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›› Politique intérieure

Attentat terroriste au Xinjiang

Le 4 août à 8 heures du matin, Kachgar située au Xinjiang à la frontière du Kirghizstan, à 4000 km à l’ouest de Pékin a été le théâtre d’un très sévère attentat contre des policiers chinois. Le bilan est lourd puisque, selon les médias officiels, 16 policiers ont été tués et 12 autres blessés. Selon des témoins, deux terroristes qui circulaient en camion ont lancé deux grenades de fabrication artisanale contre des policiers qui effectuaient une séance de jogging. Après quoi ils auraient sauté à terre et poignardé plusieurs autres policiers.

La police chinoise dit avoir arrêté les assaillants - dont l’un avait le bras blessé par l’explosion d’une de ses grenades -, en précisant qu’ils appartenaient à l’ethnie ouighour. Dans le véhicule des terroristes la police a également découvert une dizaine d’autres engins explosifs de même facture artisanale. L’origine de l’attentat n’a pas été clairement établie et aucune organisation ne l’a revendiqué.

Selon certains analystes, le style « suicidaire » fait penser aux attaques radicales d’Al Qaïda, mais l’usage de grenades artisanales semble indiquer que le soutien extérieur dont bénéficient les groupes séparatistes du Xinjiang (dont le Mouvement Séparatiste du Turkestan Oriental que les Etats-Unis reconnaissent avec Pékin comme un mouvement terroriste), reste encore faible. Depuis le milieu des années 90, la répression policière avait fortement limité l’activité des séparatistes dans la région autonome, étroitement surveillée par des forces de sécurité et leurs supplétifs réservistes regroupés autour des unités paramilitaires des Bingtuan, qui formèrent le fer de lance de la colonisation Han dans la région.

Néanmoins, la réussite de l’attentat du 4 août, en dépit de cet important dispositif de quadrillage, indique à tout le moins une très forte détermination des rebelles, favorisée par la médiatisation des JO. La résolution exprimée par les terroristes, dont le mode d’action semble voir franchi un pas vers un type d’action qui se rapproche des attentats suicides difficiles à empêcher, fait aujourd’hui peser des risques réels sur les Jeux de Pékin. Elle justifie la raideur et l’ampleur des mesures de sécurité déployées par les pouvoirs publics au Xinjiang au Tibet et à Pékin.


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