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Chine - Japon : Une pente dangereuse

CHINE – MONDE. BREVES.

Senkaku. La page spéciale du Quotidien du Peuple.

Le Quotidien du Peuple tient à jour une page spéciale sur les Ilots Senkaku - Diaoyutai en Chinois - traduite en Anglais, Russe, Français, Espagnol, Coréen et Arabe, intitulée : « Aucune concession sur les Diaoyutai ».

Les titres de la page expliquent les positions chinoise et japonaise, évoquent les préparatifs militaires du Japon, doutent de l’utilité américaine – « Hillary Clinton vient-elle apporter des solutions ou créer des problèmes ? », et réaffirment avec force la position chinoise dans un article en tête de page, au titre éloquent : « la décision japonaise d’acheter 3 des îlots était la plus flagrante atteinte à la souveraineté chinoise depuis la 2e guerre mondiale ». Pour faire bonne mesure un article accuse Washington d’avoir illégalement transféré la souveraineté des îlots au Japon en 1972.

La conclusion qui révèle à quel point la mémoire des humiliations subies est encore vive, rappelle que la Chine du XXIe siècle n’est pas celle de la première guerre sino-japonaise (1895), ni celle qui s’était laissée envahir par le Japon en 1931 et 1937. Adressant une mise en garde solennelle au Japon, elle affirme que le peuple et le gouvernement chinois ne feront jamais la moindre concession sur la souveraineté dans des querelles territoriales.

La Chine condamne l’attaque contre des diplomates américains en Libye

Le 12 septembre, le porte-parole du Waijiaobu, Hong Lei, a déclaré que la Chine était choquée par l’attaque contre le consulat des Etats-Unis en Libye, ayant causé la mort de l’ambassadeur et de trois autres membres de la mission américaine.

Comme lors des attaques contre les tours du World Trade Center le régime chinois montre sa solidarité avec la Maison Blanche.

Pékin appelle à la reprise des pourparlers à Six.

La délégation chinoise auprès l’Agence internationale d’énergie atomique (AIEA) a déclaré le 12 septembre que la Chine était favorable à la reprise des pourparlers à six le plus tôt possible. Pékin estime que les tensions dans le nord-est de l’Asie sont à l’origine de l’arrêt des pourparlers en 2009.

Pyongyang avait claqué la porte du dialogue au printemps 2009 après avoir renvoyé les inspecteurs de l’AIEA. Par ce mouvement d’humeur, dont il est coutumier, le Régime réagissait au raidissement de Washington qui soupçonnait que le lancement raté d’un satellite Nord-coréen était en réalité un essai balistique.

L’arrivée au pouvoir de Kim Jong Un, suivie du limogeage du maréchal Ri Yong Ho, chef des armées en juillet 2012, a créé l’espoir que le régime pourrait s’ouvrir, au moins économiquement, et adopter une attitude plus conciliante sur la question de son arsenal nucléaire et balistique. En juillet Pyongyang s’est déclaré prêt à reprendre le dialogue, tandis que le dernier rapport de l’AIEA montrait des progrès significatifs dans la construction d’un réacteur à eau légère.

Chine - Iran.

Wu Bangguo, n°2 du régime chinois et président de l’ANP, en visite en Iran, a déclaré le 11 septembre que la Chine était hostile à la prolifération nucléaire dans tout le Moyen Orient, mais espérait que l’AIEA traitera le dossier du nucléaire iranien de manière objective. Wu Bangguo faisait allusion aux têtes nucléaires détenues par Israël et indiquait implicitement que l’agence de l’ONU n’était pas impartiale. Wu a également rappelé que Téhéran avait le droit d’utiliser pacifiquement l’énergie nucléaire.

La visite et la déclaration de Wu qui surviennent au moment de fortes tensions dans la région, marquées par les pression de Tel Aviv sur Washington, sur fond de possible intervention militaire contre l’Iran, rappellent les divergences sur le dossier du nucléaire iranien entre Pékin, opposé aux sanctions et les pays occidentaux, qui ne cessent de durcir leurs positions après qu’à plusieurs reprises l’AIEA ait signalé les progrès du nucléaire militaire iranien.

Pékin et Moscou dénoncent l’iniquité d’une situation où Téhéran est montré du doigt pour son programme nucléaire, alors qu’Israël s’est déjà doté de 200 têtes, sans la moindre réaction internationale. Enfin, ils estiment que les sanctions confortent l’Iran dans sa volonté de se doter de la bombe, au lieu de l’en dissuader.

L’écart entre les positions des uns et des autres paraît aujourd’hui impossible à combler. Par leur attitude Pékin et Moscou prennent le risque d’appuyer un pays dont les ambitions nucléaires avérées par l’AIEA, menacent, par contagion, de faire exploser le régime de non prolifération, déjà bien fragilisé par l’hypocrisie qu’il sous-tend.

Mais ils n’en ont cure, car ils craignent que les pressions occidentales provoquent un emballement dangereux, menaçant directement leurs positions et leurs intérêts. Dans l’actuelle, ambiance marquée par les spéculations sur une attaque militaire contre l’Iran, Pékin tente d’apparaître comme un élément modérateur, mais son impact réel sur la situation reste faible, en dépit de ses liens étroits avec Téhéran, dont il faut aussi préciser qu’ils n’ont pas toujours été au beau fixe.

Pékin, qui ménage aussi ses relations avec Washington, prend, à l’occasion, soin de rester à distance des provocations iraniennes.

Lire aussi : Pékin et l’imbroglio du Moyen Orient. Priorité aux intérêts chinois


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Par Kurinosuke Le 15/09/2012 à 00h09

Chine - Japon : Une pente dangereuse.

Connaissant les relations souvent houleuses mais toujours pragmatiques de la Chine et du Japon, une question me traverse l’esprit :
Et si Pékin et Tokyo, mais également Séoul..., avaient conclu un accord secret visant à décridibiliser le rôle des USA dans la zone Ouest et Sud Pacifique ?...

Je m’explique, les japonais en ont assez de la présence militaire sur leur territoire, même si cette présence est sensée « protéger » le Japon (ce que l’ONU peut néanmoins très bien faire à la place de l’armée U.S.). Le fait est que les Etats-Unis sont en fait basés au Japon (et notamment à Okinawa) pour mieux surveiller la Chine, Taiwan, la Corée du Nord et la Russie). La Corée du Sud commence aussi à se lasser de la présence yankee sur son sol, ne l’oublions pas.

Le prétexte de conflits territoriaux entre la Chine et le Japon pour une souveraineté sur des îlots plutôt poissonneux et riches (mais dans quelle exacte mesure ?...) en hydrocarbures ne doit pas faire oublier qu’un « désaccord officiel » de même nature oppose également la Corée du Sud et le Japon pour un simple caillou entre les deux pays.

Si la tension monte encore avec la Chine et la Corée du Sud, le Japon serait alors en droit de demander aux USA d’assumer son rôle de protecteur de l’archipel du soleil levant. Mais comme les américains n’ont pas les moyens politiques et économiques de respecter leur engagements passés, le Japon exigera donc que l’oncle Sam retire ses GI’s du sol nippon, et les coréens pourrons en faire de même... ce qui qui laissera l’ASEAN+3 libre pour devenir à terme une union économique autrement plus puissante que l’Union Européenne et les Etats-Unis réunis !

Echec et mat sur toute la ligne pour l’occident, qui ne comprends rien au jeu de go...

CQFD ?... ;-)

Site indiqué : Jeu de dupes ?

Par EnCoree Le 21/09/2012 à 06h23

Chine - Japon : Une pente dangereuse.

Kurinosuke : Question interessante, mais concernant la Coree, ils ont encore trop besoin des americains pour vouloir les virer. Leur presence permet quand meme de rappeler a la Coree du Nord que la Coree du Sud a des allies puissants.

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