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« Chine : la réforme autoritaire - Jiang Zemin et Zhu Rongji »

Par Henri Eyraud

Voilà le livre qu’il faut lire si l’on veut comprendre les luttes de pouvoir qui se déroulent à Pékin en cette fin d’année 2002. Le chapitre 17 en particulier, intitulé « La succession en perspective », a décrit à l’avance les tensions et difficultés précédant le XVIè Congrès du parti communiste chinois qui doit élire formellement la nouvelle direction en novembre.

Au sommet du parti, un consensus s’était lentement formé au cours des ans pour une relève de génération laissant tout de même une forte influence à Jiang Zemin. Il semblait entendu que le N°1 chinois laisserait les postes de Secrétaire général du parti et de président de la République à Hu Jintao, désigné dès 1992 comme « noyau de la quatrième génération » par le vieux patriarche Deng Xiaoping. Il resterait, curieusement, président de la Commission militaire, c’est-à-dire chef des armées. La durée des mandats dans le parti n’est cependant pas précisée dans les Statuts du PCC, alors que la Constitution oblige à un remplacement du chef de l’Etat en mars 2003.

Jiang Zemin lui-même a plusieurs fois fait allusion publiquement à ce consensus, notamment lors d’une réception de la communauté chinoise de New York il y a quelques années. Suivant une progression classique, Hu Jintao - déjà membre du Comité permanent du Bureau politique depuis 1992 - a été nommé vice-président de la République en 1998 et vice-président de la Commission militaire centrale en 1999. Il a fait plus récemment une visite de présentation en Europe et aux Etats-Unis.

Le livre montre bien toutefois que de telles perspectives étaient mal acceptées par Jiang et sans doute plus encore par le « groupe de Shanghai » qu’il avait amené au pouvoir autour de lui à partir de 1989. Hu n’appartient pas à ce groupe, pas plus que Wen Jiabao, que tout désigne comme le futur premier ministre depuis 2000-2001. Un partage de pouvoir se dessinait alors avec des hommes liges de Jiang Zemin, tels que Zeng Qinghong, son directeur de cabinet ou Wu Bangguo, un vice-premier ministre, et d’autres.

Ce compromis malaisé laissait encore place à de nouvelles pressions et manœuvres : celles-ci semblent bien s’être développées au printemps de 2002, à la veille des traditionnels rencontres de la direction du parti à Beidahe en juillet-août. Un discours de Jiang Zemin à l’Ecole centrale du parti en mai avait ouvert une porte dans cette direction. Les dirigeants opposés à une vraie relève de génération ont joué leur dernière chance…

« Chine, la réforme autoritaire » rassemble tous les éléments indispensables à la compréhension de ces évènements par des étrangers. Ce livre a apporté au lecteur français les premiers portraits des deux principaux dirigeants chinois des années 1990 à 2003, ainsi qu’une description de la Chine de ces années là, avec ses ambitions, ses succès et ses difficultés. Cette phase de réforme (socio-économique) autoritaire se termine-t-elle sous nos yeux, ou pourra-t-elle être simplement prolongée de quelques années, sans innovation et sans crise ?


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