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Xi Jinping à la Conférence mondiale sur l’IA à Shanghai
La « WAIC » a attiré plus de 1100 entreprises présentant plus de 3 000 produits innovants, dont plus de 300 lancements mondiaux en avant-première (notamment dans la robotique humanoïde, les systèmes d’exploitation IA). Elle a généré 3 milliards de $ d’achats et d’accords internationaux.
Pékin plaide pour le partage des technologies d’intelligence artificielle, notamment à travers le modèle de l’open source, afin de rendre ces technologies accessibles à l’ensemble de la communauté internationale.
L’approche permet à la Chine de se positionner diplomatiquement comme un champion du multilatéralisme technologique et de la coopération ouverte, tout en cherchant à influencer durablement les normes et les standards de l’économie numérique mondiale. Photo Pandaily.
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La World Artificial Intelligence Conference (WAIC) — officiellement intitulée « World AI Conference & High-Level Meeting on Global AI Governance » — « Conférence mondiale de haut niveau sur l’IA & sa gouvernance globale » est un événement annuel qui se tient chaque mois de juillet à Shanghai, depuis 2018.
Que la dernière édition en date du 17 au 20 juillet 2026 ait pour la première fois en huit années d’existence été inaugurée par Xi Jinping en personne témoigne de l’importance que le Président accorde à l’IA pour stimuler l’économie et s’imposer dans la compétition technologique mondiale face aux États-Unis.
Le discours du 17 juillet affichait clairement cette ambition. Systématiquement, les objectifs chinois de partage vertueux de l’open-source chinoise profitant à des chercheurs et des start-up dans le monde entier ciblait en réalité la nébuleuse des zones de la planète qui, sous l’influence chinoise, tentent de se démarquer de Washington.
« J’annonce que, dans les cinq prochaines années, la Chine offrira aux pays en développement 5 000 opportunités de formation et de séminaires sur l’IA ; développera des centres de coopération internationaux pour les applications de l’IA avec l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), la Ligue des États arabes, l’Union africaine, la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et les BRICS ; et permettra à 30 pays d’utiliser le système d’alerte météorologique basé sur l’IA, ou MAZU, pour protéger les foyers dans le monde entier. »
En même temps, Xi dénonça par contraste le blocage par l’Amérique de l’accès à ses technologies. « Nous devons nous opposer conjointement à l’extension abusive du concept de sécurité nationale dans le domaine de l’IA et au fait de placer la sécurité d’un pays au-dessus de celle des autres. »
Un autre point de son discours introduisait une nuance à ses déclarations antérieures, qui, grâce à « l’IA intégrée » voyaient l’avènement d’une « société intelligente 智慧社会, régie par une gouvernance intelligente 智治 , capable de relever les défis intérieurs du déclin de la population active, de la surveillance de la population et de la modernisation des systèmes militaires.
L’évolution est soulignée par Rebecca Arcesati responsable du programme « Sciences, technologiee et innovation » à l’Institut MERICS : « Comment cohabiter avec des machines dotées de capacités de réflexion ? » s’est interrogé Xi dès le début de son allocution. (…) « Si nous voulons que l’IA soit un outil de confiance pour l’humanité, nous devons renforcer la sensibilisation aux risques et veiller à ce qu’elle soit sûre et maîtrisable. »
S’il est exact que capacité de contrôle (可控), y compris et surtout politique, est une exigence immuable de l’appareil, c’est la première fois que Xi faisait publiquement (1) une référence explicite à une perte de contrôle (失控) due à un emballement mal maitrisé de l’IA.
Pas seulement.
Quand dans son discours, Xi Jinping a mentionné une différence entre « risques intrinsèques et risques dérivés (内生和衍生风险) », il faisait non seulement allusion aux dangers de la technologie elle-même, pouvant échapper au contrôle humain, mais également aux risques de son utilisation détournée (cyberattaques ; fausses informations ; manipulations des clivages sociaux), aux inégalités frappant les pays du sud - une injustice historique selon lui -)
Compétition globale et défi du contrôle.
Pour riposter à la pression des États-Unis imposant des restrictions à la Chine dans le domaine des hautes technologies, la stratégie chinoise est de rendre l’IA gratuite. Le but : bousculer la domination américaine. Contrairement aux entreprises américaines comme OpenAI ou Google, qui commercialisent leurs modèles sous forme d’abonnements coûteux, la Chine distribue ses technologies sans frais.
Cependant la stratégie d’ouverture générale pose des questions de sécurité non seulement liées à la domination du modèle chinois, mais également à la Chine elle-même dont le système doit se protéger des influences extérieures.Images Image : LinkedIn Screengrab
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Enfin, entre les lignes du discours de Xi Jiping est apparue la crainte d’une dépendance technologique aggravée par les restrictions de Washington sur l’exportation des puces graphiques et par les embargos sur les équipements de lithographie dernier cri (EUV (ultraviolet extrême), de la société néerlandaise ASML également frappés par des restrictions de l’UE.
Pour Pékin l’enjeu de cette rivalité technologique avec les États-Unis est la standardisation des normes, vecteurs d’une influence politique capable de remettre en cause la sécurité de son modèle politique démarqué de ceux des systèmes démocratiques.
La se situe un hiatus entre, d’une part le choix chinois d’une contre-offensive par les modèles d’Open Source comme Qwen d’Alibaba ou des architectures issues de start-ups comme DeepSeek et, d’autre part, la tentation politique inverse de se protéger des influences politiques américaines par la censure.
En d’autres termes, il s’agit pour l’appareil de trouver un équilibre entre l’ouverture de ses systèmes IA suffisamment attractifs pour faire contrepoids à ceux de l’Occident, tout en s’assurant qu’en Chine ils restent imperméables aux influences extérieures.
Note
1.- Xi avait déjà tiré la sonnette d’alarme lors d’une session d’étude du Politburo en janvier 2026, dans le cadre d’une discussion plus large sur les technologies d’avenir. Toutefois, la mention des risques liés à l’IA lors du discours du 17 juillet était une première publique.
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