident, la garantie de la sécurité alimentaire et la réduction des émissions de carbone.

L’objectif anti-déflation fixé par Li Qiang qui consiste à passer d’une stagnation des prix à seulement +0,2% en 2025 à une croissance à +2%, est un défi qui, pour l’instant, semble hors de portée, même si la barre est la plus basse depuis vingt ans. Sans surprise, la stratégie vise à relancer la demande intérieure, en garantissant à la fois le niveau de l’emploi et les revenus des ménages.

Alors que la principale contrainte macroéconomique pesant sur la Chine est l’insuffisance de la demande intérieure, dont les causes sont à la fois la persistance d’une défiance des consommateurs et une forte inégalité des salaires entre zones urbaines et rurales, la Banque Centrale doit naviguer entre les deux objectifs contradictoires que sont la maîtrise des finances publiques et la nécessité de recréer une dynamique d’expansion du marché domestique aujourd’hui atone.

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R&D, Innovations, Écologie, Défense et Exportations. Leviers de puissance internationale.

Le graphe produit par rdworldonline montre la projection à 2030 des écarts des budgets de R&D entre la Chine et les Etats-Unis ajustés en parité de pouvoir d’achat à gauche et en valeur nominale à droite.


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Le premier choix macro-économique ayant une influence internationale est celle de maintenir à un taux élevé à +7% les dépenses de R&D. Le chiffre confirme les efforts du 14e plan quinquennal (2021-2025) au cours duquel les taux de croissance des budgets de R&D furent en moyenne très supérieurs à 7% avec des pointes à +10,5% au cours de la période 2021 – 2024.

Alors que les investissements R&D en 2025 ont approché les 4000 Mds de Yuans, soit 578 milliards de $, la confirmation de l’effort pendant les 5 ans à venir aboutira à une augmentation cumulée considérable qui porterait le budget de la R&D à plus de 800 milliards de $ en 2030.

Les efforts sont directement liés à la modernisation industrielle en cours déjà précisée lors du 4e Plenum du parti en octobre 2025 (lire : 4e plenum : Confirmation de la bascule qualitative pour une économie de combat. Priorité aux hautes technologies), que le 15e plan envisage de poursuivre résolument en portant à 12% le pourcentage des industries de production intégrant les hautes technologies (informatique en nuage, intelligence artificielle, semi-conducteurs, logiciels, services de données) que Xi Jinping classe dans les « Nouvelles forces productives de qualité ».

Approchant déjà en valeur absolue celui des États-Unis (1000 milliards de $ grâce au secteur privé), le budget de la R&D chinoise dont la croissance soutenue est pilotée sans faiblir par l’appareil, pourrait, à la fin du plan quinquennal, devenir le premier au monde.

La logique d’une croissance R&D très supérieure à la croissance économique renvoie aux intentions de réduire la dépendance technologique et, à terme, d’accélérer le découplage technologique par rapport aux États-Unis, notamment dans les domaines des semi-conducteurs, de l’IA et des biotechnologies.

Défense.

Répondant au même objectif de hisser la puissance militaire chinoise au sommet, la croissance prévue du budget de la défense de 7% dont le discours public souligne la modestie, poursuit cependant un effort constant ayant permis une hausse de 250% en moins de 20 ans, passant officiellement de 100 à 247 milliards de $ entre 2006 et 2025.

Alors que l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI) estime les dépenses de défense réelles de la Chine à environ 318 milliards de dollars en 2024, la croissance du budget est réelle. Elle a permis des investissements massifs de modernisation dans les équipements, la maintenance et la formation des personnels.

En même temps que la réduction des forces terrestres de 300 000 hommes en 2015, la modernisation et l’augmentation de la puissance a porté en priorité sur la marine dont en 2030, le nombre d’unités dépassera de 48% celui de l’US Navy, y compris des SNLE lanceurs d’engins à propulsion nucléaire ; des unités de débarquement et de transport de troupes ; sur l’aviation de combat de 4e et 5e générations - J-10, J-11, J-16, et J-20, J-25 ; sur les missiles de toutes natures avec un accroissement récent et spectaculaire du nombre de missiles de portée intermédiaire, des missiles spatiaux à usage dual et des têtes nucléaires.

Le 15e plan dont la 2e année en 2027 marquera le centième anniversaire de la fondation de l’APL, poursuivra cet effort de modernisation.

Parallèlement à ses principaux systèmes offensifs, la Chine semble se concentrer de plus en plus sur ses capacités de contre-mesures et sa résilience. Les investissements dans la détection quantique et le suivi par IA témoignent d’une importance accrue accordée à l’alerte précoce, à la détection de précision et à la défense contre les menaces avancées, notamment les armes hypersoniques.

D’ici la fin de la période du plan, Pékin pourrait détenir un avantage relatif dans certains domaines de la détection et de la lutte contre les missiles hypersoniques, dépassant potentiellement ses concurrents dont les efforts de modernisation restent davantage axés sur les systèmes offensifs.

Pour autant, l’inconnue de cette puissance militaire spectaculaire qui n’a aucune expérience directe du combat aéronaval de haute intensité que prédisent tous les experts, restera encore longtemps l’état du moral des troupes dont la haute hiérarchie est fortement secouée par des purges destinées à lutter contre la corruption en même temps qu’elles font de la loyauté a Xi Jinping l’un des critères évidents des écrémages répétitifs (lire : La chute énigmatique et embarrassante du Général Zhang Youxia, premier militaire du pays).

Puissance de l’export

En parallèle de la puissance militaire, levier de la nouvelle stature internationale de la Chine, s’est développée la force incomparable des exportations du système productif ayant généré en 2025 1200 milliards de $ de surplus commerciaux à l’origine de très confortables réserves de change.

Leur montant cumulé de 3300 milliards de $ constitue un formidable outil de l’intervention de l’État à l’intérieur (garant de la fluidité financière, assurance contre les chocs économiques, renforcement des institutions financières, recapitalisation des banques commerciales déficitaires) et à l’étranger (via les « Nouvelles routes de la soie », achats de terres et d’obligations souveraines, et entre autres, investissements dans des actifs stratégiques – infrastructures, ports, ressources naturelles - ).

Mais, dans son discours dont le thème central était le contrôle et la retenue pragmatique, y compris à l’étranger, Li Qiang, a prôné « l’équilibre de base 基本平衡 » du commerce extérieur. L’euphémisme pointait du doigt la nécessité d’éviter l’excès des surplus commerciaux tels que ceux enregistrés en 2025 avec les États-Unis (202 milliards de $) et l’Europe (300 milliards de $), dont l’ampleur a provoqué des frictions avec Washington, Bruxelles et plusieurs pays européens.

Il reste qu’en 2026, grâce au contrôle des capitaux en vigueur, en dépit d’un probable fléchissement de l’export et malgré les mises en garde de Li Qiang, la balance globale devrait rester « stable » à un niveau voisin de 1200 milliards, signifiant que les pressions américaines et europennes sur la Chine ne faibliront pas.

Écologie.

Au passage, notons qu’à côté des promesses agressives d’innovation dans le secteur des hautes technologies et des progrès de la défense, la constance des efforts de réduction des émissions carbone participe de manière moins inquiétante à l’influence internationale de la Chine.

Même si, en 2025, le mix énergétique chinois était encore articulé à près de 60% d’énergies fossiles, la promesse de réduire dans un délai de 5 ans les émissions carbone de 17% - soit en moyenne de 3,7% par an – correspond pour l’instant aux objectifs ambitieux affichés d’atteindre le pic d’émissions vers 2030 et de baisser le taux des émissions par point de PIB de 65% par rapport à 2005. A plus long terme ces engagements, s’ils sont tenus, dessinent la perspective d’une transition vers la neutralité carbone aux alentours de 2060.

Quoi qu’il en soit sur le court terme du 15e Plan, les objectifs ambitieux apparaissent malgré tout réalistes si on considère le rythme spectaculaire de développement des industries renouvelables, la densité croissante des véhicules électriques et le contrôle de plus en plus strict des secteurs à fortes émissions que sont l’acier, le ciment, la chimie et les industries liées au transport, à l’immobilier et aux constructions d’infrastructures.

A l’intérieur, des difficultés financières politiques et sociales du 15e plan seront considérables.

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Li Qiang. Les contradiction de la stratégie « raisonnablement accommodante 适当宽松 »

Le vieillissement de la population chinoise est un phénomène significatif. Selon les données du Bureau national des statistiques qui produit ce graphe, en 2024, le nombre des personnes âgées de 60 ans et plus a dépassé les 290 millions, soit plus de 21% de la population totale. Le BNS prévoit un vieillissement accéléré à partir de 2035 (la proportion de personnes âgées de 65 ans sera proche de 30%). En 2100, la projection évalue la proportion à 50%.

Sans toutefois évoquer l’ampleur des sommes en jeu estimées à 4400 milliards de $ par les économistes, Li Qiang a, dans son discours, considéré de manière contre intuitive, qu’à travers le projet « d’économie des cheveux argentés银发经济 », le défi existentiel du vieillissement rapide de la population recèlera aussi de vastes opportunités d’affaires.


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L’expression qui avait été utilisée par l’appareil lors de la crise de 2008, désigne une stratégie de la Banque Centrale d’abord soucieuse de stabiliser l’immobilier, de maintenir les liquidités, de stimuler le crédit, tout en réduisant l’endettement des provinces.

Elle sera mise en œuvre au cours des premières années du plan quinquennal par des choix monétaires pragmatiques axés sur la baisse des taux d’intérêt et l’augmentation contrôlée du déficit budgétaire.

L’adoption d’une politique de crédits moins restrictive se lit dans la baisse du taux de réserves obligatoires des banques commerciales et la multiplication des instruments d’attribution de prêts, dont les obligations spéciales de l’État à très long terme et les prêts dits obligataires locaux aux faibles taux d’intérêt.

Accordés en moyenne à 1,80% sur dix ans, ils réduisent la pression immédiate au remboursement pesant sur les pouvoirs locaux, les protègent des crises de solvabilité et facilitent la restructuration de leur dette cachée évaluée à 1400 milliards de $.

Pour autant, la réalité est que l’ampleur cumulée des mesures contredit le discours de prudence pragmatique de Li Qiang.

Ajoutées les unes aux autres, les obligations du Trésor, les obligations locales et les obligations souveraines spéciales plus anciennes destinées à reconstituer les fonds propres des banques commerciales correspondent en réalité à une puissante relance financière qui ne dit pas son nom dont l’étendue estimée à 12 000 milliards de RMB soit 1730 milliards de $, dépasse largement ce que laisse entendre le chiffre officiel du déficit.

L’autre signe du desserrement du carcan restrictif au profit d’une relance est le choix du gouvernement de maintenir le déficit budgétaire à +4% représentant 5 890 milliards de yuans, soit 850 milliards de $, un niveau historiquement élevé qui témoigne, contrairement au discours public, du recours plus systématique à une politique budgétaire proactive pour soutenir la croissance et stabiliser la demande.

Les autres domaines où les objectifs du 15e plan seront moins faciles à atteindre par la simple décision verticale qui définit la tendance macro-économique ou la modernisation de la défense, sont tous liés à la situation socio-économique par nature soumise à des aléas moins contrôlables.

Offres d’emploi, éducation, santé, 3e âge.

Emploi. Éducation.

Il existe un profond déséquilibre entre l’offre d’emploi et la demande caractérisé par l’inadéquation des compétences pas toujours adaptées à la transition industrielle en cours dans un contexte de vieillissement rapide de la ressource, tandis que les jeunes diplômés de haut niveau (12 millions sortent chaque année de l’enseignement supérieur) dont le chômage a atteint une moyenne de 17% en 2025.

Les solutions du 15e plan qui sont de tirer les formations et l’offre vers le haut à forte valeur ajoutée (économie numérique, pénétration de l’IA de 70% dès 2027 ; développement de l’économie verte) laisseront sur le carreau la masse importante des emplois traditionnels.

Dominer cette contradiction sera un défi de grande ampleur qui, compte tenu des désarrois générés, est directement lié à la stabilité politique du pays.

Les mesures envisagées, toutes complexes sinon aléatoires consistent à renforcer les secteurs des services, rehausser le niveau des formations, moderniser l’outil productif, accélérer l’urbanisation et soutenir les entrepreneurs.

Il s’agit d’un tête-à-queue idéologique, après qu’ils aient d’abord été politiquement ciblés par Xi Jinping, en particulier lors du 20e Congres en 2022. A ce sujet, lire : Raidissement marxiste de Xi Jinping. Quand la propagande se heurte aux réalités.

Pour l’heure l’objectif à court terme du 15e plan est de créer 12 millions d’emplois pour 2026, première année du plan et de stabiliser le chômage urbain à 5,5%.

Directement lié à la modernisation, le Plan envisage d’augmenter encore la qualité de l’éducation en portant la durée moyenne de la scolarisation à 11,7 années, avec un accès élargi à l’enseignement secondaire et supérieur et à la formation professionnelle de qualité.

Condition de l’amélioration de l’efficacité de la main d’œuvre, la mesure débouchera mécaniquement sur l’augmentation des coûts salariaux pesant sur le secteur des industries à faible valeur ajoutée qui, en dépit de la transition en cours, comptaient encore pour 25% du PIB en 2025.

Près de 300 millions de travailleurs sont concernés, dont une majorité de « travailleurs migrants », mal formés et mal intégrés dans les systèmes sociaux (sécurité sociale et retraites) dont il faut rappeler qu’ils n’ont pas encore été uniformisés, à l’importante nuance près qu’en 2025, le gouvernement, alerté du risque de faillite du système des pensions, a retardé l’âge de départ à la retraite (58 ans pour les femmes, 63 ans pour les hommes) dont la mise en œuvre sera échelonnée sur 15 ans.

Lire :
- Le trou sans fond des caisses de retraite. Les groupes publics sur la sellette
- Systèmes de santé chinois : clés de décryptage

Santé. 3e âge.

Le 15e Plan prévoit de porter l’espérance de vie moyenne de 79, ans et trois mois en 2025 à 80 ans en 2030.

L’objectif n’est pas nouveau, mais compte-tenu de l’augmentation du coûts des équipements, du vieillissement de la population et de la hausse du nombre de malades chroniques, il devient de plus en plus difficile à atteindre.

LI Qiang a évoqué la modernisation des infrastructures médicales, le développement de la prévention et des téléconsultations grâce au réseau 5G et à l’IA pour le diagnostic des affections chroniques dont l’habitude s’est développée dans 89,77% des cas, dans l’Est et le Sud du pays.

Enfin, alors que le nombre des plus de 65 ans atteint 280 millions (400 millions en 2040), Li Qiang a particulièrement insisté sur l’amélioration des soins au 3e âge. Le défi est immense.

Pour y faire face le 15e Plan prévoit la « Silver économie 银发经济 » dont le discours de Li Qiang dit qu’il offrira des opportunités d’affaires, mais dont les dimensions colossales occasionneront une charge financière évaluée à 30 000 milliards de Yuans (4400 milliards de $) d’ci 2035, soit 18% du PIB estimé en 2030 (23 800 milliards de $).

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Au total, moins d’un mois avant le voyage prévu de D. Trump en Chine, le discours d’ouverture de Li Qiang traduisait plusieurs prises de conscience. Celle d’abord du risque posé aux États-Unis et en Europe par les affichages de puissance et la frénésie productrice à l’origine des tensions avec les partenaires commerciaux les plus solvables que les orientations vers de nouveaux marchés ne compensent pas.

Celle aussi du formidable défi intérieur, notamment financier et politique posé par l’indispensable ajustement aux réalités d’une Chine vieillissante, dont la situation sociale est toujours marquée par de fortes inégalités.

Alimentant un système productif à la recherche d’un bond qualitatif par l’intégration de l’IA et de la robotique, les disparités sociales continueront à peser sur l’harmonie socio-politique tant que l’appareil n’aura pas uniformisé les régimes de protection sociale de santé et de retraite, conditions d’un meilleur partage de la richesse du pays.

 

 

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