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›› Economie

Une économie à deux vitesses

Source University of Cambridge d’après le FMI (2025), le BNS et le Conseil des affaires d’État de la République populaire de Chine et le rapport d’activité du gouvernement de mars 2026. Depuis 2007, où elle était à + 14%, relancée par l’entrée dans l’OMC en 2001, la croissance chinoise baisse inexorablement. Après la secousse de la COVID-19 en 2020 où elle était tombée à + 2% , suivie du rebond spectaculaire de 2021, conséquence d’une explosion de la demande mondiale perfusée par les plans de relance, elle stagne à l’intérieur d’une fourchette allant de + 4,5 à 5%. Au 2e trimestre 2026, elle est tombée à + 4,3% par rapport à la même période 2025, ce qui constitue sa plus faible performance depuis le quatrième trimestre 2022, marquée par les effets du confinement massif décidé par l’appareil.


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Le 30 juillet, réuni sous la présidence de Xi Jinping, le Bureau Politique du Comité Central a défini ses priorités économiques pour le 2e semestre. Conformément au discours de Li Qiang, lors de la réunion de l’ANP de mars dernier, les maîtres mots restent « consolidation et prudence. »

S’appuyant sur les obligations bancaires déjà émises, les dépenses d’infrastructures déjà budgétisées seront poursuivies pour les centres de calcul, les réseaux d’eau, d’électricité, de télécommunications et de logistique.

Mais tous les observateurs auront noté comme Keith Bradsher, correspondant à Pékin du New-York Times, dans une analyse du 30 juillet, l’absence d’une relance financière d’envergure pour soutenir la consommation. « La Chine, dont l’économie est en berne, n’affiche qu’un soutien prudent. »

Rien non plus pour revigorer le marché immobilier, hormis un appel à désamorcer les crises de l’endettement local générées par la secousse d’Evergrande de 2020-2021 ( https://www.questionchine.net/evergrande-un-cygne-noir-dans-la-routine-des-analyses-convenues?artpage=2-2)

En revanche, des mesures ont été prises pour réduire le chômage. Annoncées comme une des priorités du deuxième semestre, elles s’inscrivent dans le plan 2026-2030 publié en juin dont l’objet est de soutenir les secteurs créateurs d’emploi, de développer les services, de renforcer la formation professionnelle et de favoriser l’embauche des jeunes diplômés.

D’autres actions prolongeront celles déjà prises pour freiner le phénomène toxique d’Involution - stérile complétion suicidaire d’une guerre des prix tirés vers le bas détruisant les revenus des entreprises -. A cet effet, le parti s’est déjà attaqué aux surenchères psychologiques pesant sur les familles en interdisant le tutorat et en rappelant législation des heures supplémentaires pour tenter de casser l’escalade du « 9-9-6  » - Travail de 9h à 21h, 6 jours par semaine -

Toujours pour lutter contre les effets délétères de « l’Involution », l’appareil a encouragé la discipline industrielle visant à réduire les surproductions anarchiques créant des amoncellements de stocks dépassant largement la demande ;

Il a aussi engagé des réformes légales visant à sanctionner le dumping irrationnel sur les prix à l’origine de l’augmentation du nombre « d’entreprises zombies » - c’est-à-dire non viables économiquement, incapables de rembourser leurs dettes ou de générer des profits, mais artificiellement maintenues en vie par des aides publiques, des subventions ou des prêts bancaires -.

Enfin, l’accent est clairement mis sur l’innovation scientifique et industrielle par l’intégration de l’Intelligence Artificielle et le développement accéléré des crédits dédiés à la recherche fondamentale et à la R&D, conditions de l’indépendance technologique haut-de-gamme du pays.

La priorité accordée au « nouveaux moteurs de l’économie - 经济 发展 新 动能- » a, le 30 juillet, fait l’objet d’un long article de Xinhua au titre explicite : « L’économie chinoise entame son nouveau plan quinquennal avec résilience et de nouveaux moteurs de croissance. » Sa teneur optimiste tranche avec l’analyse de Keith Bradsher citée plus haut publiée le même jour dans le New-York Times.

Le choix de la modernisation par la haute technologie.

Un robot industriel travaille sur une ligne de production intelligente de l’entreprise Wuhu Ecotec Power System Co., Ltd., dans la zone de développement économique de Fanchang à Wuhu, province de l’Anhui, dans l’est de la Chine. Photo/Xinhua du 11 novembre 2025.


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Les nouveaux moteurs de croissance - l’industrie manufacturière haut de gamme, l’économie numérique et les services modernes - ont, dit Xinhua, contribué à plus de 40 % de la croissance économique au premier semestre 2026, tandis que la production chinoise de circuits intégrés a atteint 279,8 milliards d’unités au cours des six premiers mois de l’année, ce qui équivaut à une production de plus de 1,5 milliard de puces par jour.

Cité par Xinhua, Huang Hanquan, directeur de l’Académie chinoise de recherche macroéconomique (relevant de la Commission nationale du développement et de la réforme), célèbre la souplesse réactive et innovante de l’économie chinoise « la Chine occupe désormais une place de premier plan mondial en matière d’innovation dans l’IA, grâce à sa capacité à saisir les opportunités offertes par la transformation technologique et industrielle. »

Wang Guanghua, du Bureau National des Statistiques (BNS) insiste quant à lui sur les vertus de la longue planification chinoise et confirme : « Le développement rapide des industries émergentes ne relève pas d’une aubaine passagère, mais résulte d’années d’efforts soutenus pour réaliser des percées dans les technologies clés, promouvoir l’intégration totale entre l’innovation technologique et la production industrielle qui favorise l’émergence d’entreprises innovantes  ».

Une économie à deux vitesses.

L’immobilier, victime d’une insistante défiance de la société, tarde à reprendre son dynamisme d’avant l’épidémie de Covid-19. Avec le chômage des jeunes, et une consommation interne toujours atone, il dessine en 2026, les difficultés de l’économie chinoise contrastant avec les affichages de la modernisation futuriste du système productif par l’IA. Photo : Ichiro Ohara/Yomiuri Shimbun/AP/picture alliance


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Au-delà des analyses contrastées entre l’optimisme des longues perspectives innovantes mises en avant par l’appareil et l’arrêt sur image du New-York Times décrivant une économie chinoise en phase de freinage sévère, il faut resserrer la focale sur les données chiffrées du BNS.

Au 2e trimestre 2026, la croissance du PIB a ralenti à 4,3 % en rythme annuel ; et le PMI manufacturier qui était à 50,3 en juin, est retombé à 49,2 en juillet, signalant un retour en zone de contraction.

L’investissement dans l’immobilier continue de reculer fortement, avec une baisse marquée de l’ordre de 18 % sur un an. Les prix des logements ont baissé dans la majorité des grandes villes, les acheteurs attendant souvent des baisses supplémentaires avant d’investir.

Même après la modification de la méthodologie comptable qui, en juin 2024, avait exclu des statistiques de nombreux jeunes ayant quitté le système scolaire, le chômage des jeunes de 16 à 25 ans en milieu urbain se maintient autour de 15 %. Cette réalité pèse d’un important poids psychologique sur une société où l’enfant unique porte l’espoir des familles.

En juin, la stagnation de l’indice des prix à la consommation à + 1,0%, en baisse de 0,3% par rapport en mai, témoigne d’une demande intérieure toujours modérée.

En revanche, le commerce total de marchandises a atteint 45 470 milliards de yuans (6 360 milliards de dollars), porté par un bond de 13,2 % des exportations de haute technologie qui a compensé la faiblesse persistante de la demande intérieure.

Autrement dit, l’industrie manufacturière de pointe, l’intelligence artificielle et les énergies vertes prospèrent, tandis que le marché immobilier et la consommation intérieure continuent à marquer le pas.

En prenant du recul, l’image se précise d’une économie chinoise à deux vitesses. D’une part l’essor dynamique d’une économie de pointe bénéficiant du soutien massif de l’État, portée par la haute technologie à l’origine d’un puissant élan d’exportation (IA, Transition écologique, véhicules électriques, batteries panneaux solaires) ;

Et d’autre part un marché intérieur atone handicapé par le marasme persistant du secteur de l’immobilier pesant durablement sur l’économie, alors que la consommation des ménages est freinée par la baisse de confiance et de fortes incertitudes sur l’emploi.

 

 

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