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›› Technologies - Energie

Explosion d’un lanceur Longue Marche 7 A

Le lundi 10 août 2026, environ 1 minute et 25 secondes après le décollage, une fusée Longue Marche 7A (CZ-7A) tirée du site de Wenchang à Hainan s’est désintégrée en vol. (capture d’écran sur Instagram. )


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Le 10 août dernier, un lanceur spatial Longue Marche 7 A en Chinois CZ 7 A Chang Zheng 长征- pour Longue Marche - a explosé moins de deux minutes après son décollage du site de Wenchang sur la côte nord-est de l’île de Hainan.

Xinhua a confirmé l’échec trois heures après le lancement. Indiquant que « la fusée avait connu une anomalie en vol  », l’agence a ajouté que « la cause faisait l’objet d’une enquête  » sans fournir davantage de précisions.

Le malaise officiel était palpable, mais l’accident est suffisamment rare dans une longue suite de succès de la LM 7 A, pour tenir à distance toute généralisation sur la qualité des équipements spatiaux chinois. Depuis le premier vol, le 16 mars 2020 qui fut le seul échec, la LM 7 A a été utilisée 17 fois avec succès. L’accident du 10 août était le deuxième en six années.

Le fondateur de SpaceX, Elon Musk, qui lors d’essais a vu plusieurs de ses propres fusées exploser après le décollage, a commenté sur X : « Les fusées, sont un domaine d’une difficulté insensée.  »

Il reste que l’appareil politique dont la propagande met toujours en scène son infaillibilité, est systématiquement gêné par un déboire public. Sans surprise il a réagi par une crispation mêlée de prudence.

La transmission officielle du lancement par les médias officiels chinois a été stoppée automatiquement, tandis que les vidéos publiées sur les réseaux sociaux filmées par des témoins privés étaient supprimées ou reléguées au second plan dans les résultats de recherche sur les plateformes populaires Xiaohongshu et Douyin.

À la suite de l’accident, le lancement très attendu de la Zhuque-3, “朱雀” ZQ-3 - « Oiseau vermillion  » (1) de l’entreprise privée chinoise LandSpace, prévu pour le lendemain 11 août à partir du centre de lancement de satellites de Jiuquan, a été reporté.

La Longue Marche 7 A et la propulsion cryogénique.

Image d’archive d’une fusée porteuse Longue Marche-7 en route vers le pas de tir à Wenchang (Photo : Xinhua/Li Guoli)


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La fusée Longue Marche 7A est un lanceur de satellites conçu par l’Académie chinoise de technologie des lanceurs (CALT) - en Chinois 中国运载火箭技术研究院 -, filiale de la Société chinoise de sciences et technologies aérospatiales (CASC), en Chinois 中国航天科技集团有限公司- principal maître d’œuvre public du programme spatial chinois.

Haute de 60 mètres, pour un diamètre de 3,5 m et une masse au décollage de 573 tonnes, sa mission principale est de lancer des satellites lourds de télécommunications, de surveillance ou de météorologie vers des orbites géostationnaires ou inclinées.

Elle est une variante à trois étages de la fusée Longue Marche 7, spécialement conçue pour atteindre des orbites à haute altitude.

Ses deux premiers étages son propulsés par des moteurs alimentés par un mélange classique kérosène/oxygène liquide, quand le 3e fonctionne avec un mélange (hydrogène/oxygène liquides) hautement performant, hérité de la famille Longue Marche 3 à l’étude depuis le début des années 60.

Sa première utilisation en vol date du 29 janvier 1984 avec la mise en orbite du premier satellite géostationnaire «  Dong Fang Hong 2 东方红 - l’Orient Rouge  » par la fusée Longue Marche 3.

Le défi technique du à la nécessité de conserver l’oxygène et l’hydrogène liquides à des températures très basses (moins 180º C et moins 253 º C) et de maitriser leur manipulation hautement sensible, avait été surmonté avec la mise au point des moteurs YF-73 (1983) puis YF-75 (1994) dont la poussée était bien supérieure à celle des moteurs à carburant classique, permettant d’augmenter la charge emportée par les lanceurs.

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Pour remettre le sujet dans la perspective de la compétition spatiale Chine États-Unis, rappelons que le premier lanceur américain ayant utilisé un carburant cryogénique, mélange de méthane liquide et d’oxygène liquide, fut le premier étage de la fusée Centaur, conçu à la fin des années 50. La technique avait été amplement utilisée lors du programme Apollo (1961-1972), notamment pour la fusée Saturne V des missions vers la lune.

Elle fut ensuite employée sur la navette spatiale (moteurs RS-25) et encore aujourd’hui pour les anceurs modernes comme le Space Launch System (SLS) des missions Artémis. (Lire : https://www.questionchine.net/la-nouvelle-course-a-la-lune-au-coeur-de-la-rivalite-sino-americaine

L’Europe qui, dans le domaine spatial coopère assidument avec la Chine (2), n’est pas en reste, mais sur un mode moins férocement concurrentiel que celui entre Washington et Pékin. La fusée Ariane utilise des ergols cryogéniques depuis son tout premier lancement en 1979. C’est le cas avec Ariane 4, 5 et la nouvelle fusée Ariane 6. Lancée en 2024 du centre spatial de Kourou en Guyanne, elle est haute de 62 m, avec un diamètre de 5,4 m et une masse au décollage de 860 tonnes.

Notes

1.- La Zhuque-3 “朱雀”- ZQ-3, en acier inoxydable est fortement inspirée du concept des fusées Falcon 9 de SpaceX pour réduire les coûts des lancements spatiaux.

Développée par l’entreprise privée LandSpace qui utilise une motorisation de pointe fonctionnant avec un mélange de méthane liquide et d’oxygène liquide (méthano-oxygène), elle constitue un des nombreux essais publics ou privés du pays de récupération d’un étage moteur.

Pour l’instant le seul succès d’une récupération à la fois acrobatique et ingénieuse fut celle du premier étage la fusée LM 10B, le 10 juillet dernier https://www.questionchine.net/progres-de-la-casc-dans-la-reutilisation-de-l-etage-moteur-d-une-longue-marche-10b -.

Un essai infructueux de récupération du premier étage d’une fusée Zhuque-3 avait eu lieu lors de son vol inaugural le 3 décembre 2025. Lors de l’allumage final du moteur le système de décélération n’avait pas fonctionné, entraînant le crash et la destruction du booster à proximité de la zone d’atterrissage.

Trois semaines plus tard, le 23 décembre 2025, un autre essai de récupération s’était soldé par l’incendie du 1er étage d’une Longue Marche 12 A qui lui aussi s’était écrasé près du site prévu pour sa récupération.

2.- La coopération spatiale entre la Chine et l’Europe (notamment via l’Agence spatiale européenne - ESA) dont les ambitions stratégiques sont moindres que celles de Pékin et Washington, repose principalement sur des partenariats scientifiques ciblés centrés sur la météorologie de l’espace, l’observation de la terre et l’entrainement des astronautes.

A cet effet, les deux agences spatiales ont échangé des données satellitaires ; des astronautes français, italiens et allemands ainsi que des instruments scientifiques européens ont été embarqués à bord de la station spatiale chinoise. Avec leurs collègues chinois, les Européens participent entre autres à l’étude du champ magnétique terrestre, à l’analyse des vents et des éruptions solaires, et à l’inventaire des risques posés par la densité des satellites et des débris spatiaux.

 

 

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